The Knick Saison 2 Episode 2 : fin d'incubation pour Clive Owen et ses bouchers

Simon Riaux | 26 octobre 2015
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The Knick nous était revenu avec un season premiere réussi et dépressif. On espérait voir le show retrouver un peu de sa fièvre caractéristique. Mission accomplie avec un 2ème épisode en forme d’hémorragie bouillonnante.

 

RECHUTE

Il n’aura pas fallu longtemps au patient pour replonger. On se doutait bien que derrière son entame en sourdine, le show de Steven Soderbergh nous réservait un retour aux affaires des plus rudes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur réalisateur nous gratifie d’une entrée en matière aussi riche, qu’efficace et fracassante.

Revenu aux affaires et au centre de la narration Thackery pulvérise le semblant de stabilité retrouvé par le Knickerbocker. Il accepte de revenir au cœur de l’hôpital, mais déjà, veut se débarrasser de son remplaçant, manifestement plus enclin à palper les prostituées qu’opérer les patients. Tentant de remettre de l’ordre dans sa vie, il en éjecte Lucy, qui découvre, encore sous le choc de la rupture, qu’elle est en charge du suivi du docteur, dont l’hôpital veut s’assurer qu’il a renoncé à ses addictions.

Bertie, dégoûté, veut quitter le Knick. Algernon se résoud à demander à Thack de l’opérer selon un procédé expérimental, afin de sauver sa cornée. Mais en proie aux manques et à des hallucinations, son supérieur manque de l’éborgner. Il ne semble trouver un peu de réconfort que dans l’alcool et ses rapports avec une prostituée sous l’influence conjointe de la cocaïne et de l’héroïne. S’il ne flanche pas encore, tout indique qu’il se rapproche d’un terrain extrêmement glissant. A moins qu’il ne fasse de Cate son nouveau cobaye, puisque soigner la dépendance est devenu la nouvelle marotte du médecin.

Lucy doit désormais composer avec un père pasteur que l’on sent passablement illuminé, tandis que Cornelia ouvre une intrigue qui pourrait compter parmi les plus passionnantes de la série. Intriguée par la mort fort louche d’un inspecteur de l’hygiène de la ville de New York, elle demande à Cleary d’exhumer son corps.

Mais ce dernier a disparu. L’occasion pour Cornelia de découvrir que ce qui est probablement un meurtre a été couvert par le clan Tammany (dynastie Démocrate qui demeura longtemps à la tête de New York, largement corrompue, également visible dans Gangs of New York de Martin Scorsese). Voilà qui pourrait bien compliquer à l’extrême la situation déjà fragile de la jeune mariée, qui doit composer avec un beau-père qui fera tout pour la garder sous sa coupe.

 

DIAGNOSTIC

Après une semaine d’incubation, c’est à un véritable déferlement que nous expose The Knick. Il s’agit tout simplement d’un des meilleurs épisodes de la série, qui enchaîne avec une fluidité invraisemblable les morceaux de bravoure.

L’écriture bouleverse lors des séquences, aussi sobres qu’implacables, entre Clive Owen et Eve Hewson, tous deux sur le fil du rasoir. Ces mêmes dialogues nous amènent entre hilarité et dégoût lors d’une visite médicale accordée aux prostituées, qui révèlera toute la veulerie d’un certain personnel médical.

Quant à la réalisation elle est une fois de plus ce qu’il est permis de voir de plus abouti sur le petit écran à l’heure actuelle. Qu’il s’agisse d’un simple traveling en pleine rue, révèlant la précision de la reconstitution et la magnificence de la photographie, d’une séquence de pur suspense médical alors qu’Algernon guide Thack le temps d’une opération risquée, ou de l’impeccable plan séquence qui nous dévoile la tristesse de Lucy alors qu’elle assiste à l’office paternel, cet épisode 2 est un véritable festin.

 

CURE INTENSIVE

Le médical pur semble désormais relégué au second plan, signe que The Knick entend, comme l’indiquait la première saison, être bien plus qu’une brillante reconstitution. Intrigues politiques, proéminence du social, finesse des dialogue, pureté de la mise en scène, cette nouvelle fournée d’épisodes démarre sur les chapeaux de roue.

Plus que jamais, The Knick semble une transposition fulgurante des problématiques qui agitent aujourd’hui encore les sociétés occidentales. Portée par une atmosphère presque névrotique et illuminée par une bande-son électro qui paraît toujours sur le point d’exploser, le show nous a tout simplement offert un superbe moment de télévision et on le croit capable de maintenir la barre aussi haute dans les semaines à venir.

commentaires lecteurs votre commentaire !

ménandre
26/10/2015 à 21:03

excellente série et excellents acturs

Louig
26/10/2015 à 17:01

Il ne faudra quand même pas trop se perde en histoires de second plan comme le meurtre, la lutte ou la nonne.
Reste que pour l'instant la série est toujours aussi excellente ;o)

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