Hero Corp Tome 3 : après la fin de la série, les Héros prennent vie en BD

Créé : 16 juin 2017 - Jean-Luc Hassaique
Jean-Luc Hassaique | 16 juin 2017
Heros Corps Tome 3
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Comme la série décapante dont elle est issue, la bande-dessinée Hero Corp s’attache à la qualité plutôt qu’à la quantité, comme en témoigne sa gestation de près de quatre ans.

Au moment de découvrir ce nouveau tome des mésaventures papiers de nos protagonistes, situées dans le Canada du début des années 80, l’émotion est grande. C’est que la série mère et éponyme vient de s’achever, après plusieurs saisons extrêmement riches, et une production aussi passionnante que mouvementée, qui aura dû énormément à la ferveur des fans, à l’écoute des auteurs et à la passion de tous ceux qui ont approché, de près ou de loin, ce récit frenchy atypique.

 

Heros Corps Tome 3

 

Si on aurait bien sûr tort de faire de Hero Corp un simple décalque super-héroïque de la recette Kaamelott en prétextant le lien familial unissant les créateurs des deux séries, le bébé de Simon Astier partage avec la relecture de l’épopée Arthurienne le goût du mélange des genres et une volonté de renouveler ou dynamiter les identités remarquables de genre usinés par la culture de masse.

Et c’est avec un certain bonheur que le tome 3 de Hero Corp prolonge cet état d’esprit sti^mulant. Fort de son récit nord-américain et de l’esthétique qu’il charrie, l’ouvrage est dans la forme un comics conçu dans l’œuvre de l’art, dont seule la direction artistique est là pour indiquer à l’œil du lecteur attentif qu’il évolue dans un univers bien moins commun qu’il n’y paraît. La BD prend ainsi un malin plaisir à se placer dans les pas des générations de sur-hommes et femmes qui l’ont précédé, sans jamais les copier, mais en cherchant à tracer sa propre voie.

 

Heros Corps Tome 3

 

On retrouve d’ailleurs Simon Astier au scénario, et c’est sans doute ce qui explique la grande générosité des dialogues, ainsi que le soin maniaque avec lequel ils sont rédigés. Les amateurs de son style à la fois malin et cru, jouant toujours sur la rupture de ton et le contretemps nageront en terrain connu, l’artiste s’en étant donné à cœur joie en la matière.

Pour ce qui est du scénario, ce tome 3 joue la carte du pulp et du serial avec délice, passant de personnages en personnages avec une aisance qui rend l’ensemble encore plus addictif. On notera le soin apporté au rythme de l’ensemble, et l’atmosphère inclassable qui y préside, permettant au récit d’alterner pur développement de l’intrigue, saillies humoristiques et quelques sympathiques flambées d’agressivité, qui valent leur pesant de cacahouètes.

Qu’on se le dise, Hero Corp n’est pas vraiment terminé…

 

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