The Walking Dead S8E10 : fête du pâté, deuil en carton et ferrailleurs

Simon Riaux | 5 mars 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Depuis des années, la série Walking Dead nous épate par sa nullité stellaire. Mais comme beaucoup, nous sommes arrivés à un stade de fascination étrange où nous ne ressentons plus ni colère, ni déception, plutôt une fascination amusée pour un show qui semble décidé à faire de chaque nouvel épisode un jalon inédit du néant.

Par conséquent, nous vous proposons ici, pour peu que comme nous, la série vous ait déçu, de rire un peu du malheur de Simon Riaux, qui paie tous les lundi matin les horreurs qu’il fait subir à l’écrit toute la semaine à ses semblables, à coups de chroniques à deux balles, de jeux de mots vaseux, et d’énervements hasardeux.

Walking Dead est sa croix, mais c’est notre grosse marrade.

ATTENTION SPOILERS.

 

PhotoUn nouvel épisode en travers de la gorge

 

RICK EN PLEURS

Walking Dead a entamé la deuxième moitié de sa huitième saison par un épisode de 56 minutes (pour une durée ressentie de 7 ans et 8 mois) au cours duquel Carl (Chandler Riggs), le fils de Rick dont la production aura longtemps tenté de dissimuler qu’il n’avait plus grand-chose d’un enfant, a mis environ des plombes à mourir, parce que tout le monde voulait être bien sûr que les morsures de zombies s’accompagnent d’atroces souffrances, plutôt que d’épargner au môme une douleur atroce ponctuée par un suicide bien glauque.

Nous attaquons ici par Michonne (Danai Gurira), dont les scénaristes craignent manifestement que nous ayons oublié le nom, puisqu’un carton nous le rappelant ouvre ce nouveau chapitre. Pendant que son compagnon pleure son rejeton, elle s’occupe de charcler quelques marcheurs, dans le soleil levant. C’est triste, Alexandria brûle, mais c’est l’occasion d’assister à une brève séance de pointage de cerveaux au sabre.

Cela n’a l’air de rien, mais en 50 secondes, Walking Dead propose plus de travail de photographie, d’atmosphère, et de démastiquage de morts-vivants, qu’elle n’aura su le faire en 2 saisons. L’espoir serait-il à nouveau permis ?

 

PhotoUne ouverture qui arrache la gueule

 

On en jugera après la pause larmiche qui voit nos deux héros éteindre à l’extincteur un truc en bois sur lequel Carl s’asseyait de son vivant. C’est de la poésie de désespoir tristouille. Bon, étant donné qu’ils sont environnés de zombies, que Negan (Jeffrey Dean Morgan) se promène dans le coin pour les transformer merguez et que le duo joue la comédie comme ma grand-mère (décédée), le segment devient rapidement rigide mollasson. C’est alors qu’ils réalisent que Carl a écrit une lettre pour Negan. Dans un sursaut d’intelligence parfaitement bouleversant, ils décident de ne pas la lire, des fois que son contenu provoque une accélération du scénario.

 

POCHETTE SURPRISE

Convaincu qu’il leur faut des guns, ils se rendent chez les Ferrailleurs (les fans de Mad Max à la syntaxe heurtée) qui les ont trahis après leur avoir fait affronter lors de la saison précédente le champion régional de cosplay du film Légende.

Pendant ce temps, Negan est assis, donne des ordres, et fidèle à son habitude, sourit comme un ragondin en pleine montée de Viagra. Negan exige de Simon qu’il retrouve les Ferrailleurs et obtienne qu’ils (re)trahissent Rick (Andrew Lincoln) pour rejoindre à nouveau les rangs des Sauveurs. Mais Simon préférerait tuer tout le monde. Une opposition se dessine entre les deux hommes, quand des complices les rejoignent avec une caisse dont s’échappe des grognements louches.

 

Photo"Sprotchhhh"

 

Si la série se déroulait dans un monde post-apocalyptique plein de zombies, ils auraient beau jeu de remarquer que les sons rappellent singulièrement ceux d’un cadavre ambulant, et que les trous qui émaillent ce contenant sont peut-être destinés à laisser survivre un cadavre réanimé. Vous l’aurez compris, Negagan et Sicon ouvrent la boîte. Y trouvent un poteau zombifié. Et s’engueulent à nouveau sur la pertinence de massacrer ou non l’ennemi.

