Le Parrain : Francis Ford Coppola explique pourquoi personne n'oserait plus produire le film à Hollywood

Simon Riaux | 2 mai 2017
Simon Riaux | 2 mai 2017

Le Festival de Tribeca a accueilli une impressionnante réunion de famille dédiée au Parrain. L’occasion d’obtenir des confidences de Francis Ford Coppola.

Presque un demi-siècle après sa sortie, Le Parrain demeure un objet de révérence cinématographique, dont les films de gangsters ont bien du mal à se séparer, tant le chef d’œuvre de Coppola a cristallisé la plupart des thèmes et figures relevant de cette mythologie essentiellement américaine.

Mais pour son réalisateur, il paraît évident que Hollywood n’oserait plus aujourd’hui s’engager sur ce type de production, ainsi qu’il l’a expliqué lors d’une séance de questions/réponses.

 

 

« Le film pourrait être envisagé aujourd’hui, mais il n’obtiendrait jamais le feu vert. Le premier Parrain a coûté 6,5 millions de dollars. Le deuxième a couté 11 ou 12 millions, ce qui, si on le convertit au cours actuel du dollar, rendrait un studio nerveux.

Il ne passerait jamais le processus de validation, ou ce qu’ils appellent le "greenlight". Rien ne peut plus l’obtenir à moins d’avoir le potentiel d’être décliné en franchise, ou d’être une propriété type Marvel. »

 

 

Les exécutifs des studios Hollywoodiens étaient-ils à l’époque d’altruistes cinéphiles ? Certainement pas, et le Nouvel Hollywood ne s’est pas construit sur la volonté des studios de produire des œuvres radicales, mais bien parce que ces dernières ont rencontré de grands succès publics.

En revanche, ainsi que l’explique Coppola, le rapport des dirigeants avec les incertitudes de l’industrie était bien différent.

« Vous savez, un jour, Kirk Kerkorian, qui possédait la MGM, m’a demandé "Savez-vous comment réussir un film commercialement et artistiquement ?". Il m’a donné la réponse : "Le risque". Personne ne veut entendre parler de risque dès qu’il est question de business. »

 

Coppola

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commentaires

corleone
02/05/2017 à 18:35

Comme pour dire que des offres qui ne se refusent pas ça n'existe plus? C'est qu'il se ramollit, le Don Coppola !

Dirty Harry
02/05/2017 à 18:07

époque malheureusement révolue, celle faites d'autre chose que de trouillards.

Hasgarn
02/05/2017 à 17:02

"Le risque"

Tout est dit.

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