Resident Evil Village : on a classé tous les jeux de la saga, du pire au meilleur (2ème partie)

Geoffrey Crété | 7 mai 2021 - MAJ : 07/05/2021 15:02
Geoffrey Crété | 7 mai 2021 - MAJ : 07/05/2021 15:02

Resident Evil 8 : Village arrive (notre test par ici), et on a classé tous les jeux majeurs de la saga, du premier à Resident Evil 7, en passant par Code Veronica, Revelations et les remakes. Quels sont les meilleurs et les pires Resident Evil ?

25 ans, une quinzaine de jeux principaux et presque autant de dérivés, des films d'animation, une saga au cinéma avec Milla Jovovich qui a rapporté plus d'un milliard, un reboot attendu au cinéma fin 2021, deux séries Netflix dans les tuyaux : Resident Evil est plus qu'incontournable.

Arrivée au stade où elle semble plus avancer dans le recyclage que la nouveauté, avec plusieurs remakes plus ou moins réussis en parallèle de nouveaux jeux, la franchise de Capcom continue d'être une référence. Et le huitième opus, intitulé Village, est particulièrement attendu, dès le 8 mai.

C'est donc une parfaite occasion pour classer tous les épisodes principaux, du pire au meilleur. Il y a eu des larmes et des cris, et ça n'engage que nous - et le classement se focalise sur les épisodes majeurs, excluant donc The Umbrella Chronicles, Outbreak, The Darkside Chronicles et autres.

Retrouvez la première partie du classement par ici.

 

photoVous êtes parmi les élus

 

7. RESIDENT EVIL : CODE VERONICA 

Il se passe quoi : Devenue une warrior après Resident Evil 2, Claire Redfield cherche son frère Chris, et se retrouve sur une île pénitentiaire pas très catholique tenue par Umbrella. Bien sûr, ce foutu virus a transformé la population en sales zombies. Elle va rencontrer la famille Ashford, derrière Umbrella puisque Alfred a créé l'entreprise avec Oswell E. Spencer et James Marcus.

Cet Alfred est parfaitement timbré, et se prend régulièrement pour Alexia, sa soeur jumelle cryogénisée depuis qu'elle s'est inoculé le virus T-Veronica. Tout ça finit en Antarctique dans un autre labo d'Umbrella plein de monstres, avec Chris venu à son tour secourir sa sœur, tandis que ce foutu Wesker traîne pour récupérer le virus. Il y a aussi Steve, un mec rencontré sur l'île, qui tombe amoureux de Claire, mais finit en monstre à la Hulk, qu'elle doit donc tuer.

 

photo Modernité qu'on vous dit

 

Le meilleur : Peut-être l'un des épisodes les moins estimés, en partie parce que le carton de Resident Evil 2 a donné le tournis aux équipes et créé une drôle de situation. Conçu à l'origine comme une suite directe, cet épisode avec Claire Redfield a été développé en parallèle à un jeu avec Jill Valentine, situé autour des événements de RE2. C'est lui qui deviendra Resident Evil 3, pour garder les épisodes numérotés sur PlayStation. Donnant ainsi au retour de Claire un parfum d'épisode à part.

Code Veronica était, avant Resident Evil 4, le premier pas d'un univers qui s'étend. Loin des États-Unis, le jeu ouvre de nouveaux horizons, avec une ambiance gothique et une partie dans les glaces de l'Antarctique. Le sortir directement sur Dreamcast était également un pari, qui permettait de moderniser la série (pour la première fois, un moteur graphique 3D qui sort des décors précalculés). Un choix qui a également condamné l'épisode, peu vendu.

Néanmoins, Code Veronica reste le dernier épisode de l'âge d'or, dans la lignée directe des premiers. C'est un point d'équilibre fragile, avec la tentation de l'action bourrine omniprésente, mais presque toujours rattrapée par une ambiance très soignée, qui lorgne clairement vers l'horreur old school. D'un manoir halluciné, décoré de cadavres et de velours, à un boss Nosferatu qui semble sorti de Silent Hill, l'épisode est riche en visions cauchemardesques.

