The Black Gloves : quand la peur prend un nouveau visage

Alexis Vielle | 25 avril 2017
Alexis Vielle | 25 avril 2017

Torturé, glauque, immersif, paranoïaque, si on avait un nouveau bijou de l'horreur sous la main ? 

Les bons films d’horreur sont rares. Trop rares. Faire peur est peut-être la chose la plus difficile à faire ressentir au cinéma. Pourquoi ? Parce que le cinéma de genre est dicté par des codes, un cahier des charges qui peut parfois paraître téléphoné pour le spectateur. Le public a en effet l’impression de tout connaitre du genre. Portes qui grincent, jump scare, monstres terrifiants… Le genre se prête parfois plus à la parodie, en se jouant des effets de style, qu’à l’effroi lui-même.

 

supercut

 

Et puis parfois, on découvre des pépites qui sortent du lot. Qui cassent les codes. Qui proposent quelque chose de nouveau, de frais, créant une surprise chez un spectateur pris au dépourvu. L’excellent It Follows nous donnait des frissons dans le dos grâce à une atmosphère pesante, une bande-son très eighties, des séquences jouant la carte de la paranoïa ambiante. Pourtant, absence de monstre, d’hémoglobine ou de gros effets spéciaux CGI. Troquant un manque de moyen évident contre une imagination et une créativité débordante, le film avait eu un certain succès et avait remporté l’adhésion critique comme public. Pourtant le film pompait à outrance une période que certains peuvent qualifier d’oubliée. It Follows n’a rien inventé mais a su réinventé. Dans la forme comme dans le fond. Musique empruntée au maitre de l’horreur John Carpenter, explorant des thématiques sur le malaise adolescent, le passage à l’âge adulte à la Stephen King, le film, en plus de provoquer une peur maximale avec des effets minimales possédait un vrai fond.

 

Maika Monroe

Le génial "It Follows"

 

Et c’est peut-être le cas avec The Black Gloves. Parce qu’au vu du premier trailer, on flippe autant qu’on est excité. Parce que comme It Follows, le film pioche dans ce qui se faisait de meilleur par le passé. Expressionnisme allemand pour la forme, il pose un cadre qui se veut délibérément film d’horreur rétro mais à la sauce du jour.

The Black Gloves raconte l’histoire d’un psychologue obsédé par la disparition de son jeune patient et la figure menaçante de la tête d’hiboux qui hantait ses cauchemars. Ses pérégrinations l’amènent à une ballerine recluse qui, comme son patient, est convaincue de sa mort prochaine des mains de cette entité démoniaque. Dans les hautes terres écossaises sombres, Finn conseille son nouveau patient, sous l'œil attentif de son sinistre professeur de ballet. Il se retrouve bientôt enchevêtré dans un ballet de paranoïa, un labyrinthe de virages mortels, alors que la légende de l’Homme Hiboux devient une réalité terrifiante… Gothique, noir, sombre, le film multiplie les références et leur fait hommage de la plus belle des manières. Sortie du film courant automne 2017. 

 

 

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commentaires

Mad
25/04/2017 à 15:44

Très très bon ! Hâte de voir ça. Les créateurs ont d'ailleurs déjà fait 2 ou 3 précédents longs-métrages avec toujours cette créature, le Owlman. (Lord of Tears que j'ai pu visionner) Peut-être moins esthétiques et pros que ce nouveau volet qui a l'air d'être LE film autour de cette créature.

Z
25/04/2017 à 13:41

Non ne revenez pas avec "it follows" s'il vous plait. Rien à voir avec un Carpenter, ni un Stephen King. Au niveau de la peur passons. La scène de la piscine est tout simplement ridicule....

Celui-ci par contre, avec son méchant à la Nosfératu, peut être d'un autre calibre.

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