Tormented Souls : le digne descendant de Silent Hill et Alone in the Dark ?

Riku | 22 juin 2021 - MAJ : 22/06/2021 15:48
Riku | 22 juin 2021 - MAJ : 22/06/2021 15:48

Un survival horror, avec un manoir hanté et des monstres, et des inspirations Resident Evil, Silent Hill et Alone in the Dark ? Bien sûr qu'on va sauter dessus avec la démo.

Parfois, il ne suffit que de deux frères jumeaux, Gabriel and German Araneda, et d’un petit studio espagnol appelé Dual Effect Games pour réussir à raviver la flamme des fans de survival horror. 

Tormented Souls entend en effet renouer avec les fondamentaux mêmes du genre, en s’inspirant d’œuvres comme Resident EvilSilent Hill ou encore Alone in the Dark. Pétri de bonnes intentions, le jeu s’est dévoilé avec une démo d'une trentaine de minutes réjouissantes, mais pas dénuées de défauts pour autant.

 

 

L’âme du survival horror

Tormented Souls nous place dans la peau d’une jeune femme répondant au nom de Caroline Walker, qui enquête sur la disparition de deux sœurs. Son investigation la mène alors au manoir Wildberger, qui est en réalité un hôpital isolé et chargé d’histoire. Alors qu’elle fait ses premiers pas dans la bâtisse, une ombre l’assomme et l’enlève. Elle se réveille sept jours plus tard, nue dans une baignoire, un tuyau encastré dans sa bouche, un œil en moins et des questions plein la tête.  

Au-delà du clin d’œil évident à une certaine légende urbaine, il faut avouer que cette introduction, aussi maladroite techniquement soit-elle, a le bon goût de nous mettre dans l’ambiance directement. Une ambiance posée et calme, s’accompagnant d’une tonalité sonore lugubre qui renvoie directement à nos premières amours du genre du survival horror.

Impossible de juger l’histoire en l’état, car si l’on rencontre bien un prêtre et que l’on a le droit à quelques journaux à lire nous en apprenant plus sur le passé de la demeure, il n’y a pas assez d’éléments pour pouvoir en dire grand-chose - même si on voit déjà venir les grosses ficelles du scénario. Il est clair par contre que Tormented Souls charme par sa proposition artistique.

 

photoSalle de bain de sang

 

La guerre des manoirs

Et pourtant, on en a arpenté des manoirs et autres habitations ténébreuses au cours de nos longues années d’expérimentation d’œuvres horrifiques. Mais Dual Effect Games a mis le paquet sur son décor dont dépend l’identité même du jeu. Et si on a très vite pensé à un certain titre de Capcom, ou encore à de nombreux films du genre (y compris les mauvais) employant une maison comme cadre de l’action, on ne peut pas dire que l’on a été insensible aux charmes de Tormented Souls pour autant.

Le jeu est bien aidé par une direction artistique habile, qui mêle avec brio le concept de l’hôpital lugubre et désaffecté avec l’ancien du manoir ; avec une mention spéciale aux tableaux qui ornent les murs, tous plus dérangeants les uns que les autres. S’instaure alors dès les premières minutes une atmosphère lourde qui nous rappelle de vieux souvenirs dans lesquels on n’osait franchir la porte qui se dressait devant nous, car trop peureux de découvrir ce qui se cachait derrière. Et c’est exactement ce qui ressort ici : un sentiment de vulnérabilité, qui fait que l’appréhension et la peur deviennent vite nos seules amies dans ce lieu obscur.

 

photoCharmante demeure

 

Le jeu iconise aussi très intelligemment ses figures horrifiques en évoquant, au travers des journaux trouvés, d’étranges cultes pratiqués par des personnes habillés de combinaisons masquées. Sans oublier ces statues d’apparence antique, aux visages dissimulés derrière des masques à gaz, ce qui n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler le douloureux souvenir du Meurtres à la St-Valentin de 2009.

On comprend alors grâce à ce curieux mélange que l’hôpital est une couverture et que tout ceci est bien plus compliqué et mystique qu’il n’y parait. Difficile alors de ne pas penser à des expérimentations diverses et variées sur les patients, sans véritablement en savoir plus pour le moment.

