DCeased : Unkillables - critique dans le sang et les larmes

Arnold Petit | 10 juillet 2020 - MAJ : 10/07/2020 14:36
Arnold Petit | 10 juillet 2020 - MAJ : 10/07/2020 14:36

Avec DCeased : Unkillables, sorti en février aux États-Unis et disponible en France depuis le 10 juillet chez Urban Comics, Tom Taylor retourne dans le monde horrifique de DCeased et ses zombies (dont vous pouvez lire notre critique juste ici) pour raconter l’infection du point de vue d’autres personnages comme Red Hood, Deathstroke ou le Commissaire Gordon, mais aussi des super-vilains comme Bane, Deadshot ou Cheetah, tous contraints de survivre ensemble au milieu de ce monde ravagé par le chaos.

ATTENTION : SPOILERS DE DCEASED ET DCEASED : UNKILLABLES

DEAD BODIES EVERYWHERE

Après l’énorme succès généré par DCeased, dans lequel un virus formé à partir de l’Équation d’Anti-Vie transformait les gens en sorte de zombies enragés, DC n’a pas hésité à laisser Tom Taylor étendre son récit et décimer d’autres personnages de son univers, espérant tabler sur cette réussite.

Passé maître dans l’exercice depuis Injustice, le scénariste n’a pas perdu de temps et a aussitôt annoncé un tie-in, DCeased : A Good Day To Die (publié avec DCeased dans la version française chez Urban Comics), puis un spin-off, DCeased : Unkillables. ainsi qu’un autre, DCeased : Hope at World's End, sorti d'abord en version digitale et surtout destiné à faire patienter les lecteurs avant la suite officielle, DCeased : Dead Planet (dont le premier numéro est sorti le 7 juillet aux États-Unis).

 

photo"Je vois des gens qui sont morts"

 

DCeased : Unkillables se déroule pendant les événements de DCeased et montre l’infection sous une nouvelle perspective, en s’intéressant au sort de certains anti-héros et des super-vilains de l’univers de DC pendant l’apocalypse. Contaminé par le virus Anti-vie en remplissant un de ses contrats, Deathstroke se réveille le lendemain, au deuxième jour de l’infection, immunisé grâce à sa capacité à se régénérer tout seul. Pendant que le tueur à gages part à la recherche de sa fille, Rose, l’histoire nous emmène à Gotham, où Red Hood (Jason Todd) retrouve Orphan (Cassandra Cain) et le Commissaire Gordon, puis prend avec eux la direction de Blüdhaven, où ils se réfugient dans un orphelinat, encore occupé par des enfants.

Après avoir récupéré Rose, Deathstroke croise le Maître des Miroirs, qui est envoyé par Vandal Savage. Reclus sur une île avec un groupe composé de Deadshot, Captain Cold, Cheetah, Bane ou encore Lady Shiva, le criminel immortel lui propose de se joindre à eux, afin de mettre au point un antidote et de prendre le contrôle de ce qui reste de la Terre une fois que les super-héros seront tous morts. Rapidement, les événements s’enchaînent et après l’attaque d’une Wonder Woman infectée, certains super-vilains s’échappent de leur île grâce au Maître des Miroirs et se retrouvent dans l’orphelinat, enfermés avec les enfants, ainsi qu'avec ceux qu’ils ont voulu tuer pendant des années.

 

photoRéaction logique

 

NOT ALL HEROES WEAR CAPES

Alors que DCeased était d’abord un immense carnage dans lequel les héros mourraient en essayant de trouver un moyen de sauver l'univers, DCeased : Unkillables est une histoire de survie. Toujours aussi tragique et sanglante, mais plus simple, plus personnelle, plaçant la famille dès les premières pages, avec Deathstroke et Rose qui se raccrochent désespérément l’un à l’autre et Red Hood qui découvre les cadavres de Batman, Nightwing et Red Robin, étendus dans la Batcave.