 

photoLes ailes de l'enfer

 

Le moins bon : Code Veronica montre déjà bien les premiers symptômes d'une franchise en pleine mutation, qui glisse vers le grotesque. Il n'y a qu'à voir ce que devient Wesker, en pleine parodie de Matrix, pour constater que quelque chose commence à sérieusement dériver dans cette mythologie hier un peu basique, et désormais bien bête. De là à se dire que c'est le début de la fin...

La niaiserie omniprésente n'arrange rien. Entre Steve le-rebelle-qui-n'a-pas-confiance-en-les-gens, des musiques qui semblent parfois sortir d'une scène neuneu de Final Fantasy, et quelques scènes gênantes (Claire qui troque ses mitraillettes contre les flingues dorés, avant de ricaner), ce Code Veronica commence à aligner de gros faux pas. Dommage pour le personnage de Claire, grande héroïne de la saga, qui avait droit à son aventure (presque) solo. Car si elle avait évité la romance avec Leon dans Resident Evil 2, elle y aura droit ici. Et c'est mauvais, et déjà oublié.

 

photoMonsieur Nosferatu

 

6. RESIDENT EVIL 4

Il se passe quoi : Six ans après RE2, Leon est chargé par le gouvernement américain de vivre un remix de New-York 1997 (Lock Out) : sauver Ashley, la fille du président kidnappée par une mystérieuse secte en Espagne. 

Très vite, Leon croise des habitants légèrement siphonés et violents, prêts à le découper à la tronçonneuse. Ils sont sous l'emprise d'une secte qui utilise Las Plagas, un parasite qui réduit sa victime en esclave. Cette secte des Illuminados a capturé Ashley pour l'infecter, afin qu'elle contamine son puissant papa, pour au final contrôler le monde (rire diabolique). Leon est en plus lui-même infecté.

Dans ce cirque moyenâgeux, Leon recroise la fatale Ada, qui l'aide à retrouver Ashley, capturée pour la douzième fois. Il affronte Krauser, un ancien collègue qui a enlevé la petite pour le compte de Wesker, qui emploie aussi Ada. Parce qu'Ada, elle est mystérieuse, mais sexy, mais gentille, mais méchante, puisqu'elle se tire avec un échantillon de Las Plagas. Leon et Ashley parviennent finalement à s'enfuir, avec comme d'habitude l'explosion du décor en fond.

 

Photo Leon KennedyTroll Hunter

 

Le meilleur : RE4 est la grande première révolution de la saga, qui a redynamisé le business (c'est toujours l'une des meilleures ventes de la saga) et ouvert en grand les portes d'un avenir sous le sceau de l'action. Le pari était risqué, puisque le jeu tranche radicalement avec les précédents : vue à la troisième personne avec une caméra accrochée à l'épaule du personnage, glissement vers l'action et shoot pur et dur, et grosse dose de spectacle (explosions et autres QTE à la chaîne). Désormais, la question n'est plus de survivre et compter ses munitions, mais tout détruire et compter les têtes explosées.

Avec une bonne quinzaine d'heures au compteur, RE4 est un ride éprouvant et haletant, qui enchaîne sans relâche ni pitié les affrontements en tous genres. Un Massacre à la tronçonneuse en Espagne, une créature aquatique, un troll, un monsieur colonne-vertébrale, un Wolverine moyenâgeux ou encore un copain soldat-ninja : le programme est copieux, et les montées d'adrénaline aussi.

Le jeu bénéficie aussi d'une ambiance alors toute nouvelle, dans un cadre géographique inattendu, qui apporte de nouvelles couleurs et vibrations. Même si les labo et compagnie sont de la partie, RE4 est ainsi placé sous le signe des vieux châteaux et des campagnes désolées.

