Cannes 2017 : critique à chaud sanglante de Blade of the Immortal

Mise à jour : 28/05/2017 00:03 - Créé : 19 mai 2017 - Alexandre Janowiak
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Pour son centième film, le réalisateur japonais Takashi Miike revient à Cannes, quatre ans après son déjà film de vengeance Shield of Straw, en hors-compétition avec son ultra-sanglant Blade of the Immortal.

Adapté d'un manga culte au pays du soleil levant, Blade of the Immortal se déroule au XVIIIe sicèle et raconte l'histoire d'un samouraï devenu immortel grâce à des vers peu ragoûtant. Manji va alors tout faire pour venger la mort de sa sœur en protégeant la jeune Rin - excellente Hana Sugisaki - , dont les parents ont été tués par le chef de l'école Ittô-Ryu : Kageshi Anotsu.

 

 

BLOODY DISGUSTING

On ne se faisait d'illusions et on avait bien raison, le pitch de Blade of the Immortal n'est qu'un prétexte à une longue séance de massacre ultra-violente où corps démembrés, têtes décapitées et giclées de sang parsèment l'écran. A l'image d'un jeu vidéo, le Ronin multiplie les rencontres et les duels face aux disciples d'Anotsu, tous plus originaux les uns que les autres, comme des niveaux à franchir pour pouvoir affronter le « big boss ».

Malheureusement, exception faite des face à face souvent jouissif, avec un tel scénario, le long-métrage du japonais ne présente que très peu d'intérêts. A force d'enchaîner les joutes sabrées, le film finit donc par lasser. Bien trop répétitif et beaucoup trop long – le film dure 2h20 -, Blade of the Immortal aurait profité d'une durée plus brève et plus rythmée pour resserré un scénario aussi simple.

 

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Finalement, c'est sur l'aspect fantastique que Blade of the Immortal est très plaisant. Takashi Miike s'amuse de son héros immortel en régénérant chaque partie de son corps et en le glorifiant de nombreuses scarifications réjouissantes alors qu'il ne souhaite qu'une seule chose : mourir. Surnommé "le tueur aux 100 cadavres", on suppose quelquefois que Manji n'est qu'une allégorie d'un cinéaste trop prolifique qui a perdu le génie qui le transcendait dans 13 Assassins ou Bird People in China.

Blade of the Immortal souffre d'un schéma narratif bien trop répétitif pour ne pas finir par ennuyer. Reste une série Z parfois jouissive grâce à ses litres de sang déversées et quelques séquences dotées d'un bel humour caustique. 

 

Affiche officielle

commentaires

Shingo 20/05/2017 à 22:05

Au contraire de Hasgarn, j'ai beaucoup aimé le manga qui est plus profond qu'il n'y paraît et graphiquement magnifique.

Dommage que miike l'adapte en film bourrin et à la limite du drama au vu de la ba.

Hasgarn 19/05/2017 à 15:53

L'habitant de l'infini, le manga d'origine, est déjà dans cette veine et m'avait déçu dès le 2e volume.
Malheureux de constater que cette adaptation n'ait pas mieux réussi.

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