Scream Saison 1 Episode 1 : Ghostface toujours aussi mortel en série télé ?

Christophe Foltzer | 3 juillet 2015
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On a pu s'étonner que la franchise Scream revienne sous forme de série télé après 4 films au succès variable. Pourtant, cette volonté de reboot cache un challenge assez difficile : le concept de slasher peut-il exister en format épisodique ? On a un début de réponse. Et attention, il peut y avoir des SPOILERS.

 

Disons-le d'emblée, la série Scream n'entretient que peu de rapport avec les films. Aucune mention n'est pour l'instant faite de Woodsboro, de Sydney ou même du Ghostface original, il s'agit ici de partir sur de nouvelles bases. Lakewood en l'occurence, petite ville tranquille où le pire se produit lorsque deux adolescents sont sauvagement assassinés après avoir diffusé sur Youtube la vidéo d'une jeune fille de leur lycée galochant copieusement une de ses camarades.

La psychose s'empare rapidement de la ville, d'autant qu'elle a un lourd passé. En effet, 20 ans plus tôt, Brandon James, adolescent défiguré par la maladie, était entré dans une rage meurtrière en assassinant plusieurs étudiants par amour pour une fille avant de se faire abattre par la police et de sombrer dans les profondeurs du lac. Mais le nouveau tueur semble lié à Brandon James et ce sont tous les petits secrets de chacun qui vont éclater au grand jour à mesure que les cadavres vont s'enchainer.

 

LE MASQUE DU TUEUR

Nous découvrons ainsi tous les nouveaux personnages, tous plus archétypaux les uns que les autres (le geek, le quarterback, la bonnasse un peu salope sur les bords, la nana timide et dépressive, la lesbienne) et c'est là le premier problème de l'épisode. Ils rappellent tellement les héros du film original pour la plupart qu'ils nous empêchent de vraiment nous connecter à eux. Il ne se passe pas ainsi une scène sans que l'on voit le personnage du geek (par exemple) et que dans notre tête on repense à Randy, d'autant qu'il remplit la même fonction.

A l'image de la saga ciné, Scream affiche clairement un recul par rapport à sa nature même et brise presque le quatrième mur dès son premier épisode en parlant des grandes séries actuelles et en avançant l'hypothèse que seul le slasher ne peut se soumettre à ce format car le rythme propre à une série en évacuerait tout le suspense. Et c'est malheureusement ce qui se passe puisque cet épisode se révèle assez mou tout en étant extrêmement laborieux dans son exposition.

Il dévoile ainsi une foule de cartes qui auraient mérité plus de subtilité et une approche moins opératique pour installer son climat. Perdu entre clins d'oeil aux films et révélations à la chaine, l'épisode impose un défilé d'indices que la série risque de ne pas pouvoir assumer tout au long de sa saison. Nous sommes clairement dans une montagne russe et les scénaristes auront fort à faire pour relancer l'intérêt de cette intrigue qui, malgré tout, s'annonce intéressante. A condition qu'ils ne fassent pas n'importe quoi avec.

 

TOUT EST UNE HISTOIRE DE REGLES

Et c'est bien là le plus grand défi de la série qui affiche clairement son intention en fin d'épisode : le Randy de service explique à une de ses camarades que pour fonctionner en série télé, le slasher doit suivre une règle fondamentale : l'important n'est pas de trouver qui est le tueur, ni même pourquoi il agit ainsi. Non, le noeud de l'affaire est de présenter des personnages profonds et humains auxquels le spectateur va s'attacher et qui risquent d'y passer à tout moment pour le choquer, à la Games of Thrones quoi. 

Une promesse des plus excitantes que ce seul épisode ne nous permet pas d'obtenir mais qui pose les bases d'une série méta qui pourrait devenir passionnante si elle est maîtrisée sur la longueur.

Que penser alors de Scream ? Un épisode d'exposition un peu mou, gavé d'informations qui demanderont du temps pour être digérées, un principe à la Twin Peaks qui peut fonctionner (une ville tranquille où chacun a un secret qui va être révélé au grand jour suite à la mort d'une figure emblématique locale) intéressant mais très périlleux. En l'état, ce pilote est sympathique quoi que très classique et trop rattaché aux films dont il s'inspire (et nous ne parlons pas que de Scream là). Nous espérons donc que la suite parviendra à détourner tous les clichés que la série vient d'installer et aura l'intelligence de sortir de sa zone de confort pour vraiment nous passionner et nous surprendre.

 

 

 

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