 

Photo Leon KennedyAdios amigos

 

Le moins meilleur : Abandonnant toute illusion de ce côté, RE4 se contente d'enchaîner les niveaux et décors, avec une construction particulièrement basique. Aller d'un point A à un point B, sauver Ashley une énième fois, affronter un ennemi dans une arène, vaincre un QTE insupportable : le chemin devient vite très balisé, malgré les efforts pour constamment surprendre avec une explosion ou autre.

Le jeu marque sinon le plongeon officiel dans la série B tendance Z, particulièrement dans la troisième partie sur la zone militaire, avec le copain Krauser qui-n'est-pas-mort-et-est-devenu-méchant, et bien sûr Ada Wong, toujours bloquée dans son rôle de femme-fatale-pas-si-méchante. Tout ça est visiblement assumé, vu la mise en scène kitsch à grands coups de ralentis et explosions en arrière-plan. Il y a moyen d'en rire, mais aussi de verser une petite larme vu que ça a ouvert la voie à RE5 et RE6.

 

photoMais puisque je te dis que je suis méchamment gentille

 

5. RESIDENT EVIL 3 : NEMESIS 

Il se passe quoi : Quelques mois après le premier jeu (et 24 heures avant Resident Evil 2), Jill enquête sur Umbrella, mais le virus a fait son chemin et grignote Raccoon City. Visiblement surprise en pleine soirée au Macumba vu sa tenue, elle tombe sur Nemesis, une créature chargée d'éliminer tous les membres de STARS pour effacer les traces d'Umbrella.

Jill est aidée par Carlos, qui la sauve lorsqu'elle est infectée par le satané virus. Mais Nemesis lui colle aux basques et l'heure tourne, parce que la ville va être rasée par un missile nucléaire. À la fin, les gentils survivent et Jill a la rage contre Umbrella.

 

photoPasser de la tenue S.T.A.R.S. à la tenue du samedi soir en boîte : LE mystère du jeu

 

Le meilleur : Tout en restant dans la lignée de RE2, qui alternaient intérieurs et extérieurs, RE3 y va plus franco dans l'action à ciel ouvert. Raccoon City est désormais le grand terrain de jeu à explorer et surmonter, pour célébrer les derniers jours de la cité des enfers. En articulant pour la première fois tout le scénario autour d'une menace unique, ce troisième opus s'écrit comme un compte à rebours, contre un boss increvable qui en veut personnellement à Jill Valentine.

D'où le sentiment d'avoir sous les yeux un parfait hommage à la bonne série B de zombies, entre l'oppression massive de zombies à George A. Romero, et l'aventure spectaculaire. Ce n'est pas un hasard s'il est désormais possible d'esquiver les coups : c'est l'action qui prime, et tout ça carbure au stress de savoir que le grand méchant reviendra tôt ou tard.

Nemesis à lui seul mérite l'attention, tant ce colosse a marqué les esprits. Bien plus que le Tyran et Mister X, cette créature monstrueuse semble animée par une soif de vengeance trop humaine pour ne pas être perturbante. Qu'il râle son fameux "STAAAAARS", fasse voler en éclat une fenêtre ou rode avec son thème musical inquiétant, Nemesis plane sur RE3 comme un magnifique oiseau des enfers - inspiré par Terminator 2 : Le Jugement dernier pour rappel. Et à l'époque, il était précisément très beau et impressionnant, comme tout le jeu.

 

photoÇa me dit quelque chose

 

Le moins meilleur : RE3 est né dans un certain chaos. Après le succès de RE2 et alors que la PlayStation 2 arrivait, Capcom cherchait à organiser la suite des opérations ; et ce qui devait être un petit jeu dérivé, avec un nouveau personnage dans Raccoon City est devenu l'officiel troisième opus, centré sur Jill.

Le scénario a ainsi été écrit dans une autre dynamique, différente des deux premiers jeux. Code Veronica était développé en parallèle, empêchant d'utiliser Claire et Chris, et Nemesis a finalement gagné le prix du troisième opus officiel pour assurer une continuité claire pour les joueurs (alors que le jeu se déroule entre RE1 et RE2, et que Code Veronica est la vraie suite chronologique, au fond).

