Space Marine : Imparfait mais attachant

Raphaël Carlier | 13 septembre 2011
Raphaël Carlier | 13 septembre 2011

Si la licence Warhammer 40 000 émerveille (et ruine) les amateurs de figurines et de jeux de plateau depuis plus de vingt ans, les amateurs de stratégie sur PC doivent être familiers avec l'univers de Games Workshop très bien retranscrit dans les incontournables Dawn of War 1 et 2 du studio Relic entertainement. Forts de cette expérience, les développeurs canadiens décident d'abandonner la stratégie au profit de l'action à la troisième personne. Riche idée ?

 

« Dans les ténèbres d'un lointain futur, il n'y a que la guerre »

 

Pour les néophytes, l'action de Warhammer 40 000 (40k pour les intimes) se situe au 41e millénaire, et narre les affrontements entre les forces de l'Empereur de l'Humanité représentés par la Garde Impériale et les Space Marines, contre de nombreuses espèces Xenos comme les Orks, les Eldars, les Tyrannides, mais surtout les infâmes forces du chaos qui corrompent leurs frères d'armes depuis dix milles ans. Le décor est planté. Bien qu'issu d'un "simple" jeu de plateau, cet univers de science-fiction est sans aucun doute un des plus riches existant. Les amateurs le savent, surtout les lecteurs des nombreux romans édités par feu Bibliothèque Interdite et maintenant par Black Library : le background est tout bonnement énorme. La déception en est d'autant plus grande de voir ce potentiel si mal exploité dans le jeu ! Les développeurs recyclent un scénario classique et sans saveur : Les puissants Space Marines viennent au secours de la garde Impériale débordée par les Orks, avant d'affronter les forces du Chaos invoquées par un agent corrompu. On s'attendait à bien mieux de la part d'un studio qui a prouvé son savoir faire et sa connaissance du sujet après sept jeux, si on compte les extensions des deux Dawn of War.

 

Un Inquisiteur... Le Chaos n'est sans doute pas très loin.

 

Gloire à l'Empereur

 

Fort heureusement, quand il s'agit de nous mettre dans la peau d'un Space Marine (du chapitre des Ultramarines pour être plus précis), le jeu s'en sort avec les honneurs. Ces êtres génétiquement modifiés qui incarnent l'élite de l'Empereur sont des colosses en puissance, équipés du meilleur arsenal disponible. Pour les amateurs de l'univers créé par Games Workshop, c'est un sacré fantasme qui prend vie à l'écran ! Ce qui nous amène à parler du gameplay du jeu. Vulgairement on serait tenté de dire qu'il s'agit d'un croisement entre Gears of War et un beat'em all comme God of War. Gears of War pour son arsenal jouissif et son action effréné à la troisième personne (ne cherchez pas de système de couverture, il n'y en pas malheureusement), et la saga de Kratos pour ses corps à corps violents. Aussi bourrin soit le jeu, et il l'est, il faut cependant alterner le tir et le corps à corps judicieusement, puisque le seul moyen de récupérer de la vie est de mettre à mort un ennemi de façon brutale sanglante après l'avoir sonné. Si le jeu s'avère bien plaisant manette en main, on regrette que la progression soit aussi linéaire, le joueur avançant le long d'un unique couloir pendant la huitaine d'heures que dure l'aventure. On aurait aimé plus de liberté et surtout plus de variété dans l'action. Si les quelques phases avec un réacteur dorsal dans le dos délivrent un sentiment grisant, les séquences de pilonnage sur un train ou dans un Valkyrie sont plutôt molles et sans saveurs.

 

Tout en finesse

 

Retranscription fidèle

 

Reste l'aspect esthétique. Le moteur du jeu, sans être renversant, est plutôt flatteur en dépit d'un rendu comics plus proche d'un Darksiders que du rendu tape à l'œil d'un Gears of War (encore lui). En revanche la modélisation des différents protagonistes et du bestiaire est tout bonnement parfaite, scrupuleusement fidèle aux figurines. S'y on retrouve les mêmes unités que dans les Codex des différentes armées du jeu de plateau, l'arsenal colle aussi parfaitement, en offrant suffisamment de pétoires au joueur pour prendre son pied. Mention spéciale au Bolter à lunette et surtout à l'épée tronçonneuse, sans qui Warhammer 40 000 ne serait pas Warhammer 40 000. Une fidélité qu'on retrouve à nouveau dans les décors gothiques et immenses, mais cruellement vides...

 

Cadeau pour les fans : un Titan sur lequel le joueur se retrouvera à batailler

 

Tarif de groupe

 

Le jeu dispose d'un mode multijoueur de facture très classique qui voit s'opposer différents Space Marines. L'intérêt étant surtout de pouvoir personnaliser son personnage aux couleurs du chapitre de son choix, de pouvoir choisir son allégeance (Chaos ou Empereur) et de débloquer de l'armement. On aurai bien vu un mode coopératif mais il faudra attendre le mois d'octobre pour qu'un DLC gratuit vienne offrir la possibilité aux joueurs d'affronter ensemble des vagues d'ennemis. Attention aux habitués de l'occasion, un code est nécessaire pour progresser au-delà du niveau 5 en multi. Un code disponible d'office si vous achetez le jeu neuf, ou moyennant finance pour les jeux de seconde main.

 

Handicapé par de sérieux défauts (linéaire, manque de punch, mal écrit), Space Marine profite néanmoins de l'attrait de l'univers de Warhammer 40 000 et assume pleinement son côté bourrin sans profondeur. Et même si le jeu n'effleure que partiellement le potentiel de son background, jouer un Space Marine c'est la classe ultime ! Un jeu imparfait mais attachant, qui à carrément de quoi ravir les fans. Pour les autres voilà un titre idéal le temps d'un week-end.

Le jeu est disponible sur PC, Xbox 360 et PS3. Développé par Relic Entertainment et édité par THQ.

L'invasion du Warp promet de sacrés panoramas vers la fin du jeu

Si la modélisation de ce Space Marine du Chaos en impose, la figure imposée du méchant n'échappe pas à la caricature

En octobre débarquera une mise à jour gratuite avec un mode coopératif

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