Mashle : le manga coup de poing dans le monde des sorciers

Flavien Appavou | 12 avril 2021
Flavien Appavou | 12 avril 2021

Sorti tout droit du Weekly Shonen Jump, Mashle est publié en France chez Kazé manga. Un savant mélange entre action et humour, bourré de références, c'est l'occasion de faire un petit "poing" sur ce manga qui arrive en force chez nous.

Mashle de Hajime Komoto raconte l’histoire de Mash Burnedead, élevé au fin fond d’une forêt dans un monde où la magie fait loi. Ceux qui ont zéro pouvoir sont juste punis de mort. Car pas besoin de parasite dans ce monde gangréné par le pouvoir.

Bref, Mash est un jeune homme qui passe ses journées à faire de la musculation et à manger des choux à la crème, son péché mignon. Il a une particularité, il a zéro pouvoir. Un jour, un agent de police découvre son secret et se livre à un combat contre Mash, que celui-ci gagne allègrement à la force de ses poings. L’agent de police voit en Mash un potentiel argent facile, mais pas seulement. Il enjoint au jeune homme de postuler à Easton, la prestigieuse académie de Magie, pour qu’il en sorte plus fort et puisse y rétablir un semblant d’ordre à coups de bons vieux gnons.

Ainsi débutent les aventures de Mash dans cette académie qui ressemble fortement à Poudlard.

 

Planche 3, Hajime KomotoPetite musique d'Harry Potter dans le fond

 

Un manga multi référentiel

Un hommage assumé, mais pas innocent, car Mashle est un condensé de références, allant jusqu'à les pasticher. À commencer par Harry Potter à l'école des sorciers. Komoto sensei va même jusqu’à singer la distribution de la classe, détournant le motif du Choixpeau magique en le parodiant à l’extrême dans une séquence totalement loufoque. Ce n'est pas le seul détournement de la vaste mythologie inventée par J.K. Rowling, comme la présence et la force du directeur de l’académie, ou même l’apprentissage de vol en balai ou encore la partie de simili-Quidditch qui devient prétexte à gag.

L’auteur pastiche tout ce qu’il peut trouver pour s’amuser avec son héros sans pouvoir, mais avec une force surhumaine. Une sorte de Saitama de One-Punch Man dans Harry Potter, mélangé avec Black Clover. On prend les meilleurs de chaque histoire : la force, la nonchalance et la naïveté du héros, qu’on transpose dans un univers où les règles et les classes sont figées dans le temps, et on casse tout. C’est très shonen like. Et ça fonctionne. 

Ce qui est assez surprenant, car dans le Weekly Shonen Jump, deux mangas sont exactement dans le même univers, avec un traitement quasi similaire, sauf que l’un est plus le dépassement de soi et la force de l’amitié (Black Clover) et l’autre vise plus le "je vous pète la gueule et je mange des choux à la crème".

 

Planche 6, Hajime Komoto

Le quidditch prend une autre dimension

 

Un manga bourré d'humour

Car c’est ça le véritable attrait de Mashle, c’est son humour quasi constant. On se marre très souvent grâce aux situations totalement débiles et aussi avec les réactions du héros qui veut juste en découvrir un peu plus sur les rouages de la société, tout en pétant des gueules à droite et à gauche. Il n’est absolument pas magnanime et il n’hésite pas à en mettre une quand il peut, quitte à se retrouver dans de beaux draps.

Les personnages qui l’entourent sont tous aussi frappés les uns que les autres. Pour ceux qui lisent Black Clover, publié, lui aussi, chez Kazé, vous repérerez des typologies de personnages familiers, sauf qu’ici ils sont encore plus dans l’extrême. L’auteur ne va jamais chercher trop loin, préférant parodier une culture populaire accessible et partagée par le plus grand nombre. Ce qui pourrait être frustrant se révèle particulièrement bien géré, toujours efficace, et donc, ça marche. Enfin... ça Mashle !

