Fear the Walking Dead Saison 1 épisode 5 : tiens voilà du Cobalt !

Jacques-Henry Poucave | 28 septembre 2015
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Jusqu’à présent, Fear the Walking Dead a bien du mal à convaincre sur la durée. Alors que s’amorcent ses deux derniers épisodes et son bouquet final, la série va-t-elle terminer sa première saison en beauté ?

 

SUPPLEMENT D’AME

S’il y a bien un domaine dans lequel le show était déficient jusqu’à présent, c’est bien la gestion de ses personnages, terriblement stéréotypés, incohérents et stupides. Du coup, on est ravis de voir enfin le scénario donner un peu d’épaisseur aux protagonistes, voire emballer quelques très jolis dialogues.

Ainsi, le fils de Travis est enfin doué d’un semblant de personnalité, tandis que la mélancolie de sa demi-sœur est véritablement incarnée, le temps d’une séquence où le duo explore une riche maison inhabitée. Entre les deux acteurs le courant passe et le temps d’une poignée de plans, on ressent même le trouble délétère qui les anime. Ecartelés entre leur soif d’innocence, et la fatalité d’un monde au bord du gouffre.

L’ambiguité entre les deux jeunes gens est en soi un cliché, mais il est amené, mis en scène et géré avec élégance.

Daniel Salazar a droit au développement le plus intéressant. Sorti de son simple rôle de vieil hispano plein de sagesse populaire, il devient un ex-tortionnaire dépressif, ce qui achève d’en faire le véritable joker des survivants, peut-être celui qui a le plus de ressources à offrir dans cet univers apocalyptique.

Enfin, le nouveau venu Colman Domingo donne dès l’ouverture de l’épisode une petite leçon de charisme à tous les comédiens du show, et nous dévoile un personnage prénommé Strand. Opportuniste, malin et éloquent, il pourrait nous valoir quelques twists et retournements bienvenus, surtout s’il s’allie avec Nick Clark, l’autre matière fissible de l’épisode.

 

LOW COST

C’est désormais clair, Fear the Walking Dead a été conçu à l’économie, histoire de rapporter le plus possible avec une mise minimale. Une logique industrielle parfaitement rationnelle dans le fond, sauf qu’elle est ici poussée trop loin pour le bien du show. D'intrigant, l'ensemble est devenu cheap, et désormais presque absurde.

Impossible de croire par exemple, à la folie des militaires, quand on ne les a vus tuer qu’un seul misérable zombie (au cours d’une excellente séquence). Impossible de croire à cette escouade surarmée, mise en déroute par une poignée de zombies, prise de panique et affolée, alors qu’elle les affronte (et manifestement comprend leur fonctionnement) depuis plus de dix jours.

Enfin, le décor ultra minimaliste de cette banlieue pavillonnaire se retourne également contre la série. Trop étriqué, trop propre, il ne rend en rien compte de l’apocalypse qui se déroule. Après tout, si Los Angeles n’est plus réduite qu’à quelques foyers de survivants, cela signifie que des millions de morts-vivants et des centaines de milliers de cadavres jonchent les rues. Au bas mot. Sauf que nous n’avons droit à aucune image, rien de tel, pas la moindre perspective convaincante dans ce sens.

Si ce développement « à l’aveugle » permettait de faire naître une belle angoisse lors des premiers épisodes, elle n’a désormais plus aucun sens, alors que les survivants sortent de la zone de quarantaine comme si de rien n’était.

 

COBALT

Les militaires nous étant présentés comme des monstres de bêtise et de cruauté dès leur entrée en jeu (merci la subtilité), on n’est absolument pas surpris d’apprendre qu’ils projettent d’exécuter tous les survivants. Problème, cette décision n’a absolument aucun sens.

Premièrement, s’ils ne parviennent pas à triompher de petits groupes de zombies, on ne comprend pas comment ils espèrent éliminer facilement des centaines d’humains prêts à défendre leur vie. Ensuite, pourquoi gérer et entretenir un vaste hôpital de campagne pour les civils – et de nombreux autres, évoqués dans les dialogues – alors que l’armée planifie depuis visiblement un bon bout de temps de tuer tout le monde ?

Ainsi le grand retournement de cet épisode, l’annonce fracassante d’un affrontement à venir entre nos héros et les soldats, tombe bien à plat. Encore une fois, la cohérence du scénario est en cause, ainsi que le mépris absolu du récit pour sa propre cohérence interne.

 

HEMORRAGIE FINALE ?

Reste un mince espoir. Si de leur côté, Strand et Nick mettent le boxon à l’hôpital, que Travis comprend enfin qu’il faut cesser de collaborer avec l’armée et que la masse phénoménale de zombies découverte par Daniel enfin d’épisode se rencontrent, l’épisode final sera mouvementé.

C’est un peu notre dernier espoir concernant Fear the Walking Dead. En effet, s’il y a bien un domaine dans lequel la série n’a jamais faibli, c’est bien dans sa gestion du suspense et ses séquences mettant en scène les morts-vivants.

On se dit donc que le season finale pourrait nous faire un peu oublier les énormes carences du show et le je-m’en-foutisme avec lequel il agence ses propres éléments. Voilà qui confirmerait le peu d’ambition de l’ensemble, mais lui permettrait au moins de s’imposer comme un divertissement horrifique valable.

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commentaires lecteurs votre commentaire !

Harf
29/09/2015 à 00:15

Cette série est un énorme crachat à la face du spectateur. .

REA
28/09/2015 à 18:03

FTWD était bien jusqu'au 3ème épisode. Les 4 et 5 sont nazes. Du Kirkman tout craché qui retombe dans ses travers, ou c'est volontaire. Intrigue au point mort. Des épisodes parenthèses qui sont la pour faire monter la pression.

Si c'était pas le cas ici, je vais le (re)dire. Quand une série fait 6, 8, 13 ou 16 épisodes, il n'y a pas le temps pour des épisodes parenthèses. Chacun se doit de faire avancer l'intrigue. Après on a une fin bâclée ou un vrai fourre-tout

Ce n'est pas impossible, c'est juste que les auteurs de FWD en son incapables.

west666
28/09/2015 à 15:06

Effectivement autant j'adore twd je suis loin d'etre convaincu de cette HS de fear qui prend trop de temps a se débloquer heureusement la saison est très courte mais cela ne reste pas nul cela a sont petit coté intéressant si on aime la série d'origine .

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