Scream Queens Saison 1 Episode 2 : Tous tarés !

Christophe Foltzer | 25 septembre 2015
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A l'issue du premier épisode, nous avions compris que Scream Queens ne serait pas une série comme les autres. Sous ses atours de slashers, elle entendait bien dynamiter tout ce qui se présenterait à sa portée. Attention, SPOILERS.

Cela risque, avec le temps, de devenir bien difficile de résumer un épisode Scream Queens tant il s'y passe des choses et tant l'intrigue part dans tous les sens. DIsons simplement qu'après la mort de la Taylort Swift sourde, le campus est en émoi, une enquête est ouverte et la doyenne compte bien fermer la sororité Kappa Kappa Tau à tout jamais. Mais les Soeurs ne s'en font pas outre mesure puisqu'il y a plus important : la semaine de l'enfer où les postulantes seront mises à l'épreuve. Si un service de sécurité a été engagé pour protéger les filles, il ne semble pas efficace, d'autant que Grace est bien décidée à percer le mystère entourant KKT, en compagnie de Pete Martinez, rédacteur de la gazette du campus obsédé par la sororité. Ils découvrent une pièce cachée dans les bas-fonds de la bâtisse, renfermant quelques secrets de KKT, dont la fameuse baignoire dans laquelle est morte une soeur après avoir accouché 20 ans plus tôt. Un drame, qui on l'apprend, a été couvert par la doyenne et Miss Bean, la bonne passée à la friteuse dans le premier épisode.

Mais un tueur rôde effectivement, puisqu'il égorge une agent de sécurité avant de s'en prendre à Boone, le meilleur ami de Chad Radwell, qui veut faire son coming-out. Stupeur et tremblements à la fin de l'épisode, Boone, allongé sur la table d'autopsie n'est pas mort et semble complice avec le diable rouge dont un costume a été trouvé dans le placard de Pete.

PAS UN POUR SAUVER L'AUTRE !

On le voit, du point de vue de l'intrigue, Scream Queens c'est un peu n'importe quoi. Si dans d'autres séries on aurait déjà protesté, dans le cas présent, c'est tout ce qui en fait le sel. En effet, on comprend très vite que l'histoire, on s'en fiche, les clichés, on les connait, on ne va pas s'en embarrasser. Cela confirme une fois de plus que Scream Queens n'est pas un slasher. Si les tentatives de coups de théâtre et de fausses pistes tombent à plat, il est évident que c'est volontaire (par exemple, la playlist trouvée dans la pièce secrète qui fait écho à l'obsession des playlists du père de Grace) et que l'intérêt de la série est ailleurs. 

Dans ses personnages peut-être, comme celui, incroyable, de Lea Michele, engoncée dans son impressionnante minerve qui nourrit une passion inquiétante pour les cadavres et veut appeler ses soeurs "maman". Comme Chad Radwell, imbu de lui-même et pourtant tellement attachant dans sa stupidité. Si après le massacre du pilote, le fan de gore sera forcément déçu (encore qu'il puisse vérifier qu'une gorge et un couteau ne sont pas faits pour se rencontrer), l'amateur avisé saura reconnaitre les énormes qualités du show : A travers Scream Queens, l'objectif de Ryan Murphy n'est pas tant de nous offrir un vrai slasher que de nous proposer une vision acide et très politiquement incorrecte de l'Amérique d'aujourd'hui. Tous les personnages ont un grain, pensent avant tout à leur nombril et ont à tel point intégré la dédadence et le narcissisme qu'ils ne sont même plus émus ou touchés par les pires horreurs qui leur arrivent, trop occupés à penser à leur carrière ou à leur braguette.

La série est toujours d'une excellente facture visuelle, avançant à un rythme effréné qui suggère que les surprises et les ruptures de ton vont se succéder à vitesse grand V. Alors oui, ce n'est pas ce qu'on pensait, mais c'est encore mieux.

En cela, Scream Queens est une éclatante réussite mais nécessite un effort considérable du spectateur fan d'horreur : accepter que l'on se serve de son genre favori pour lui renvoyer à la figure ses travers avec violence, cynisme et un humour sacrément corsé. Bref, vivement l'épisode 3.

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