Le réalisateur de War Machine critique violemment la logique du Président Trump en Afghanistan

Christophe Foltzer | 30 mai 2017
Christophe Foltzer | 30 mai 2017

War Machine prouve encore une fois que Netflix n'a peur de rien en balançant de brulot limite anti-américain dans le monde entier au moment où la première puissance mondiale se replie dangereusement sur elle-même.

Et grand bien lui fasse puisqu'au final, le film est très bon et mine de rien plutôt important. Surtout en ce moment. Bien que ses évènements se déroulent en 2009, War Machine pourrait tout aussi bien se situer de nos jours et, quelque part, c'est un peu le cas puisque le conflit en Afghanistan est loin d'être terminé. Si la présidence de Donald Trump nous ferait bien marrer si elle n'était pas aussi dangereuse pour la stabilité du monde entier, le nouveau président américain ne semble pas disposé à mettre un terme à cette invasion, prétexté par le 11 Septembre. Et quand le réalisateur David Michod apprend que Trump a décidé d'envoyer encore plus de troupes là-bas, forcément, il bondit, ça ressemble beaucoup à son film et l'idée est toute aussi mauvaise dans la réalité.

 

Photo Brad Pitt

 

C'est en tout cas ce qu'il a expliqué au micro du podcast PopPolitics du site Variety il y a quelques jours :

"Je ne peux même pas prétendre être surpris. Nous en sommes à présent à la seizième année de ce conflit et je ne suis guère surpris que les architectes de ce gros bordel n'arrivent pas à lâcher le morceau. Nous parlons d'une institution, l'Armée, dont la jauge de succès est aussi binaire que la victoire ou la défaite. Il n'est donc guère surprenant que la cause de tout ça, et la récurrence de cette cause, soit l'envoi continuel de nouvelles troupes au coeur du problème."

Evidemment, entre 2009 et maintenant, cette stratégie chaotique a toujours les mêmes effets : s'aliéner la population locale qui en a marre de l'occupation américaine, soit du pain béni pour les Talibans qui se servent de la situation pour recruter du monde. 

 

Photo Brad Pitt

 

"Il faut simplement accepter que ces griefs soient légitimes et cela implique qu'il faut en parler. Le problème, c'est qu'encore une fois, après 16 ans, les troupes américaines et la coalition sont devenus très bons pour cibler des cibles insurgées de très haute importance. Ils ont coupé la tête de cette bête pendant très longtemps et je ne vois pas à quoi ces conversations pourraient ressembler. Mais elles sont pour moi le seul moyen de mettre un terme à ce bordel."

Et il est vrai qu'entre DAESH et les Talibans, les Etats-Unis (et l'Occident) évolue sur une poudrière dont elle ne semble pas avoir pleinement conscience. Le problème étant qu'évidemment, la grande différence avec les conflits précédents étant que cette fois l'ennemi n'est pas une nation déterminée mais une idéologie. Et ça, ça ne connait aucune frontière. Quand on vous disait qu'au-delà de la gaudriole, War Machine était un film important en ce moment...

 

Photo Brad Pitt

 

 

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commentaires

Kendrix
08/06/2017 à 21:13

Pour moi ce film a clairement un lien avec Donald Tump.

corleone
31/05/2017 à 12:02

Effectivement, l'une des belles surprises de cette année. Mais que n'importe qui dans le système hollywoodien évoque Trump pour tout et n'importe quoi(surtout que son nom est très vendeur même s'ils ne peuvent l'avouer) je trouve ça déplorable.

Bubu
30/05/2017 à 18:35

Je l ai pas encore vu mais je vais vite le regardé

Manu
30/05/2017 à 13:58

Les US finançent DAESH. C'est prouvé grâce à WikiLeaks notamment. Déstabiliser des pays sans se foutre dès conséquences c'est un peu une spécialité américaine. 230 personnes en ont payé le prix en France ces dernières annees.

maxleresistant
30/05/2017 à 12:24

Vu hier soir, excellent film.

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