Tout ça a peut-être contribué à simplifier ce nouveau jeu, souvent très (trop) familier pour réellement emballer. En reprenant toutes les bases des deux précédents jeux, en réutilisant même des morceaux de décor (retour au commissariat), RE3 n'a pas pris de risque. Et malgré l'identité forte de Nemesis et la force du personnage de Jill, le jeu reste plus limité que ce qui est arrivé avant, et après.

 

photoC'est moi la STAR

 

4. Resident Evil 2 (remake)

Il se passe quoi : Retour en enfer pour Claire et Leon, mais avec plus de pixels, et un Mister X qui leur en veut vraiment personnellement sous ses allures de pédophile en imper XXL.

Le meilleur : C'est un modèle de bon remake, bien pensé et bien exécuté, qui rend parfaitement hommage à l'original tout en le réinventant en finesse. D'un côté, ce nouveau RE2 reprend tous les grands souvenirs du jeu, et rend justice aux décors, ennemis et énigmes majeurs. Ce retour au commissariat de Raccoon City est un plaisir immense, parce qu'un parfum de nostalgie y flotte. Jamais il n'y a la sensation d'une tromperie sur la marchandise, ou d'un choix arbitraire pour évacuer une étape importante du jeu d'origine - comme le remake de Resident Evil 3.

De l'autre, ce RE2 repense profondément le cauchemar. Normal : au-delà de l'avancée technologique, le gameplay moderne bouleverse totalement l'approche de l'horreur et de la survie. Les angles pré-calculés ont laissé place à une caméra dynamique, a priori très ordinaire. Hier, tout était construit sur les cadrages très cinématographiques, bloquant une perspective ou attirant l'attention sur un élément du décor. Le regard était dirigé, dans un pur hommage aux films de genre, comme lors de la première rencontre avec un licker dans un couloir.

Désormais, la pression est littéralement laissée sur les épaules du personnage, créant une tension fabuleuse dans ces coursives exigües, ainsi qu'un sentiment d'étouffement lorsqu'il faut faire demi-tour ou découvrir ce qui se cache au coin du mur. La peur a muté, et c'est cette évolution assumée qui donne tant de force au remake.

 

photoMort dans 3, 2, 1...

 

D'où ce grand bonheur face à une aventure familière, mais constamment étonnante, qui se dérobe chaque fois que le confort semblait prendre le dessus. L'accent mis sur Mister X en croque-mitaine pèse évidemment beaucoup dans la balance, le colosse transformant l'aventure en pur cauchemar sans fin lorsque ses pas retentissent à l'étage supérieur, avant de se rapprocher. La peur et la parano sont omniprésentes, comme si chaque minute passée à réfléchir à une énigme ou se repérer dans ce labyrinthe nourrissait le Mal, et resserrait l'étau. C'est souvent une réalité, qui transforme RE2 en grand ride horrifique.C'était l'ambition du RE3 original avec Nemesis, et c'est le remake de RE2 qui lui rend justice.

Enfin, clou du spectacle : la survie est le mot d'ordre, puisque même sans aller en mode difficile, RE2 est un sacré défi. Bien souvent, la fuite sera la seule issue, et elle impliquera une blessure inévitable. Et sans être vertigineuse, la durée de vie (environ 8 heures) est boostée par la rejouabilité indispensable avec l'autre personnage.

 

photo"Vous ne passerez pas !"

 

Les bémols : RE2 n'est jamais aussi fort que lorsqu'il joue la carte de la tension, de l'attente et de la fuite. Dès qu'il passe par la case boss, le remake revient dans les sentiers battus, avec une arène appréhendée en 10 secondes, et une baston très simple à comprendre. Ces phases n'étaient certes pas les plus réussies du jeu de 1998, mais bénéficiaient des designs mémorables des monstres. Ici, ces moments dénotent un peu, et ramènent le jeu dans un cadre trop attendu.