 

photoÀ nouveau orphelin

 

DCeased : Unkillables s’intéresse aux laissés-pour-compte, aux sombres anti-héros, aux super-vilains de seconde zone et aux orphelins de Blüdhaven, voués à eux-mêmes, jusqu’à ce que Jason, Cassandra et Jim Gordon arrivent et soient rejoints par les super-vilains. Même si l'histoire est assez classique et se permet même certaines références à d'autres œuvres du genre, comme L'Armée des morts et ses bus blindés, Tom Taylor amène des rebondissements opportuns et surprenants tout au long de son récit, toujours avec le même amour pour les personnages de DC, mais aussi la même propension à vouloir les massacrer.

Le scénario s’adapte, change radicalement de ton et installe de brefs moments d’accalmie, qui permettent d’approfondir les sentiments des personnages et de s’intéresser à la façon dont coexistent et évoluent ces individus que tout oppose pour former ce qui se rapproche d’une famille. Des passages touchants et sincères, glissés délicatement au milieu du chaos, durant lesquels Deathstroke se confie à Gordon sur la perte de ses deux fils ou Cheetah reçoit une caresse sur la tête de la part d’une petite fille, qui humanisent les super-vilains, les montrent sous un nouveau jour et rendent leur mort encore plus déchirante.

 

photoDon't open, dead inside

 

En ce sens, le style graphique de l’équipe créative coïncide parfaitement avec le scénario de Tom Taylor. Les dessins de Karl Mostert sont plus clairs que ceux de Trevor Hairsine dans DCeased, aussi bien dans sa façon d’encadrer l’action que dans les détails, mais tout aussi violents et saisissants lorsque le massacre reprend inévitablement ses droits.

Ces traits plus fins, encrés par Trevor Scott, Neil Edwards et John Livesay, sont emplis d’une certaine douceur, auxquels les couleurs profondes de Rex Lokus viennent ajouter un impact encore plus important quand Solomon Grundy décapite ceux qui passent entre ses mains pour protéger les enfants ou lorsque Gordon découvre le cadavre de Barbara dans les décombres de Gotham.

Le récit aurait certainement mérité quelques pages de plus pour continuer de développer les personnages et éviter que Tom Taylor ne cède plusieurs fois à des facilités scénaristiques en utilisant le Maître des Miroirs ou la Wonder Woman infectée afin de faire sans cesse avancer l’intrigue. Mais ce rythme soutenu, effréné par moment, est en adéquation avec l’urgence et l’affolement qui peut régner à mesure que le dénouement approche et que les personnages se sacrifient pour amener les enfants à l’abri, jusque dans la jungle de Gotham tenue par Poison Ivy et Harley Quinn, dernier sanctuaire dans ce monde ravagé où les super-vilains deviennent des héros et où les héros deviennent des zombies.

 

photo

Résumé

DCeased : Unkillables est un excellent spin-off, aussi touchant que passionnant, largement à la hauteur du récit horrifique que Tom Taylor a lancé dans DCeased, si ce n’est plus.

commentaires

Arnold Petit - Rédaction
11/07/2020 à 13:02

@Jd34 Non, c'est bien le corps de Tim Drake. Damian Wayne a repris le costume de Batman dans DCeased et sera dans la suite, DCeased : Dead Planet. https://www.ecranlarge.com/livre-bd/news/1168584-dceased-tom-taylor-revele-le-nom-et-des-images-de-la-suite-de-son-comics-ou-des-zombies-envahissent-dc

Jd34
11/07/2020 à 02:14

Ce n'est pas Red Robin (Tim Drake), mais Robin (Damian Wayne)

Léo89
10/07/2020 à 15:02

Puisque vous faites un peu plus d'articles sur les comics, pourriez-vous consacrer une page au comics Tortue ninja aux éditions Hi Comics ? La série a besoin de lecteurs et elle en vaut carrément la peine, c'est une réédition des comics IDW qui redonne aux tortues leurs lettres de noblesse loin de l'image enfantine auquel on a été habituer.

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