Qui dit shonen, dit aussi action. Ce titre en est bourré, c’est l’un des moteurs du manga. Chaque chapitre met en scène un « combat » qu’il soit assumé ou non. Et dans tous les cas, on apprécie la mise en scène et l’amusement communicatif qu’à l’auteur à faire ses scènes. C’est parfaitement bête, tout en étant bien calibré dans le découpage et les trames.

 

Planche 5, Hajime KomotoTu la vois venir celle-là ?

 

Un manga d'action

Mashle n'est pas le premier manga de Hajime Komoto. Il a déjà publié des histoires courtes sous d’autres pseudonymes. Il a même reçu pour une de ses histoires Bakuretsu Mensetsu Shiken (Oral Explosif) le prix d’encouragement du jury lors du 89e prix Akatsuka qui récompense les mangas comiques. Une veine qu'il aura donc creusée, et avec une belle réussite, à en juger par le plaisir contagieux que procure la lecture de ces deux premiers volumes. Mais revenons à l’aspect graphique.

Sur le premier tome, graphiquement, c'est parfois inégal, on passe à des cases hyper travaillées et stylisées et à d'autres d'un très grand dépouillement. Pour surprenant qu'il soit, ce décalage engendre des ruptures de ton qui décuplent la force des gags, au risque de déstabiliser le lecteur. Surtout dans les premiers chapitres.

Puis petit à petit, le style graphique s’affine, les balances entre gags et scène d’action gagnent en harmonie, comme en réussite. Le découpage est mieux maîtrisé, profitant des moments de pause pour permettre aux lecteurs de rire un bon coup. Ce n’est pas par hasard que Kazé sort les deux premiers tomes d’un coup, car aussi bien graphiquement que narrativement, Mashle transforme totalement l'essai à partir de son deuxième opus. Et on comprend mieux le génie créatif de l’auteur.

 

Planche 1, Hajime KomotoMuscle man

 

Un manga réussi

Hajime Komoto est très fort dans la mise en scène pour surprendre le lecteur. Il arrive vraiment à mettre des scènes d’humour en nous prenant à revers, pour mieux créer de véritables espaces de surprise. En témoigne le combat entre le policier et Mash qui se transforme en partie de volley-ball avec la boule magique, dans le premier tome. C’est totalement what the fuck, profondément absurde, et pourtant ça fonctionne.

À chaque fois, l’auteur regorge d’idées débiles pour mettre en avant la force surnaturelle de son personnage face à la magie. En gros, il compense les talents surnaturels de ses adversaires par sa très humaine ingéniosité, quitte à rendre les scènes d'action hallucinantes. Et tout ça est ponctué par des commentaires et des réactions pour prendre du recul et pour apprécier la folie de l'ensemble.

C’est outrancier et encore une fois ça fonctionne. Mashle en France, c’est deux tomes pour le moment, les autres arriveront bien vite toujours chez Kazé manga, sachant qu’au Japon le 5e tome est sorti en mars 2021. C’est donc une aventure qui se lance tranquillement et on ne Mashle pas ses mots.

Ceci est un article publié dans le cadre d'un partenariat. Mais c'est quoi un partenariat Ecran Large ?

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commentaires
vagabond
13/04/2021 à 11:27

C'est d'une laideur... ça raye le cristallin, comme dirait l'autre.

Ryu
12/04/2021 à 20:05

Franchement j'ai lu le manga en scan mais je trouvais pas ça ouf j'ai drop assez vite. Je vais peut être reprendre

Akitrash
12/04/2021 à 15:32

Après l'animé de Chainsaw Man prévu pour bientôt, je pari que ce sera le prochain animé à sortir du Shonen Jump...

Mushy
12/04/2021 à 13:37

Le "Debout " et le passage sur l’égalité des sexes m'ont fait mourir de rire.
Ce manga est un gros coup de cœur !
Juste les trads VF que ne trouvent pas terribles .( élu divin ou burnedead par exemple )

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