Un "détail" légèrement honteux : les musiques originales si mémorables de Masami Ueda, Shusaku Uchiyama et Syun Nishigaki, sont disponibles pour les nostalgiques... à condition de se payer ce petit bonus. Sachant que la musique du remake est nettement moins mise en avant, c'est un coup bas.

 

photo"Comment ça je dois PAYER ?"

 

3. Resident Evil (remake)

Il se passe quoi : Retour en enfer pour Jill et Chris, dans un manoir Spencer un peu noir et terrible, grâce à des zombies plus coriaces, quelques zones nouvelles et Lisa Trevor, bien sûr (qui avait été coupée du jeu original).

Le meilleur : D'abord sorti sur Gamecube en 2002, ce remake est un peu resté sous les radars jusqu'à la sortie du remaster en 2015, notamment sur PlayStation et Xbox. Nul doute que ce Resident Evil surnommé REbirth a souffert du business, comme Code Veronica sur Dreamcast à son époque. Heureusement, le temps a un peu joué en sa faveur, vu la réussite éclatante de ce remix du premier opus de la saga.

Comme le remake de RE2, c'est l'équilibre parfait entre hommage et réinvention, avec néanmoins une allure old school revendiquée et très soignée. Des angles de vue pré-calculés (mais version modernisés, comme Code Veronica justement) aux portes-écrans de chargement, ce remake joue à fond la carte de la nostalgie. Un choix qui, combiné avec les possibilités alors spectaculaires des nouvelles consoles, donne une ambiance délicieusement flippante et hors du temps.

 photoQui a éteint la lumière ?

 

Les jeux de lumière, les textures poussiéreuses et les environnements redessinés changent profondément la donne. Le manoir Spencer change de couleur, et abandonne les teintes orangées et lumineuses pour disparaître dans un nuage sombre et gothique. Et les surprises ne manquent pas dans ce nouveau cauchemar. C'est comme la toute première fois, mais en mieux (sauf l'élément de totale surprise et révolution).

Ce remake s'amuse en plus avec les fans en modifiant pas mal de choses. Entre Lisa Trevor et les zombies qui ressuscitent (à moins d'être brûlés ou d'avoir perdu leur tête avec un bon coup de fusil à pompe) pour devenir bien plus gênants, en passant par beaucoup de nouveaux lieux au charme certain, il y a de quoi se laisser (re)prendre au jeu.

Le moins meilleur : Pour pas mal de monde, le choix de largement conserver le gameplay rigide des origines a été un frein.

 

photo Jill quand elle est habillée sérieusement

 

2. RESIDENT EVIL 

Il se passe quoi : Quelque chose d'étrange se passe dans les montagnes d'Arklay, autour de Raccoon City, où les disparitions et cadavres se multiplient. Envoyée pour enquêter, une première équipe commando des forces S.T.A.R.S. a disparu. Une deuxième est envoyée, mais elle est attaquée, et se réfugie dans un manoir.

Jill Valentine et Chris Redfield vont découvrir que l'entreprise Umbrella mène des expérimentations secrètes dans cet endroit, autour du Virus-T. Et que leur boss Wesker est un traître, à la solde de la compagnie.

Wesker est finalement tué (pour la première des douze fois à venir), et le premier Tyrant aussi. Les héros s'envolent tandis que le laboratoire explose (sauf dans la mauvaise fin, où en plus, seul le héros choisi survit).

 

photoUn pixel-zombie dans le placard

 

Le meilleur : Difficile de ne pas célébrer là où tout a commencé. Capcom et Shinji Mikami se sont bien entendu inspirés du premier Alone in the Dark, monument du survival horror conçu par des Français en 1992, mais la réussite de ce premier Resident Evil n'en demeure pas moins grande. Passé une intro qui ressemble à un court-métrage d'Uwe Boll, le cauchemar se révèle par couches successives au gré des pièces et trouvailles, avec une foule de surprises derrière le décor a priori ordinaire du grand hall. C'est un véritable voyage au-delà du réel, d'une richesse horrifique démente.

