Resident Evil : Infinite Darkness - critique d'une pure horreur sur Netflix

JL Techer | 12 juillet 2021 - MAJ : 12/07/2021 15:45
JL Techer | 12 juillet 2021 - MAJ : 12/07/2021 15:45

Saga fleuve du jeu vidéo qui a connu des hauts et des bas jusqu'à Resident Evil: Village, Resident Evil est l'une des licences qui, malgré ses multiples tentatives, n'a jamais réussi à bénéficier d'une adaptation digne de ce nom. Alors que RE fête son 25ème anniversaire cette année, Capcom met les bouchées doubles pour tenter de réconcilier gamers et amateurs de séries/ciné, grâce à un partenariat avec Netflix. Premier bébé issu de cette union, Resident Evil : Infinite Darkness  ne semble malheureusement pas être celui qui réussira à en finir avec la malédiction....

Capcom à la maison

L’une des définitions de la folie serait le fait de répéter sans cesse la même action en espérant avoir des résultats différents. Que ce soit les films Resident Evil avec Milla Jovovich, ou les films en CGI Damnation, Vendetta ou autre, le constat reste le même : Capcom tente et retente encore et toujours la même chose, en espérant qu’à chaque nouvel essai, les fans et les critiques seront au rendez-vous.

Est-ce de la sagesse, de la folie ? Ou plus simplement l’appat du gain ? Il est fort probable que la réponse se trouve en équilibre au milieu de tout cela. Et ce n’est pas ce partenariat entre Netflix et Capcom pour Resident Evil : Infinite Darkness (produit par Hiroyuki Kobayashi, central dans la saga depuis ses débuts), qui risque de changer la donne, malgré d’évidentes envies de caresser les fans dans le sens du poil.

 

photoLe public en liesse à l'arrivée d'un nouveau R.E.

 

En 2021, la franchise Resident Evil est pourtant plus en forme que jamais. Il suffit de jeter un oeil aux succès presque insolents de Resident Evil 7 et Village, sans compter celui du remake de Resident Evil 2 (non, personne n’a entendu parler de R.E.3 Remake, ce jeu n’existe pas) pour en être convaincu. 

Avec qui plus est une série centrée sur les Wesker (et toujours sur Netflix) à l'horizon, et le film-reboot Resident Evil : Welcome to Raccoon City qui arrive au cinéma en fin d'année, la saga bénéficie d’un véritable alignement de planètes. Un succès mérité car Capcom sait faire des jeux et des bons, avec un gameplay au taquet, et des graphismes somptueux. Et soyons clair tout de suite : la patte Capcom se sent totalement dès les premiers instants d'Infinite Darkness (ou REID).

photoUn Leon aux airs de David Duchovny

 

Et ce en particulier grâce à la direction artistique, qui crève l’écran. Les personnages sont incroyablement bien réalisés, et les détails de leurs visages sautent aux yeux. Le regard des héros est incroyable d’émotions, et ils sont crédibles autant que peuvent l’être des créatures en images de synthèses. À tel point qu’on en vient même à oublier que ce sont des CGI que l’on a sous les yeux.

Un véritable bonheur pour les yeux, une belle réussite plastique... et ce sera malheureusement tout pour ce qui est des qualités, car REID ne fera aucun autre effort pour vous séduire.

photoBrainstorming chez Capcom

RESIDENT PAISIBLE

Plaçons le contexte : la série se déroule en 2006, après les événements de Resident Evil 4 et avant ceux de Resident Evil 5. Leon S. Kennedy, héros de RE 2 et RE 4, travaille désormais pour la garde rapprochée du président des Etats-Unis, sacrée promotion obtenue après avoir sauvé la fille dudit président d’une bande de fanatiques dans RE 4.

Comme par hasard, à peine nommé à son nouveau poste, le voilà face à une attaque sur la Maison-Blanche. Comme par hasard, c'est une attaque biologie, avec des zombies. Comme par hasard, Leon sait y faire, et va sauver tout le monde… Plus qu'un hasard d'ailleurs : tout ça ressemble beaucoup au début de RE 6, où Léon affrontait une attaque bioterroriste, et devait abattre un président zombifié.