 

photoSOS médecin

 

Torturé par le passé

Mais derrière ce programme familier et intrigant, il y a quelques craintes. Car Tormented Souls est à la fois satisfaisant et bancal côté gameplay. On parle là d’un jeu à la troisième personne de type Resident Evil (la souplesse en plus reconnaissons-le), qui nous demande donc de résoudre des énigmes et de partir à la recherche d’objets pour progresser. Armés au départ de notre seul briquet, nous voilà partis dans les couloirs sombres du manoir.

Si le gameplay n'est pas mauvais, il gagnerait à proposer un inventaire plus ergonomique, surtout à la manette, et peut-être aussi quelques possibilités qui semblent obligatoires aujourd'hui, et qui ne dénatureraient pas le postulat old school du titre. Au hasard : un demi-tour rapide, ou encore la possibilité de changer d’armes sans passer par la case inventaire, histoire de ne pas couper l’action sans arrêt.

Ce dernier point est d’autant plus dommageable qu'il est nécessaire de switcher régulièrement entre les armes et le briquet, car dans Tormented Souls, rester dans le noir total tue. De légers soucis qui ne nuisent pas trop à l'expérience de jeu globale, notamment parce que Tormented Souls se place dans la lignée de jeux dont il utilise les poncifs à bon escient. 

 

photoAu menu : du old school

 

Rayon énigmes, oubliez le dernier village de loups-garous visités. On retrouve ici de vrais casse-têtes de survival horror, qui demandent bien souvent de collecter et de combiner des objets trouvés un peu partout dans le décor. La lecture est également primordiale pour comprendre comment résoudre certains mystères et très sincèrement, il apparait clair que rien ne vaut de bonnes vieilles énigmes à l’ancienne.

Pour le système de combat, rien à signaler, si ce n’est que Tormented Souls semble plus proche des mécaniques d’un Silent Hill que d’un Resident Evil, puisqu'il faudra autant tirer que se servir d’armes au corps-à-corps. Bien souvent, on met à terre l’ennemi (au design assez douteux et peu inspiré au passage) en lui tirant dans le buffet avec un pistolet à clou, pour le finir au pied-de-biche. Certes, c'est rigide, mais le résultat se marie bien avec le concept même du jeu. À voir néanmoins ce que ça donnera dans la durée, car les quelques séquences d’action n’ont pas brillé par leur précision.

 

photoVery Alone in the Dark

 

Alone in a silent residence

Impossible de ne pas s'attarder sur les inspirations. Tormented Souls adopte un système de caméras fixes comme Resident Evil, avec néanmoins une mise en scène plus dynamique, qui suit le personnage avec des travelings, comme dans un Silent Hill ou certains Resident Evil à partir de Code Veronica. On évolue alors entre ces deux concepts pour un résultat plus que satisfaisant, les développeurs ayant su jouer avec les angles de caméra pour réussir à parfois nous surprendre.

Sans surprise, le jeu est un hommage au genre. À tel point qu'il propose même un univers alternatif cauchemardesque à la manière de Silent Hill, atteignable en passant au travers de miroir - comme The Evil Within oui. Et si la démo n'offre qu’une très (trop) brève occasion de le découvrir, on a pu voir que des énigmes à résoudre demanderont des interactions dans l’un et l’autre des mondes, voilà qui promet. 

 

photoAmbiance bougies et murs qui suintent

 

Les décors eux-mêmes sont habités par la révérence à l’âge d’or du survival horror, avec une 2D précalculée du plus bel effet. D’autres détails, comme l’inventaire, le principe de la gestion des ressources, ou même les salles de sauvegardes, sont de la partie. Les développeurs semblent savoir où ils vont et comment, et le plus beau, c’est que ça tient la route. On n'a jamais l'impression de jouer à une mauvaise copie d'un jeu culte, mais bien à une nouvelle aventure du nom de Tormented Souls.

 

photoUn coup de magnéto et ça repart

 

ATTENTE CONFIRMÉE

Bel hommage aux mastodontes d’antan, Tormented Souls n’en garde pas moins sa propre identité, qui devra être confirmée sur la durée après cette démo. Il y a encore des doutes sur le scénario et la technique, avec pas mal de points bancals - notamment les modèles de personnages vieillots qui, par exemple, ne prennent même pas la peine d’ouvrir la bouche quand ils parlent.

Mais pour les fans de survival horror, le titre de Dual Effect Games s’annonce comme une véritable petite pâtisserie de grand-mère, qui pourrait se révéler plus savoureuse que nos gâteaux industriels d’aujourd’hui. Affaire à suivre donc.

Tormented Souls sortira courant 2021 sur PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch et Windows.

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