Comment ne pas parler de cette première apparition de zombie, au fond d'un couloir ? Comment oublier ce foutu serpent venimeux, ces guêpes inattendues, et ces requins improbables ? Comment ne pas avoir en tête des images très nettes de ces égouts, ce sous-sol, ces jardins gothiques, ou ces labos des enfers ? L'imaginaire horrifique de ce premier opus reste incroyablement riche, piochant dans l'horreur, la SF et le fantastique, avec une touche de gore et de thriller parfaitement maîtrisée.

Ce premier scénario simple et diablement efficace est une référence, et la mise en scène, un trésor dans le genre (l'apparition des chiens avec les fenêtres, la cinématique en vue à la première personne du Hunter, et bien sûr les écrans de chargement qui servent de pauses terribles).

Resident Evil premier du nom est un modèle à l'efficacité indéniable, d'où rien ne dépasse tant il est maîtrisé, et pensé avec intelligence. Et la fantastique musique d'Akari Kaida (First Floor Mansion, Forest is DEAD, Mansion Basement, More Rooms...) est la cerise sur ce gâteau d'angoisse.

 

photoOn se souvient de toi

 

Le moins meilleur : Rien à signaler, au-delà de l'inévitable, mais anodin problème du temps qui a passé. Le coup de vieux pixels/gameplay reste mineur. Et ce qui a le plus vieilli, c'est bel et bien l'intro du jeu, à l'époque glorieuse où on pensait que c'était une bonne idée d'intégrer des scènes tournées avec de "vrais" acteurs.

 

  

1. RESIDENT EVIL 2

Il se passe quoi : Deux mois après le premier jeu, Leon S. Kennedy et Claire Redfield arrivent à Raccoon City. Il est heureux pour son premier jour comme policier, et elle vient chercher son frère Chris. Ils sont réunis par un zombie dans un restau, et séparés par un zombie dans un camion.

Leon va tomber sur Ada Wong, espionne-mais-pas-trop qui veut voler le virus à Umbrella, et est poursuivi par un Tyrant. Claire, elle, va protéger Sherry, fille des scientifiques d'Umbrella Annette et William Birkin. Il a créé le G-Virus, se l'est injecté pour le protéger, et est devenu un monstre. Il implante un embryon en Sherry. 

À la fin, Sherry est sauvée, tout explose. Claire va chercher en frère en Europe (Code Veronica), et Leon veut se venger d'Umbrella.

 

Photo Claire Redfield, Leon Kennedy, Resident Evil 2 RemakeSur le boîtier

 

Le meilleur : Serait-ce la suite parfaite à un jeu assez parfait ? Fort possible. Lancé sitôt le premier terminé, Resident Evil 2 a pourtant eu un développement compliqué. La première version (renommée depuis Resident Evil 1.5) a été stoppée alors qu'elle était quasi terminée, Shinji Mikami considérant que le résultat n'était pas satisfaisant en termes de gameplay et direction artistique. Le réalisateur du premier opus voulait en plus conclure l'histoire avec cette suite, ce qui a créé d'inévitables tensions en coulisses.

Engagé pour reprendre le scénario, Noboru Sugimura garde les grandes lignes de RE1.5 (le commissariat de Raccoon City, deux personnages jouables), avec néanmoins quelques changements. Le plus connu : l'héroïne Elza Walker devient Claire Redfield, sœur de Chris. L'aventure est également repensée, pour que les deux personnages se croisent et coexistent réellement. Hideki Kamiya est désigné réalisateur, tandis que Mikami reste producteur.

C'était peut-être la recette du désastre sur le papier, mais ça a donné un jeu fantastique. RE2 n'oublie jamais la couleur du cauchemar du premier épisode, construite sur les silences, la solitude et l'appréhension. Mais il y ajoute de nouveaux ingrédients, avec un sens du spectacle plus prononcé. Tout y est plus grand, plus gros, plus gore, sans pour autant perdre l'équilibre de l'horreur et flirter avec le grotesque pur et dur. Tour à tour anxiogène, explosif, tendu et sensationnel, le jeu est un feu d'artifice sanglant.