Chez les walkyries hippies, Enid et Aaron se font congédier et menacer de mort, s’ils daignent ramener à nouveau leur fraise. Mais le camp semble divisé sur l’attitude à tenir envers ces hôtes encombrants et certains hésitent à tâter du Negan. Finalement, Enid fuit, tandis que Aaron veut croire qu’il pourra convaincre ses geôlières de rejoindre la lutte avec les Sauveurs.

 

SIMON SLAYS

Grâce à ses pouvoirs de téléportation, Simon se retrouve chez les Ferrailleurs. Au passage, on notera combien leur meneuse est un personnage creux et écrit sans aucun souci de cohérence ou de logique interne. Un comble quand on sait qu’il est interprété par l’excellente Pollyanna McIntosh (The Woman), comédienne atypique et brillante. Cette dernière refuse préalablement de remettre ses armes et munitions à Simon. Alors qu’il a obtenu tout ce qu’il voulait, Simon se dit qu’il n’a pas trop envie de suivre les directives de Negan, et commence à dégommer les figurants qui jouent le moins bien. S’en suit quelques chutes toutes rigides de gens désolés de ne plus interpréter des silhouettes malodorantes.

 

PhotoSimon, un méchant très méchant

 

De retour au QG des Sauveurs, Simon fait croire qu’il a fait passer le message de son patron, pépouze, sans déclencher un massacre. C’est alors que nous retrouvons Rick et Michonne chez les Ferrailleurs, où la pauvre Pollyanna McIntosh, traumatisée par la mort de ses copains est donc logiquement vêtue d’une nuisette.

À peu près aussi intéressé par ses remords que par son premier bain moussant, Rick se fabrique un bouclier avec une porte de Twingo. Pollyanna se propose de l’aider, mais il ne voit pas bien l’intérêt de recevoir un coup de main quand il est question de traverser une décharge labyrinthique saturée de morts-vivants.

Pollyanna de son côté, met sur pied un plan diabolique pour transformer les zombies en purée, qu’elle aurait pu déclencher depuis des mois, sinon des années, mais hein ? Pourquoi vivre dans un espace sécurisé quand on peut se promener les fesses à l’air dans un dépotoir plein de morts-vivants ?

 

Photo"Splurrrtch"

 

Elle passe donc interminablement son utopie aux cheveux sales dans un énorme broyeur à métaux, au gré d’une musique au piano parfaitement insupportable, mais au moins, c’est très gore et il y a des bruitages dégueus. À ce stade, on n’est pas loin de se dire qu’un si modeste soubresaut était presque inespéré.

 

ARRETEZ DE VOUS BATTEZ !

Revenons à Rick, qui se convainc sur le chemin du retour que Pollyanna n’est pas morte. Le pauvre ayant été amputé du cerveau, il a besoin que Michonne lui rappelle la promesse de pitié faite à Carl. Conscient que les scénaristes lui ont donné un totem d’immunité, il décide d’arrêter sa camionnette à découvert pour lire la missive de Carl, dans le gazon, et donc pas du tout à un endroit où les Sauveurs, les zombies ou la petite vérole pourraient lui tomber dessus soudainement.

Quand il découvre la lettre de Carl, Rick nous fait un gros « Oh, bah dis-donc », un tantinet mystérieux (pour qui n’a jamais résolu une énigme du Père Fourras). Rick décide alors d’appeler Negan pour lui dire que quand même, la mort de Carl, c’est pas tip top. Negan, comme on le sait très porté sur la compassion, pleurouille un peu, et demande à Rick de faire la paix, parce que franchement, ces gens qui meurent, c’pas tip top.

 

PhotoNegan a l'oeil tout mouillé

 

À ce niveau de désagrégation narrative, plusieurs solutions s’offrent à nous. Peut-être que les auteurs veulent nous faire croire que Rick va être convaincu par les propos de son pire ennemi, pour qu’il se retourne au dernier moment et lui fasse la tête au carré, ce qui reviendrait à admettre que les employés d’AMC ignorent que leurs spectateurs ont plus de huit ans.

