His Dark Materials : À la croisée des mondes - une première saison convaincante pour la série de fantasy d'HBO et de la BBC ?

Lino Cassinat | 27 décembre 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Lino Cassinat | 27 décembre 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58

On avait pu jeter un oeil en avant-première aux quatre premiers épisodes de His Dark Materials : À la croisée des mondes, on était plutôt optimistes à défaut d'être convaincus à 100%. La série emmenée par l'ouragan Dafne Keen avait-elle gardé ses meilleures cartouches pour la fin ? Verdict final : comme on le disait dans notre preview, il y a à boire et à manger, et les choses vont nettement dans le sens d'une amélioration.

T'AS D'BEAUX MATÉRIAUX TU SAIS

Direction artistique soignée, adaptation fidèle et interprétations solides : His Dark Materials : À la croisée des mondes ne manquait clairement pas d'attrait. Elle pêchait en revanche par son rythme, le traitement de certains personnages et une réalisation un peu pépère. Après trois épisodes qui, disons-le, servaient surtout d'exposition, et un quatrième plus enlevé en forme de prélude à l'expédition dans le nord, l'héroïne Lyra (Dafne Keen) et sa bande embrasse enfin pleinement l'aventure, à la recherche de Lord Asriel (James McAvoy) et talonné par Mlle Coulter (Ruth Wilson).

Voilà donc venir la phase de péripéties du récit, et bien heureusement, His Dark Materials : À la croisée des mondes saute à pieds joints dans cette seconde moitié de saison placée sous le signe de l'aventure, et trouve ce faisant un second souffle plus puissant, qui emportera sans mal le fan de fantasy adolescente lambda.

 

photoBon, on relance un épisode ou quoi ?

 

Tout comme le profane, celui qui connaît bien les livres devrait lui aussi y trouver son compte, même s'il reste quelques raisons de râler. On évoquait dans notre précédent article le traitement à côté de la plaque du personnage de Lee Scoresby et l'interprétation un peu tiède de Ruth Wilson, et si il y a du mieux dans les deux cas - notamment celui de Ruth Wilson, qui trouve enfin de très bonnes marques lors d'un échange tendu avec Dafne Keen -, il reste encore à faire.

 

photo, Ruth WilsonRuth Wilson, y'a du mieux

 

À cette liste de mécontentements, on est obligés d'ajouter l'étape à Svalbard, assez bâclée avec son duel d'ours en armure beaucoup trop timoré, ainsi que Serafina Pekkala, drôle de mélange entre une mannequin Dior en crise mystique et le Flash du maudit Justice League - effets spéciaux affreux inclus. On a une petite pensée émue au passage pour le pauvre James Cosmo, obligé de mobiliser toute sa puissance d'acteur en face pour donner un peu de vie à leur belle scène partagée.

 

photoDommage, la deuxième grande scène de Iorek est loupée

 

PAS DE POUSSIÈRE SOUS LE TAPIS

Ce serait pourtant se faire un peu bêtement du mal que de s'arrêter à ça, alors que His Dark Materials : À la croisée des mondes a trouvé un rythme prenant et consolide sa puissance dramatique. Le nouveau personnage de Will amène un parfum de mélancolie très bienvenu grâce à l'excellent duo qu'il forme avec sa mère. L'émotion est bien là, intacte. De l'autre côté, le théâtre du Grand Nord se fait plus excitant que jamais et dévoile peu à peu ses terribles secrets cachés dans d'épaisses ténèbres... et prélève ses gages en vies humaines et en traumas inoubliables.

La noirceur des livres tombe doucement sur His Dark Materials : À la croisée des mondes, et la série y fait face sans (trop) détourner les yeux. Entre la scène de la cabane de pêche au cachet de film d'horreur, le très réussi camp de Bolvangar et ses allures de complexe eugéniste en passant par de la torture et du meurtre d'enfants, obscurantisme religieux et rapport à Dieu : aucune difficulté n'est évitée. À la fois une bonne surprise de la part d'une série visant un public relativement adolescent et pour un récit qui avait bien besoin de renforcer des enjeux un peu flous, notamment en ce qui concerne la Poussière.

 

photoCoucou, j'ai 14 ans, j'ai déjà retourné X-23 dans Logan, et je reviens donner une leçon d'acting

 

Concernant ce dernier point, c'est le season final qui s'avère le plus déterminant. Ce dernier épisode, est d'assez loin le meilleur de la série et constitue un petit précis de la parfaite conclusion de saison, à la fois riche en action, en tension, en actes irréparables, en réponses et en questions, et le tout emmené par les terrassants Dafne Keen et James McAvoy en plein déchirement, deux impressionants feux d'artifices d'émotions à eux seuls. Pas de cliffhanger vulgaire non plus en guise d'ultime image, juste la promesse que si l'on accepte la main tendue par His Dark Materials : À la croisée des mondes, la série continuera de nous offrir une aventure encore perfectible, mais déjà fort satisfaisante et très largement au dessus du tout venant.

Alors, pour tout cela en échange de si peu, on vous le dit : vous pouvez lui en toper cinq les yeux fermés.

 

Affiche française

 

Résumé

Généreuse et consciencieuse, on ne voit pas trop à qui His Dark Materials : À la croisée des mondes pourrait déplaire, si ce n'est le fan tatillon du livre originel ou quelqu'un de déjà fondamentalement allergique au merveilleux tendance teenage. Si ce n'est pas votre cas et que vous êtes en manque de fantasy soignée, si vous voulez une histoire dense et prenante avec une heroïne au caractère bien trempé, foncez !

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commentaires
Adoc
26/12/2020 à 03:04

Et la deuxième saison est bonne, voir très bonne. Lyra a grandi un peu trop vite mais Dafne est bonne actrice, ça ça compense. Et ça ne doit pas déranger ceux qui n’ont pas lu les livres. (C’est une œuvre aussi sur l’arrivée à l’adolescence, Lyra a 13 ans à la fin de la trilogie).

Jeannot
29/12/2019 à 14:28

C'est bien pour les gosses.

Anonyme
28/12/2019 à 14:53

Une magnifique série, fidèle à son œuvre. Une saga qui m’a bercé adolescente et qui continue de m'émerveiller aujourd’hui. Ruth Wilson est magnifique dans le rôle de la glaciale Mme Coulter.

Oliviou
28/12/2019 à 10:59

Franchement, je suis très reconnaissant à cette série de nous mettre les "combats épiques" hors-champ (ours contre ours et, dans le dernier épisode, ours contre engins volants). Ils utilisent les moyens dont ils disposent au mieux pour assurer une direction artistique impeccable par ailleurs. Pourquoi brûler des millions de dollars dans une énième bagarre en images de synthèse ? De toute façon les "combats épiques", la plupart du temps, c'est trop long et sans intérêt (voir le MCU, ou Star Wars par exemple...).

Pat
28/12/2019 à 09:53

" tendance teenage"

Ouille du coup ça donne moins envie.

Chris11
27/12/2019 à 19:47

Bof. La série avait bien démarré, c'est bien filmé, les acteurs sont bons, mais au final le contenu est un peu faible. 6 épisodes auraient suffi.

Jojo
27/12/2019 à 17:43

Une très bonne surprise cette série et vivement la suite !

Baretta
27/12/2019 à 17:30

BBC, évidement...

Dateuss
27/12/2019 à 17:16

HBO, décidément...

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