The Mandalorian saison 1 épisode 2 : on cartonne un baby

Simon Riaux | 19 novembre 2019 - MAJ : 19/11/2019 11:02
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Après un premier épisode visuellement somptueux et thématiquement prometteur, The Mandalorian continue son bonhomme de chemin.

ATTENTION, petits SPOILERS

 

photo"Spoilers, on a dit"

 

GALAXY EXPRESS 9999

Disney aura savamment entretenu le mystère autour de la première série live consacrée à l’univers Star Wars, laissant les fans baigner entre rêves humides issus de l’univers étendu, ambitions dévorantes logiquement prêtées à la plateforme Disney+ et potentialités de l’univers initié par George Lucas. Après ce 2e épisode, la série affirme un peu plus sa patte, mais se garde encore bien de trop se dévoiler.

Nous voici donc collés aux basques d’un chasseur de primes à la fabuleuse réputation mais à la poisse envahissante, désormais flanqué d’un encombrant berceau, sur le point de connaître bien des troubles pour ramener son chargement à bon port. Le serial de western se teinte ici d’accents japonisants (une influence déjà bien présente dans la trilogie originale), et notre héros fait forcément penser à celui de Baby cart, alors qu’il traverse un désert hostile aux côtés d’un nourrisson verdâtre.

 

photo, The Mandalorian Saison 1Le loup solitaire et l'enfant

 

Pour le moment, The Mandalorian turbine au charme, et tire justement de sa simplicité ses meilleurs aspects. Tout y est limpide, la dramatisation comme la logique mouvant l’ensemble, chaque rebondissement prolongeant logiquement celui qui l’a précédé. Le format de trente minutes s’avère toujours bénéfique, et permet de pallier assez efficacement à l’absence de tension ou de véritables conflits. Tout cela aboutit à une ligne claire, proche d’un one-shot de bande-dessinée, qu’on suit avec un investissement modéré, mais en appréciant instantanément la maîtrise de l’ensemble.

Et en matière de maîtrise, ce 2e épisode ne marque pas le pas, au contraire. Les décors ont beau y être moins variés, les situations s’enchaînent à toute vitesse. De balade en petits gags au coin du feu, on aura tôt fait de se retrouver à l’assaut d’un blindé Jawa, pour mieux se frotter à une sorte de yack spatial tout sauf amical. Chaque scène jouit d’un soin technique presque toujours irréprochable, et du côté des effets physiques comme des créations numériques, le show tient la dragée haute à la majorité des blockbusters contemporains.

 

photoUne vraie tronche de porte-bonheur

 

THE GROS GALERIAN 

Mais, exactement comme dans le pilote, certains concepts viennent à nouveau souligner leurs limites évidentes. Pour le moment, scénario et mise en scène peinent à caractériser pleinement notre héros, dont on ne comprend pas bien s’il est un grand combattant en déveine, ou un imposteur qui va devoir se former à force de petits ratés et de grandes aventures. De même, le Mandalorien est tantôt trop bavard, tantôt limité par son casque, tantôt redoutable, tantôt bouffon. Comme si le scénario se trouvait bien empêtré de ce protagoniste, dont l’apparence évoque plus une silhouette fantasmagorique qu’un personnage de premier plan.

 

photo"Arrêtez de vous batter !"

 

Et si on constate une nouvelle fois combien Lucasfilm a investi de talent et de précision dans la fabrication de la série, The Mandalorian n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Tout dans sa direction artistique tend vers un divertissement référentiel, hommage au western, et donc plutôt léger, s’appréciant comme une suite de récits indépendants, quand la narration opte manifestement pour un récit qui se déploiera sur la saison entière. Cette opposition est pour le moment curieuse, et donne l’impression de rejoindre un banquet schizophrène, qui aurait bien du mal à choisir entre sucré et salé.

En témoigne la mise en scène de Rick Famuyiwa, toujours cristalline, aussi claire dans l’action, la narration que l’humour, mais bien terne quand il s’agit de confectionner des images marquantes, ou de composer des plans signifiants. Faiseur de luxe, il s’exécute ici sans démériter, mais nous rappelle que The Mandalorian tient pour le moment plus de la friandise que du plat de résistance. Espérons que le développement des personnages secondaires interprétés par Nick NolteGina Carano ou encore Werner Herzog apporteront au récit de nouvelles dynamiques et quelques directions inattendues.