Ou alors les scénaristes vont vraiment essayer de nous faire croire que, écrasé par le deuil et incapable de soutenir l’effort, Rick s’écroule et se soumet de bon cœur à Negan. Choix audacieux qui trancherait fortement avec les comics, mais qui paraît difficilement envisageable, tant le risque est grand de provoquer une vague de suicide chez les spectateurs que le « Martha » de Batman v Superman a mis hors d’eux.

 

PhotoRick reste terre-à-terre

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Winnipeg
06/03/2018 à 16:33

@ pseudo:

C'est pas faux: c'est plus de la critique, c'est du troll caractérisé... Je ne conais pas bien WD, mais c'est vrai que cette redaction en parle tres tres tres souvent pour des gens qui n'aiment pas...

Pascal
06/03/2018 à 13:44

Cette série vous fascine selon vos dire par sa nullité? Je vous comprends je ressens la même chose quand je viens sur ce site et que je lis vos articles, je ne sais pas pourquoi je continue à venir. On doit être maso vous et moi

Pseudo
06/03/2018 à 13:40

Tiens ce film ou cette série c'est de la merde?
Bah faisons 50 articles pour dire la même chose.

On appelle ça des trolls, mais cette définition ne s'applique que pour l'espace commentaire apparemment..LOL.

Réveillez moi au 500eme article qui racontera encore la même chose...

Scream King
06/03/2018 à 13:09

AH LA VACHE ! Je ne sais pas ce que je préfère :
1/ les articles incendiaires sur cette série que je n'aime plus

ou

2/ les réactions outrées de ceux qui visiblement aiment la série et qui lisent (je ne comprends toujours pas pourquoi) ces mêmes articles !

En tout cas merci à tous pour ces moments de détente !

Roukesh
06/03/2018 à 09:05

Ceux qui ne tolèrent pas se "passage à tabac", passez votre chemin, vous connaissez la position d'EL là dessus, et les titres d'articles parlent d'eux-même. Vous pouvez aussi continuer à cliquer, et leur donner des raisons de plus de le faire.
C'est pas la première fois que vous lisez un article ici, alors vous connaissez la ligne éditoriale... Ils ont le mérite de ne pas se plier à leur lectorat, et de ne pas essayer de contenter tout le monde. C'est la principale critique qui est faite à la presse, mais avec des comportements comme ceux-là, tout le monde aura le même avis.
Vive le second degré, et merci EL.

Bubu
05/03/2018 à 21:28

J ai adoré cette épisode l un des meilleurs

Jojo
05/03/2018 à 20:33

Épisode intéressant sauf la partie avec Enid, vivement la suite !

Newt
05/03/2018 à 20:07

N'est-ce pas hein, l'absurdité de la situation... sauf que je viens pas me plaindre qu'on se plaigne. Je viens justement pointer du doigt le côté bien creux de l'argument cité plus bas.

Quant à "un article sur 4"... Oui, chaque semaine y'aura une critique, pour chaque épisode. De la même manière qu'on a Evil Dead. Ou qu'on a eu Dragon Ball à une époque. Ou Legion aussi.
Et quand Avengers approchera, y'aura des articles en pagaille sur ça aussi. C'est un site d'actu.

Ah et sinon je ressors cet article qui date d'il y a moins d'un an, où ils expliquaient pourquoi ils regardent encore (mais qui sait, vu la qualité en chute libre selon eux, ça durera peut-être pas ma foi)
https://www.ecranlarge.com/series/dossier/980007-the-walking-dead-5-raisons-de-continuer-a-y-croire-et-5-autres-de-perdre-espoir

colloc 1
05/03/2018 à 19:54

Y a longtemps qu'on sait qu'E.L n'aime pas Walking Dead , et c'est vrai que "des fois" c'est un peu lourd , mais bon , moi je viens ici pour les news , leurs avis (sans aucun manque de respect envers eux ) je m'en contrefous !

TG
05/03/2018 à 19:37

Ben oui, mais à un moment donné, quand tous les 4 articles, on en a un sur WD qui s'offusque véhémentement que "WD cé trop d'la dreum maintenant", on a envie de faire comme avec un ami et leur dire: "t'es pas raisonnable, non plus..."

Apres, avec un contre argument comme le tiens, on peut jouer à "toi même" toute la soirée... mais j'ai pas que ça à faire, je vais lire Ecran large pour me détendre.

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