 

 

Passant par l'une des failles du scénario, voilà que débarque quelques heures plus tard Claire Redfield (héroïne de RE 2 et de Code Veronica), désormais militante de l’ONG TerraSave. Celle-ci revient aux Etats-Unis après une opération dans un pays fictif déchiré par la guerre, le Penamstan. Claire y a découvert des preuves d'une attaque biologique (de zombies), après l'opération américaine "Mad Dogs", six ans auparavant.

photoRencontre au sommet digne de Caméra Café

Une rencontre au sommet, pleine d'émotions ? Un moment inoubliable ? Absolument pas. Claire et Léon se croisent comme s'ils s'étaient vus trois mois avant et que leur seul passif était de discuter au supermarché du coin. Voilà deux personnages qui ont traversé l'enfer ensemble, ont survécu au chaos de Raccoon City, puis ont récolté chacun de leur côté des tonnes de preuves qu'Umbrella était bien partie pour dominer le monde... mais qui discutent comme papi et mamie se demandant si ce soir c'était plutôt soupe de tomate ou velouté de poireaux. Des retrouvailles attendues, mais finalement sans saveur, et d'une platitude incompréhensible

C'est à l'image de toute la série, puisque malgré ces histoires de conspirations, trahisons et faux semblants, Infinite Darkness se plante à tous les niveaux. Premier mauvais choix de capcom : placer l’intrigue en 2006 désamorce totalement les enjeux. Les connaisseurs de la saga savent exactement ce qui va se passer par la suite, avec les événement de RE 5 et 6. Dès lors, pourquoi proposer une série se déroulant dans un creux scénaristique, où l’on sait que rien d’important ne peut se produire ?

photoEcouter aux portes, c'est mal

 

Niveau histoire et mythologie, la série ne peut trouver d’intérêt que pour les gamers qui n’ont jamais été au-delà du quatrième épisode - ou alors, pour les fans les plus radicaux. Quid de ceux et celles qui n’ont jamais mis la main sur un jeu RE ? Ces pauvres âmes devront subir une avalanche de banalités et de séquences déjà vues et revues dans les plus mauvais films d'action.

C'est là l'autre drame : Infinite Darkness n'est pas une série d'horreur. C'est une série qui regarde du côté des films de guerre ou d'action, comme La Chute du faucon noir (référence évidente pour les séquences se déroulant au Penamstan) ou La Chute de la Maison Blanche (le bâtiment attaqué). La Chute de Resident Evil pour ce qui est de son identité propre. Parce qu'à aucun moment, l’âme de Resident Evil  n'est présente.

 

photoREID sauce Supercopter

 

INFINITE MOLLESSE

Celles et ceux qui attendaient des attaques de zombies et des sueurs froides risquent d'être surpris. La première saison de la série en composée de quatre épisodes de 25 minutes, et adopte une approche bien plus sage que son matériau d'origine, le survival horror. « Sage », pour ne pas dire « timorée ».

Si le premier épisode tente d’appâter le fan et l’amateur de frisson et d’action grâce à des séquences fortes (le feu de joie au Penamstan, les couloirs de la Maison Blanche…), il s’avère que la promesse ne tient pas la route. En abandonnant la majorité des éléments horrifiques des jeux au profit de conversations lourdingues sur la conspiration et la peur, Capcom et Netflix loupent leur cible. Jamais la peur n’est au rendez-vous

photoClaire enquêtant sur la disparition de la peur. 

Le niveau des dialogues n'aide pas. Entre les punchlines totalement à côté de la plaque (Leon disant "J'aurais dû amener du fromage", face à une invasion de rats) et des échanges très profonds ("Oh, la guerre c'est vraiment mal... Oui en effet, c'est parce que les méchants ne sont pas gentils"), c'est à se demander si les dialoguistes ne seraient pas les stagiaires de troisième en journée découverte chez Capcom. Quant aux personnages secondaires, ils sont parfaitement oubliables, et leurs motivations sont totalement incohérentes. Une qualité d'écriture qui plombe totalement la série.