 

photoSur ton écran

 

Avec Claire et Leon, RE2 présente l'un des plus grands duos de la saga (qui sera repris plusieurs fois, du film d'animation Resident Evil : Degeneration à la série Netflix à venir, Infinite Darkness). Résistant à l'appel trop facile d'une romance, l'équipe a créé deux personnages modernes, indépendants et solides, et bien plus intéressants que les clichés de jeune flic idéaliste et jeune femme badass. Leon et Claire ont droit à plus d'espace que Chris et Jill pour exister, et le jeu y gagne de l'émotion.

L'intrigue en bénéficie, puisque cette suite utilise les bonnes vieilles ficelles du genre pour un cauchemar trépidant : une enfant à sauver comme dans Aliens, le retour, une romance avec une mystérieuse femme fatale, deux gros monstres harceleurs (qui posent déjà les fondations de Nemesis), tout ça autour d'un duo type buddy movie qui se croise et s'entraide. Et entre un gros croco et quelques nouveautés étonnantes dans le bestiaire, l'horreur ne cesse de surprendre dans ce scénario.

Côté univers, RE2 reprend le squelette du premier jeu, avec un commissariat comme QG, qui cache divers secrets et sous-sols menant finalement à l'inévitable labo d'Umbrella. Mais là encore, tout est plus ambitieux et extrême. Ce décor principal est un labyrinthe rempli de pièges, d'énigmes et de créatures. Du premier licker aux plantes infernales du labo, en passant par quelques extérieurs de Raccoon City, il y a la sensation d'avoir traversé un monde entier. Jusqu'au bouquet final d'un double climax spectaculaire, avec compte à rebours, enjeux au max, et morceaux de bravoure vertigineux.

 

photoInoubliables comptes à rebours de fin

 

C'est là l'autre belle idée du jeu : ce double scénario, certes en partie identique, mais qui offre une autre perspective sur le cauchemar, avec plusieurs variantes très amusantes. D'un objet laissé dans un casier pour le scénario B de l'autre, à des phases de jeu spécifiques à chaque personnage, RE2 est un vrai plaisir de rejouabilité. Leon A et Claire B, Claire A puis Leon B : il y a de quoi faire.

Enfin, impossible de ne pas s'arrêter encore une fois sur l'ambiance sonore et la musique. Les bruitages sont là encore très soignés, servant parfaitement la mise en scène pour créer la tension et définir chaque bestiole, même hors champ. Et les thèmes de Masami Ueda, Shusaku Uchiyama et Syun Nishigaki (avec la participation de Naoshi Mizuta) sont mémorables, à cheval entre les simples ambiances et les grands moments épiques (The Front Hall, The First Floor, The Marshalling Yard, The First Malformation of G,The Underground Laboratory).

Dernière petite touche parfaite : Romero a réalisé une pub pour le jeu, avec Brad Renfro en Leon et Adrienne Frantz en Claire, qui affrontent une horde de zombies. Une rencontre évidente, qui a même failli mener le cinéaste à l'adaptation du jeu au cinéma... avant que ça n'arrive entre les mains de Paul W.S. Anderson.

 

 

S'il fallait trouver un défaut : Là encore, le poids des années a certainement émoussé Resident Evil 2, principalement à cause son gameplay désormais archaïque et ses pxiels énormissimes. Et la sortie du très bon remake devrait le condamner à être de moins en moins joué. Mais malgré ça, cette suite reste un modèle largement intemporel. Là encore, le signe d'un très grand jeu.

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commentaires
Arcadebox
20/05/2021 à 20:31

Resident evil 3 est limité ??
On parle de l'original ou les événements changent selon tes actions?
Allant des apparition de nemesis au déroulement de l'histoire en passant par le fait que les objets changent de place entre les partie ainsi que certain ennemis je vais pas tout lister mais d'une partie à l'autre vous pouvez avoir une partie complètement différente. J'appellerai pas ça un jeu limité...

