Dragon Age 2 : La digne suite du RPG de 2009 ?

Raphaël Carlier | 8 mai 2011
Raphaël Carlier | 8 mai 2011

Après l'immense Dragon Age : Origins qui renouait avec des chefs d'œuvres intemporels comme Baldur's Gate ou Icewind Dale, Bioware avait frappé très fort en proposant un jeu de rôle marquant et instantanément culte en dépit d'un côté old school assumé et d'une difficulté corsée. Les développeurs de Star Wars : K.O.T.O.R., Mass Effect ou l'enivrant Jade Empire prennent tout le monde à court en sortant Dragon Age II après à peine plus d'un an de développement quand le premier s'est fait désiré pendant sept ans ! Et en dépit d'indéniables qualités, la sortie précipitée de cette suite ne se fait pas sans heurts.

 

Une suite plus intimiste avec moins d'enjeux

 

Le premier volet vous voyait incarner un Garde des Ombres, un homme d'exception chargé d'endiguer l'Enclin provoqué par un Dragon démoniaque et ses hordes d'Engeances. Inspiré d'œuvres comme Le Seigneur des Anneaux ou Le Trône de Fer, le scénario était épique, passionnant, prenant place dans un monde captivant. La suite quant à elle prend une toute autre tournure puisque l'histoire se veut bien plus intimiste. Dans la peau de Hawke, un rescapé de l'Enclin, vous vous réfugiez à Kirkwall avec ce qu'il reste de votre famille en vue de gagner quelques piécettes pour subsister. Si déjà vous êtes obligé de jouer un humain au contraire de Dragon Age : Origins, qui vous proposait d'incarner un humain, un elfe ou un nain, les enjeux dramatiques cèdent leur place à une histoire plus intimiste, sans que vos actes façonnent considérablement le monde dans lequel vous évoluez comme c'était le cas auparavant. Malheureusement cette réduction de la portée de l'histoire est aussi valable pour l'air de jeu puisque les régions variées de Ferelden laissent leur place à la seule ville de Kirkwall et de ses environs. Un constat d'autant plus triste que les décors se répètent à foison. En revanche on découvre avec plaisir certains compagnons avec une forte personnalité, ce qui donne place à certains dialogues mémorables et des situations plutôt cocasses. La force de ce second volet, Bioware n'ayant pas son pareil pour composer des personnages hauts en couleurs. Mieux, votre avatar se veut doté de la parole histoire de lui donner plus de caractère. Malheureusement son doublage est très loin d'être convaincant et la roue de choix des dialogues empruntée à Mass Effect est plutôt mal traduite, ce qui fait que votre héros débite parfois des dialogues sans lien avec votre choix ! Mais si le jeu a subi un changement radical, c'est clairement du côté du système de combat...

 

Place à l'action

 

Des affrontements vous allez en avoir dans cette suite. Résolument plus musclé que son aîné, ce second volet se veut aussi bien plus dynamique et violent. En résulte une expérience de jeu radicalement différente que celle prodiguée par Origins. Au lieu de planifier vos combats à l'avance - de véritables moments de bravoures - les ennemis vous assaillent très vite et sortent de nul part par vagues successives. Pire, la vue du dessus qui faisait la force de la version PC d'Origins à tout bonnement disparue ! Peu pratique, surtout que le ciblage de vos ennemis est assez chaotique sur PC. Mais le sauce finit par prendre et si les combats sont bien plus bourrins que par le passé, le plaisir est là tout comme le sentiment de puissance qui découle de votre groupe d'aventuriers (puisqu'on dirige toujours notre héros et trois compagnons). L'arbre des compétences, qui regroupe toutes les capacités à débloquer en montant en niveaux, est plus lisible dans Dragon Age II, et c'est tant mieux.

 

New Look

 

L'aspect technique de Dragon Age : Origins avait été sévèrement pointé du doigt par les joueurs fin 2009. En revanche l'esthétique de l'ensemble et la direction artistique du jeu ne souffrait aucun reproches. Pour Dragon Age 2 la technique fait un bond en avant considérable. Les graphismes sont plus fin (surtout si vous téléchargez les textures en haute résolution sur la version PC), plus détaillés, et les animations et la modélisation sont bien plus soignées. Si on retrouve avec grand plaisir le monde imaginé de toute pièce par Bioware, certains personnages voir même certaines races (les engeances, les elfes) sont entièrement remodélisés avec plus ou moins de succès. Mais l'ensemble demeure assez solide, en dépit de l'aspect figé des décors et de leur redondance.

 

Différent, Dragon Age 2 l'est énormément comparé avec son aîné. S'il est plus adapté aux consoles une chose est certaine, la communauté va maintenant être divisée entre ceux qui aiment et ceux qui détestent. Les développeurs ont tenté la carte de la nouveauté, pas sûr que la recette fonctionne pour le troisième volet, surtout si son développement est aussi réalisé dans le rush. Reste un jeu très plaisant, qui vous occupera une trentaine d'heures au bas mot.

Dragon Age 2 est édité par Electronic Arts et disponible sur PC, Xbox 360 et PS3

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