De plus, Capcom et l'équipe ne savent pas écrire sur la politique, ni quoi faire d'une énième histoire de conspiration. En tentant d’aborder des sujets comme les traumatismes de guerre et la culpabilité des survivants, la série s’enfonce encore plus dans les clichés.

 

photo"Les gars ! On a 4 fois 25 min pour trouver un scénario !" 

 

Rendez nous Paul W.S. Anderson

Si encore les scènes d’action avaient relevé le niveau, Infinite Darkness aurait pu être un bon divertissement. Mais l’ennui sera votre seul compagnon durant ces quatre épisodes réalisés par Eiichirō Hasumi (Assassination Classroom). Entre les scènes de fusillades vues mille fois ailleurs, et les explosions d'hélicoptère et de sous-marin, il y a la sensation d'être devant un patchwork maladroit du cinéma d'action des années 2000. Sensation qui se transforme presque en ras-le-bol devant une séquence qui voudrait sûrement rendre hommage à Alien et à Willard, mais qui ressemble plus à une parodie des frères Wayans.

Pire encore : la série trahit les héros iconiques que sont Leon Kennedy et Claire Redfield. Infinite Darkness alterne entre les points de vue des deux personnages : Leon a droit à la plupart des scènes d’actions, tire sur des zombies, arrive à se sortir d’une mort sous-marine certaine, et va jusqu’en Chine, tel un Casey Ryback au rabais. Oubliez le policier au sens moral inébranlable. Ici, Leon est tout juste un porte flingue décérébré auquel on tente de donner du corps en lui offrant un monologue sur la guerre… Steven Seagal aurait été fier, peut-être.

photo"Le pauvre malheureux était fan des jeux Resident Evil"

 

Que dire de cette pauvre Claire ? Si de prime abord son rôle de porte-étendard d’une ONG pacifiste (ONG qui sera au centre de l'intrigue de Resident Evil : Revelations 2) est tout à fait crédible, elle devient vite un cliché de détective déjà vu mille fois - jusqu'au tableau de preuves obligatoire, évidemment.

C'est bien simple : Claire ne sert à rien, et aucune de ses actions ou décisions n’a d’effet sur le déroulement de l’intrigue. C'est d'autant plus triste que l'héroïne bien connue se transforme vite en potiche, tout juste là pour assurer un minimum de fan service. Celle qui a traversé Raccoon City en terrassant zombie et monstres mutants sur son chemin, qui a affronté les pires atrocités sur l’île et dans les glaces de Resident Evil : Code Veronica, est devenue une véritable icone de la femme forte dans le jeu vidéo. Mais ici, elle a autant d’importance que l’une des plantes vertes du hall de la Maison Blanche. Et non, l'affubler de son perfecto rouge emblématique ne suffit pas à lui donner une quelconque crédibilité.

Difficile de pardonner de tels écueils, à tel point que même la saga Resident Evil avec Paul W.S. Anderson aux commandes en deviendrait presque sympathique.

 

photo

Résumé

Avec seulement quatre épisodes, une intrigue bancale et zéro moment de peur, impossible de recommander ce Resident Evil : Infinite Darkness, qui est un coup d’épée dans l’eau. Le label Resident Evil n’arrange rien puisque ça n'a à peu près rien à voir avec Resident Evil. Ce qui devrait donc décevoir (voire exaspérer) les fans comme les néophytes.