 

photoTout ça pourrait devenir salissant

 

 

commentaires lecteurs votre commentaire !

nestkiwk
20/12/2019 à 23:47

à l'heure des séries où dans le genre, les épisodes font 45-55 minutes, les 25-40 minutes de Mando, ne sont pas très généreuses.
Il y'a un moment wtf dans la scène de chasse où le gars tue l'équivalent d'un rhino avec un canif, haha n'imp ...

Petuvia
04/12/2019 à 18:38

Les gens sont chiants à se plaindre de la ligne éditoriale d'Ecran Large. Y'a de tout ici. Et ce site me ressemble. J'aime me mater un film indé et regarder le dernier blockbuster. Ce n'est pas incompatible et ça serait une erreur d'opposer de manière binaire "œuvre à gros budget" et "petit film".

Si l'actu mise en avant te plaît pas... Tu as juste à scroller pour voir autre chose. Et si tu es pas content du contenu, tu sors ton portefeuille et tu payes pour du contenu spécial.

Geoffrey Crété - Rédaction
20/11/2019 à 00:10

@john

Pour info, vous êtes sur un site qui a parlé de Mr. Robot à chaque saison, pour dire que c'est excellent, même quand le vent a tourné et que ce n'était plus la série à la mode.
https://www.ecranlarge.com/series/dossier/1006426-mr-robot-sur-france-2-la-saison-3-reunit-le-meilleur-et-le-pire-de-la-serie-de-sam-esmail

On a même fait un dossier sur un épisode qu'on trouve particulièrement génial.
https://www.ecranlarge.com/series/dossier/997304-l-episode-culte-mr-robot-au-sommet-avec-une-odyssee-surrealiste-et-cruelle-dans-la-sitcom

Mais Mr. Robot ne se prête pas pour nous à une critique par épisode. Donc il y aura un bilan fin de saison (et série pour le coup)

Sinon, ça n'a pas toujours passionné les foules certes, mais on a récemment publié des critiques de The Deuce, The Affair, Succession, Rick & Morty, Watchmen, The End Of The F***ing World, La Guerre des mondes, Mytho, BoJack Horseman... Donc on est loin de juste traiter "la série de merde" que vous n'aimez pas.

john
19/11/2019 à 23:06

Y'a Mr.robot qui devient la meilleur série de la décennie et ça parle seulement des séries de merdes du moment...

dams50
19/11/2019 à 22:30

Jolie référence à Baby Cart.
Et effectivement, ça aurait pu tout aussi bien être un animé de genndy tartakovsky (d'ailleurs son héro s'en prend tout autant plein la tronche dans l'excellent Primal).
En tout cas, elle me plait bien pour l'instant cette série.

Pat
19/11/2019 à 20:07

Bien aimé cet épisode qui est meilleur que le 1er.

José
19/11/2019 à 17:52

Exactement le meme ressenti que Meh, ca fait filler; mais c'est pas desagréable

Vizla
19/11/2019 à 16:43

Un Mandalorien sans jetpack c'est la honte et si il est vraiment débutant pourquoi Apollo lui donne plein de contrats super difficiles ?
Et personne ne se souvient de la Force, on est dans Star Trek ou quoi ?

Meh
19/11/2019 à 16:04

Ça m'a un peu fait peur d'avoir l'impression de voir une sorte d'épisode filler (déjà), avec sa structure très simpl(iste ?)e, mais au final, le charme opère tout de même. On attend effectivement la vitesse de croisière !

PG
19/11/2019 à 15:26

Ce nouvel épisode renforce l'impression que j'ai eu avec le 1er : The Mandalorian a tout d'une série animée que l'on aurait finalement décidé de filmer en "live action". La simplicité de l'histoire, la succession de petites scénettes avec différentes ambiances, l'humour omniprésent avec du comique de situation un peu décalé, et le coté très "cute" de baby Yoda se prête définitivement à une série animée, dans la continuité de Clone Wars, Rebels et Resistance.

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