TIFAB
08/05/2021 à 17:02

Difficile de classé les Resident,moi celui qui m'a vraiment marqué a l'époque c'est quand même le 4. J'en ai fait des parties à l'époque sur ma cube, jusqu'à ne plus voir l'heure tourner. Sinon le 5 ma beaucoup plu aussi, surtout sont mode MERCENAIRES. J'ai fait un nombre incalculable de partie sur ce mode, ils étaient tellement bon je trouve. Après j'ai commencé le 8 hier et je dois dire qu'il a l'air pas mal du tout, aussi flippant que le 7 voir même plus.

Winslow
08/05/2021 à 14:00

Ce qui me plaisait dans le RE2 original, c'était les connexions entre Leon et Claire (choix d'objets, empreintes digitales, libérer un passage, l'hélicoptère qui s'écrase...), Je n'ai pas joué au remake, mais apparemment, vu que l'article ne dit rien à ce sujet, je pense que ce genre de connexions n'existe pas dans le remake, à part peut-être 2 ou 3 discussions entre les deux persos. Je pensais que ce jeu irait plus loin avec cette idée et donc de faire quelque chose d'assez intéressant dans le déroulement du scénario. Mais ça ne me semble pas être le cas et c'est un peu dommage.

Slater-IV
08/05/2021 à 00:56

Très content que RE2 soit cité en première place ici. Je sais qu'il y'a régulièrement débat entre celui-ci et l'opus originel de la saga.

Pour ma part, RE2 est l'épisode qui m'a fait découvrir la franchise Resident Evil... sans que pourtant je puisse y jouer, faute du courage nécessaire ! Pour autant, son univers me fascinait. Ses cinématiques exceptionnelles (l'âge d'or de la PSX et son année 98 légendaire), son scénario double ouvrant et ses secrets ouvrant la porte à un univers intéressant (je me souviens de l'apparition d'un membre des STARS zombifié avec son gilet jaune -laul-, sans que sa présence ne soit clairement expliquée) en font un jeu très solide.

Mais, plus que tout, c'est à mon sens cet épisode qui a revivifié la figure du Zombie avec un grand Z auprès du grand public, avant le boum des années 2000 (The Walking Dead, 28 jours + tard, REC...). C'est d'ailleurs la première fois que j'entendais parler d'un certain Romero, dont je me suis offert, quelques années plus tard, le coffret DVD de sa trilogie cultissime des morts vivants.

En bref, Resident Evil, avec un peu plus de planification, aurait pu donner naissance à une franchise super intéressante en terme de mythologie (Metal Gear a bien réussi de ce côté). Malheureusement, malgré l'audace des deux derniers épisodes, je trouve dommage que la trame scénaristique soit toujours autant sacrifiée. Ce n'est quand même pas compliqué de créer des ponts, même basiques, entre certains éléments clés (virus, umbrella, personnages...)...

Une saga qui mériterait donc un vrai bon gros reboot des familles, avec une orientation claire et définie à l'avance, à la manière d'un certain The Last Of Us...

Korki37
08/05/2021 à 00:26

Rebirth c'est juste le nom non officiel de la version gamecube, arrêtez de chipoter

Z
07/05/2021 à 16:49

En fait le remake du 1 sur GameCube s'appelle juste "Resident Evil".
HD remaster c'est pour les remasters 1080p 16/9 sur les consoles de l'époque

Y
07/05/2021 à 15:25

Le remake du 1 s'appelle "Resident Evil HD Remaster" et pas "Rebirth". C'est le magazine Joypad à l'époque qui l'avait appelé comme cela et le titre a été repris par tout le monde alors que Capcom n'a jamais utilisé cette appellation. Ce qui est drôle c'est que 20 ans après cette erreur existe toujours.

Simon Riaux - Rédaction
07/05/2021 à 15:03

@Madolic

Merci pour le signalement, c'est réparé !

Madolic
07/05/2021 à 14:49

"Retrouvez la première partie du classement par ici"
Votre lien ne fonctionne pas la rédac ;)

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