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commentaires
Pseudonyme
18/09/2021 à 06:26

"Écranlarge" connaissais pas, et bah je me réjouis de ne pas vous connaître plus, mauvaises critiques, tentatives de jeux de mots d'un enfant, puis aujourd'hui quel film/série, jeux etc... n'a pas de référence à d'autres univers cinématographique où vidéoludique, musique etc...
De plus, cela nous permet d'en apprendre plus sur la trames des évènements entre RE4 et RE5, la relation entre le Président et Léon, l'arrivée de Tricell, la présence du Virus-T, les retrouvailles de Léon et Claire, même si elles semblent froides (Pas de duo depuis 2006 entre Léon et Claire), puis votre critiques acharné est basé sur une première saison, beaucoup de choses restent en suspens (cités plus hauts par exemple)
Donc si c'est pour déblatérer des idioties, la prochaine fois abstenez-vous

Dog
15/07/2021 à 19:36

Trouver intéressante mais trop courte différente des film dévié un peut du jeu de capcom mais relativement écoutable

Mimac
14/07/2021 à 23:31

Bon, moi je serais un peu plus indulgent que vous tous en mettant un 7/10 à cette adaptation les gens. Même si il y a beaucoup beaucoup et beaucoup de déjà vu ( RE DAMNATION, RE DEGENERATION...),cette impression de " refaire sur ce qui a déjà été refait sans réelle originalité", et de grossiers clichés sur les conséquences de la guerre et du capitalisme,et enfin la mollesse légendaire de certains personnages "autrefois"charismatiques dans les opus vidéo-ludiques , je ne trouve la série pas moins regardable, pour tuer le temps deux heures, surtout que c'est sur Netflix et c est " RESIDENT EVIL"!Bref ...y a de l horreur, de l action , du suspense, une miette d humour...oui je trouve que c est regardable avec les yeux d une personne qui s ennuie et non qui a la nostalgie des licences vidéo-ludique a succès...le tout c est de ne pas comparer, et se laisser aller .Mais j avoue que le film semble être un baclâge "chié "à l occasion du "25 ème anniversaire de la licence", les précédentes tentatives cinématographique étant à mes yeux et de loin, meilleures dans leur essai "d authenticité".

jsuikomsega
14/07/2021 à 21:34

je ne pensais pas dire ça un jour, milla jovovich, revient !!!

Disguard
13/07/2021 à 19:10

Attendez... y'a vraiment des gens qui attendaient quelque chose de ce truc ?????

jessyjoe
13/07/2021 à 17:34

Vraiment très médiocre et pourtant je suis un fan inconditionnel de tout ce qui touche à Resident Evil (jeux, livres, films)
Mais la c’est du vu et revu (le complot, l’attaque, le pays en guerre...) aucune nouveauté, aucun stress, très très peu de zombie et j’en passe. Je me suis ennuyé ce qui m’était encore jamais arrivé pour une œuvre RE.
Je préfère 100 fois regarder les films de Paul WS Anderson qui sont certes totalement en dehors du canon RE mais qui propose du grand divertissement, de l’action, de l’horreur et une histoire bien plus intéressante que cette « mini série » sans saveur et sans intérêt.
Vraiment dommage, maintenant reste plus qu’à voir ce que va donner la série centré sur les Wesker et surtout le film qui nous promet d’être fidèle aux 2 premiers jeux.

Targuet16
13/07/2021 à 15:06

Série parfaite à écouter en arrière plan, en jouant à Pokemon lors d'un retour de mariage + gueule de bois

Gemasamalas
13/07/2021 à 11:55

Vu 2 épisodes pour l'instant et c'est sans intérêt

Karlito
13/07/2021 à 11:09

Je suis abonné à Netflix depuis 2-3 ans, mais franchement, je commence à saturer par la qualité médiocre de leurs productions :/ A chaque annonce, je me dis, que cela pourrait être pas mal et au final, c'est juste mauvais ou passable, sans compter qu'il y a une architecture scénaristique et visuelle trop répétitive (ahh c'est flackbacks sans fins dans les séries, comme si construire une histoire en temps continu n'avait plus d'interët). C'est la Cannon group des années 2020...

Matsu
13/07/2021 à 10:17

Mauvais mauvais mauvais
Bien animé ? Beau graphiquement ?
Ouais si c'était sorti en 1990
L'animation est à la ramasse. On a tellement ri avec m copine quand les personnages courrent.
Ou Shen Mei qui marche comme un martien de Mars Attack.
C'est systématiquement horrible ce qu'ils font en film de animation pour les RE.
AU BAC !

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