Batman : Arkham Knight dévoile une Batmobile rutilante et un nouveau personnage mystérieux

Simon Riaux | 26 mars 2014
Simon Riaux | 26 mars 2014

La franchise Batman créée par Rocksteady a beau être solidement installée dans le cœur des joueurs, c'est à un sacré défi que doit répondre Batman : Arkham Knight, l'ultime volet consacré par le studio au justicier masqué. Après un rythme de sortie métronomique et un épisode précédent délocalisé à Montréal, pointé du doigt pour son manque d'innovation, il fallait plus qu'un portage next-gen d'une série menacée de se répéter pour conclure la saga en beauté. Après avoir pu assister à une demie-heure de démo in-game, le moins que l'on puisse dire, c'est que le challenge est en passe d'être relevé et avec un brio indéniable.


C'est beau une ville la nuit.


Alors qu'Arkham Origins avait été critiqué pour la relative fadeur de ses environnements et une gestion de la lumière beaucoup moins inspirée que chez ses prédécesseurs, les fans seront ravis d'apprendre que Gotham a retrouvé toutes ses couleurs, ou plutôt ses ténèbres. Oubliez la neige, les environnements industrieux dépourvus d'âme, la cité aux mille assassins brille de tous les feux allumés par des hordes de criminels enragés. La direction artistique, dans la droite lignée d'Arkham City, illumine les lieux aux couleurs d'un Halloween que l'on imagine sanglant. Le niveau de détail est impressionnant même pour de la next-gen et il arrive souvent que l'envie nous prenne de nous arrêter pour observer en détail une ruelle qui contient autant de détails que les très riches intérieurs visités dans les volets antérieurs. Pollution, pluie, vapeurs, déchets étalés sur la chaussée, la Ville jouit de centaines d'éléments et effets qui ajoutent encore à l'immersion. C'est bien simple, jamais Gotham n'avait semblé si vivant et gangrené par un mal aussi insidieux que grandiose.

Bat and furious


L'élément que nous attendions évidemment de découvrir et que cette présentation nous a donné l'occasion d'admirer sous toutes les coutures, c'est bien évidemment la Batmobile. Le véhicule s'impose d'emblée comme une réussite esthétique, parfait mélange du véhicule racé cher à Tim Burton et de l'engin de guerre de la trilogie Nolan. Puissante, on nous a montré peu de fonctionnalités du monstre, dont nous avons néanmoins appris qu'il est capable de tirer des obus incapacitants, défoncer quasiment tous les éléments du décor et nous récupérer à peu près n'importe où.

En effet, sur une simple pression d'un bouton, le bolide surgit en ravageant tout sur son passage pour nous embarquer. À l'inverse le joueur pourra s'éjecter quand bon lui semble, de préférence après une monstrueuse accélération, histoire de jaillir comme un boulet de canon. Parfaite pour vous récupérer après une chute ou un saut de l'ange spectaculaire, la Batmobile transforme radicalement l'expérience de jeu. Car si nous avons assisté à une mission de poursuite (intense et spectaculaire), ainsi qu'à la résolution d'un défi d'Enigma qui nous aura donné l'occasion de rouler sur les murs, au plafond et d'échapper à quelques pièges mortels, l'engin redéfinit surtout la géographie et son appréhension via le gameplay.

On s'inquiétait en effet de la navigation de Batman dans une cité cinq fois plus grande que par le passé, mais la vélocité de la Batmobile semble répondre très favorablement à cette interrogation. D'une formidable rapidité, elle modifie instantanément le terrain de jeu en lui offrant une belle horizontalité et surtout en multipliant la vie au sein de Gotham. Même si la ville est partiellement déserté suite aux menaces terroristes de l'Épouvantail, les criminels sont très nombreux et on croise très fréquemment des véhicules civils. Ajoutez à cela une quantité affolante d'éléments destructibles (poubelles, statues, arbres, murets, vitrines) et c'est une véritable fourmilière qui s'anime à l'arrivée de Batman. Les ennemis détalent en courant, les voitures s'écartent dans un crissement de pneus, tandis que les réacteurs du bouzin rougeoient de plaisir. Nul doute que pas mal de joueurs passeront de longues heures à arpenter Gotham à toute berzingue, ne s'interrompant que pour fondre sur un gang de criminels apeurés.

