John Wick Hex : l'adaptation en jeu vidéo qui met K.O. la concurrence

JL Techer | 7 janvier 2022 - MAJ : 07/01/2022 13:52
JL Techer | 7 janvier 2022 - MAJ : 07/01/2022 13:52

Respectant à la lettre l'esprit de la série, John Wick Hex arrive sur le PS Now. Le titre prend un parti pris risqué en offrant aux joueurs un jeu tactique plutôt qu'un shooter facile.

En seulement trois films, John Wick a bâti un monument cinématographique, rajeunissant le film d'action et offrant à Keanu Reeves un retour on ne peut plus mérité sous les spotlights. Ballet de violence chorégraphique sur fond de tragédie mafieuse, le polar néo-noir sous adrénaline de Chad Stahelski suinte la classe par tous les pores de la peau du stoïque Keanu. 

Au vu du succès pharaonique de la trilogie Wick, il paraissait inévitable que, tôt ou tard, il soit proposé à la sphère vidéoludique de se glisser dans la peau de Baba Yaga (en tout bien tout honneur). La licence semblait si porteuse que le simple label "John Wick" apposé sur n'importe quel produit dérivé aurait pu suffire à vendre du jeu vidéo au chaland avide de castagne stylisée. 

 

 

Mais au lieu de jeter en pâture aux lions un énième cover-shooter qui auraient pu être le choix de facilité, ou de commettre les mêmes erreurs que Starbreeze Studios pour le triste à pleurer FPS en VR John Wick Chronicles, les Anglais Bithell Games, auteurs de l'incroyable plateformer minimaliste Thomas Was Alone, ont pris le contre-pied de ce que pouvait attendre l'industrie. Le studio a ainsi choisi une formule tactique en semi-temps réel.

Avec l'arrivée du titre sur PS Now, l'occasion est parfaite pour se (re)plonger dans l'univers du tueur le plus classe des dernières années.

 

John Wick Hex : photoWick à contre-courant du marketing

Quel plaisir de vous revoir si tôt, monsieur Wick.

L'intrigue de John Wick Hex sert de préquelle à la série de films éponymes. Quelque temps avant que John ne rencontre sa future femme Helen, il était l'un des hommes de main les plus en vue de la Haute Table, société secrète cryptico-mafieuse à l'organisation quasi féodale. Cherchant à se venger de Wick pour une sombre histoire de famille évincée de la Haute Table, le mystérieux Hex kidnappe Winston et Charon de l'Hôtel Continental, et somme John de venir les chercher.

Si le scénario n'est pas le plus complexe qui soit, il fournit suffisamment de motivation pour donner envie d'aller de l'avant, découvrir les véritables intentions de Hex, et pour mettre en place des séquences d'actions à la hauteur de ce que tout fan de Wick peut attendre. Mais alors, comment justifier le choix du jeu de stratégie, et concilier ce choix avec des affrontements brutaux dans une alliance qui semble presque contre nature ? 

 

John Wick Hex : photoL'art de la négociation

 

Bithell Games a construit son jeu sur un principe simple : Baba Yaga est un tueur froid, inarrêtable, l'expert absolu dans son domaine. Par conséquent, il ne se contente pas de réagir aux stimuli environnants, il anticipe également chaque mouvement ennemi, et réfléchit froidement aux actions à mener en fonction des situations qui se présentent. Autrement dit, John Wick est certes un combattant hors norme, mais aussi un authentique stratège. CQFD. 

Afin de restituer au mieux l'aspect stratégique du combat, les développeurs ont opté pour un système que l'on qualifiera de "temps réel pausable", qui rappellera aux esthètes la mécanique d'Active Time Battle de la saga Final Fantasy, mais aussi X-com et SuperHot. Chaque action, déplacement, tir ou takedown à mains nues coûte un certain nombre de secondes à John ou à ses ennemis. Le soft pousse donc à gérer cette ressource avec le plus grand soin afin d'avoir toujours un coup d'avance (oui elle était facile) sur les sbires de Hex. 

John Wick Hex : photoTant de choix pour massacrer les ennemis

 

L'une des grandes forces du titre est sa capacité à pousser le joueur de l'avant. Dans une sorte de course contre la montre constante, obligeant à anticiper chaque décision adverse, on se surprend à vouloir avancer sans cesse, quitte à prendre tous les risques sur l'échiquier du combat, afin de retirer de chaque petite victoire une immense satisfaction. 

Satisfaction qui atteint des sommets lorsque John finit par boucler un niveau complet et que s'enclenche le replay retraçant son trajet à travers les ruelles parcourues, dans une chorégraphie morbide et brutale parfaitement esthétisée. On assiste alors à une séquence digne d'un anime, restituant à merveille l'essence violente de la saga John Wick, diablement bien mise en scène et soutenue par une identité artistique forte

 

John Wick Hex : photoBaba Yaga descend la concurrence

 

Si vis pacem, Para belle gueule

En optant pour une charte graphique basée sur un cel-shading (une technique d'ombrage donnant un effet anime/cartoon) du plus bel effet, le studio Bithell a pu proposer une direction artistique dont le trait acéré évoque les désormais antiques Fear Effect et Fear Effect : Retro Helix. Un choix qui a permis aux développeurs de s'éloigner de toute contrainte imposée par la course au réalisme, et donc de proposer des interprétations visuelles libres des acteurs de la saga de film, sans risque de s'attirer les foudres des fans (qui a parlé du syndrome Marvel's Avengers ?).

Le studio s'est même livré a quelques libertés de mise en scène toutes cinématographiques, en usant et abusant du split screen lors des scènes dévoilant l'intrigue, et en prenant à malin plaisir à citer les films de la trilogie, en particulier lors des scènes d'exécution, et dans l'attitude du héros lors de ses déplacements, regard froid et arme à la main. Le jeu transpire à la fois la passion des développeurs pour le média jeu vidéo, et pour le matériau John Wick

 

John Wick Hex : photoTeddy Riner, sors de ce corps

 

John Wick Hex saisit et restitue à merveille le sens du style des films. De l'esthétique néo-noir presque intemporelle, à la bande originale d'Austin Wintory qui n'a pas à rougir des scores de Tyler Bates sur la saga filmique, en passant par les doublages de Ian McShane et Lance Reddick qui reprennent leurs rôles pour l'occasion, tout le coeur artistique de John Wick est bel et bien là. 

Certes, le jeu n'est pas parfait, on pourra lui reprocher entre autres une IA parfois un peu légère, des boss pas vraiment mémorables, et un pic de difficulté lors du dernier quart du titre. Mais J.W.Hex reste un excellent divertissement, et on ne peut que saluer la prise de risque du studio Bithell pour son approche à la fois risquée et maitrisée, très originale de l'adaptation du matériau de base. À n'en pas douter l'une des adaptations de film en jeu vidéo les plus satisfaisantes du marché actuellement. 

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commentaires
Delicatesstef2
07/01/2022 à 21:39

Kyle, le jeu est dispo sur à peu près toutes les plateformes (même sur smartphone je crois) :)

Kyle Reese
07/01/2022 à 13:57

Pas du tout convaincu. J'aurai préféré un jeu façon Max Payne par ex. Ou alors un jeu hybride façon Sifu mais là ça ne me tente absolument pas. Et comme je n'ai pas de PS de tout façon ...

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