DOTA : Dragon's Blood - critique pas très fantastique sur Netflix

Déborah Lechner | 4 avril 2021 - MAJ : 05/04/2021 11:05
Déborah Lechner | 4 avril 2021 - MAJ : 05/04/2021 11:05

Netflix continue de piocher du côté des licences de jeux vidéo pour alimenter son catalogue animé après les séries Castlevania ou Dragon's Dogma. La nouvelle adaptation du géant du streaming, DOTA : Dragon's Blood inspiré du jeu DOTA 2 de Valve, est donc disponible depuis ce 25 mars et on mentirait en disant que c'était génial. 

POUR TOUT LORE DU MONDE

En se lançant dans l'adaptation de DOTA 2, un MOBA (ou arène de bataille multijoueur en ligne) type League of Legends, Ashley Miller et le Studio Mir devaient réussir à créer une histoire suffisamment fidèle à la mythologie existante, tout en imaginant la structure narrative qui manque au matériau d'origine. Il était également important que les néophytes puissent mettre un pied dans l'univers et s'y plonger sans être rebutés ou laissés de côté par un fan service trop présent ou nuisible à leur compréhension. Dans ce sens, DOTA : Dragon's Blood est un pari plutôt réussi

 

photoPuis bon, il y a des dragons quoi

 

Sans trop rentrer dans les détails, la série suit Davion, un chevalier dragon qui a vécu une petite mésaventure avec un puissant et ancien dragon, ainsi que Mirana, la Princesse de la Lune qui s'est donné pour mission de retrouver des lotus magiques qui ont été volés à la déesse Selemene qu'elle vénère. L'univers n'est donc pas impénétrable pour les novices, mais manque quand même de contextualisation et d'exposition pour poser correctement ses enjeux, bien trop nombreux dans cette première saison.

En seulement huit épisodes d'une vingtaine de minutes, l'intrigue tente d'englober beaucoup de concepts (et ça dès les premières secondes), d'événements et d'éléments qui composent un monde dont on sait peu de choses au bout du compte. Voir des zombies se bouffer entre eux est toujours cool, mais le fait d'y consacrer plusieurs minutes sans y revenir par la suite ou expliciter quoi que ce soit crée une certaine confusion entre ce qui est utile à l'avancée de l'intrigue et ce qui la pollue. Le fait de suivre deux histoires parallèles, qu'on espère voir se rejoindre dans une seconde saison qui s'impose, n'est pas non plus en faveur du rythme, de la tension et de la fluidité de la narration, qui a tendance à s'affoler et ne jamais reprendre son souffle.

 

photoL'étoffe des héros

  

L'HISTOIRE SANS FIN

Comme on s'y attend pour une adaptation de jeu vidéo, la série choisit un traitement plutôt vidéoludique, avec la quête de deux héros qui s'étend sur une map aux paysages très variés, et nécessite de se battre et d'aller parler à des gens pour récupérer des objets magiques. Si les personnages principaux qu'on suit tout du long sont donc plutôt bien caractérisés malgré le peu d'expositions, les personnages secondaires ne sont pas du tout développés, ne sont que des fonctions type dans le scénario et manquent ainsi de substance (en particulier les antagonistes) pour intéresser ou avoir un quelconque impact émotionnel sur le public.

Heureusement, le doublage dynamique et sans épanchements de Yuri LowenthalLara PulverFreya Tingley et Troy Baker permet de donner un peu de relief aux différents protagonistes en attendant que la narration s'en charge.

 

photoLes pierres magiques, élémentaires

 

Au final, on se retrouve dans un univers médiéval fantastique assez violent, mais surtout très classique (avec des dragons, des elfes et des mages) qui ne se distingue pas forcément des autres et ne paraît même pas aussi riche que la plupart d'entre eux. Évidemment, une deuxième saison avec quelques épisodes supplémentaires devrait permettre à cet univers de s'étendre, mais surtout creuser les thématiques que le récit veut aborder, mais peine à effleurer.

Même si on sent que le propos ne demande qu'à être affiné, l'aspect véritablement mature de la série se retrouve pour l'instant dans des gerbes de sang, des plans à trois et quelques gros-mots, alors qu'il est question en sous-texte de domination divine, d'endoctrinement ou de racisme, sans oublier les approches plus métaphysiques qui se profilent. 

En ce qui concerne l'aspect plus épique et spectaculaire de la série (un de ses arguments de vente), la mise en scène des combats a tendance à vite devenir illisible, encore plus avec les incrustations numériques des dragons qui accrochent souvent l'oeil. L'animation d'une manière générale est assez lourde et ainsi manque de légèreté dans les mouvements, bien que le dessin en 2D - notamment le character design et les décors - rattrape l'ensemble.

La saison 1 de DOTA Dragon's Blood  est disponible sur Netflix depuis le 25 mars 2021 en France

 

photo

Résumé

Avec une première saison trop courte, DOTA : Dragon's Blood a eu le temps de présenter un univers médiéval et fantastique quelconque, avec des personnages peu étoffés et une intrigue dispersée dont le potentiel ne demande qu'à prendre de l'ampleur dans une deuxième fournée pour ravir les fans du jeu et contenter les adeptes du genre.

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Lecteurs

(3.7)

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commentaires
Dante
08/04/2021 à 02:40

J ai trouvé ça vraiment top et j espère qu une 2e saison sortira !
L animation n est pas mal du tout et l ambiance tantôt pesante, tantôt surprenante, tantôt légère est un super mix :)

prof west
05/04/2021 à 08:55

Moixavier58 salut tu as raison layant vu en vostfr vo japonaise cela ma trompé merci de l'info.

Bolof
04/04/2021 à 20:30

Oh mon dieu! Une intrigue dont on ne comprend pas immédiatement les enjeux, qui laisse une part au mystère et à l'interprétation! Vite, vite, redonnez à cette rédactrice une narration linéaire et sans surprise! Plus sérieusement, sans connaître le jeu original, j'ai trouvé cette série plutôt bien traitée, avec des concepts certes classiques mais bien exploités et des enjeux qui ne sont pas trop manichéens. Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais c'est très agréable à suivre.

Neothiouz
04/04/2021 à 18:47

Jai passé vraiment un bon moment et j attend avec impatience la saison 2. J'ai meme ete plutôt agreablement surpris tellement je m'attendais a un truc assez moyen...

Moixavier58
04/04/2021 à 16:58

Pas Japon, mais Coree du sud pour Studio mir et Kaiju boulevard semble etre americain

prof west
04/04/2021 à 14:45

Du potentiel bon petit japanimé a confirmer pour la saison 2 bien mieux que ce qu'il sort actuellement en japanimé

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