Friend or Foe ?


Autre surprise que nous réservait cette présentation : la découverte d'un personnage totalement inédit. Conçu en coordination avec les équipes de DC Comics, il s'agit d'un tout nouvel intervenant dans l'univers Batman, dont nous ne pouvons vous dire que peu de choses. Il intervenait à la toute fin de la démo à laquelle nous avons assisté et mettait Batman en très mauvaise posture. Lourdement armé et masqué, il nous a évoqué un mélange entre Deathstroke et Firefly. On ignore encore d'un nouvel adversaire, d'un potentiel allié ou d'un subtil mélange des deux. Ajouter sa pierre à l'édifice de la mythologie Batman, voilà quoi qu'il en soit un bel accomplissement pour l'équipe Rocksteady, qui parviendra peut-être à proposer un antagoniste ou un allié de choix au caped crusader. Une chose est sûre, sa première rencontre avec Batman s'annonce musclée et potentiellement très brutale.

Toutefois, on ne peut s'empêcher de lui trouver une certaine ressemblance avec Batma lui-même, notamment en raison des deux discrètes oreilles pointues qui singularisent son casque. N'oublions pas non plus le A au centre de son plastron, qui pourrait évoquer Arkham elle-même. D'où une questin lancinante : et si ce n'était pas Batman le Arkham Knight en titre ? Serait-ce ce mystérieux chevalier ? 

 

Il ne sera pas le seul membre du casting a bénéficier d'un soin particulier. Oracle (a.k.a Barbara Gordon) a en effet droit à une attention particulière puisque pour la première fois de la franchise elle devient plus qu'une voix nous offrant des informations, mais un personnage à part entière. Son laboratoire dissimulé dans l'horloge de Gotham faisait office de Batcave de fortune durant ce segment du jeu et jouissait d'ailleurs d'une remarquable décoration ainsi que d'une splendide gestion de la lumière.

De toute évidence, Barbara Gordon sera au centre de l'intrigue de cet épisode, les premières minutes mettant en avant sa relation avec Batman, son choix de dissimuler à son commissaire de père sa présence en ville à la veille d'une nuit de terreur. Si le personnage n'a logiquement plus rien à craindre du Joker et a déjà subit la blessure qui l'a immobilisé dans un fauteuil roulant, il est clair que la tournure que va prendre Batman : Arkham Knight, pensé comme un baroud d'honneur, pourrait bien lui réserver de funestes surprises...

Beauty of the beast


En dehors de ces éléments notables, la vie à Gotham n'a pas fondamentalement changé, mais tire pleinement parti de son support next-gen. Les bâtiments sont plus détaillés, beaucoup plus élevés et les sensations provoquées par les dénivelés du décor sont fantastiques. Les combats semblent rigoureusement identiques à la recette qui a fait leur succès, notons toutefois que Batman semble plus que jamais utiliser les éléments qui l'entourent pour briser les os de ses ennemis, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et si notre héros se veut non létal, il n'en demeure pas moins d'une réjouissante violence, n'hésitant pas à tordre les membres ou broyer les articulations de ses victimes dans d'excellentes cut scene.

Ces dernières nous ont paru mieux intégrées à la narration, plus finement mises en scène qu'à l'accoutumée. Un sentiment renforcé par l'absence de chargement, conséquence de la volonté de Rocksteady de ne jamais interrompre le sentiment de puissance que le jeu est censé inoculer au joueur. Cette fluidité rappelle les meilleurs heures d'Uncharted et confère effectivement à l'expérience une dimension immersive supplémentaire.

À l'aune de la présentation qui nous a été faite, on est tenté de voir dans Batman : Arkham Knight, la conclusion épique que mérite la saga excellemment gérée par Rocksteady. Espérons que l'ensemble du soft soit prêt à temps pour la sortie annoncée cette fin d'année. C'est peut-être là le véritable défi que devra relever le projet, tant son ambition semble dévorante. Grand pouvoir, grande responsabilités. Mais ça c'est une autre histoire... 

 

 

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