Le réalisateur d'Amazing Spider-Man 2 ne regrette rien du tout

Christophe Foltzer | 10 avril 2017
Christophe Foltzer | 10 avril 2017

Spider-Man revient de loin, de très loin même, et profite de son arrivée chez Marvel pour faire table rase de son passé. Et avec un bagage aussi chargé, on comprend tout à fait.

A la rédac, on n'y peut rien, on n'aime pas Amazing Spider-Man 2. On se rappelle encore régulièrement la projection-presse, la douleur qui fut la nôtre, les regards gênants à la fin du film, le silence honteux, comme si on savait, sans avoir besoin de se le dire, qu'on venait de faire un truc vraiment mal et qu'on allait devoir vivre avec pour le restant de notre vie. Les années passent, la douleur s'estompe, mais le souvenir, lui, reste, et nous hante parfois durant nos (trop) courtes nuits de sommeil. 

 

Amazing Spider-Man 2

 

Si on attend avec impatience Homecoming, c'est aussi parce qu'on veut qu'il nous sauve, qu'il nous venge, bref qu'il lave notre honneur de fan de Spidey et on se dit que, cette fois, c'est peut-être la bonne. Mais rien n'y fait, on repense toujours au film précédent et on se demande toujours comment un truc pareil a été possible. Nous ne sommes évidemment pas les seuls dans ce cas-là puisque le site Collider est allé demandé au réalisateur Marc Webb, à l'occasion de la sortie de son nouveau film Gifted, s'il n'avait pas quand même quelques regrets concernant ses deux films de super-héros :

"Il est très difficile pour moi de parler en termes de regrets. Il y a tellement de choses dont je suis fier. Il y avait une vraie ambition, surtout avec le deuxième film. Cette idée qu'un super-héros ne peut pas sauver tout le monde est quelque chose dont je suis très fier. Je suis fier de cette ambition parce que c'est un message important et que j'y crois. Je crois en ce que nous cherchions à faire. Ce genre de films est très difficile à faire. Ils sont complexes dans des manières que les gens ne peuvent pas comprendre. Ce n'étaient pas des désastres. Mais s'il faut parler de regrets, je ne réfléchis pas comme ça.

 

 

Je suis très chanceux d'avoir eu cette opportunité et c'est une autre conversation très profonde que je ne devrais probablement pas avoir en public. J'aime tous ceux qui y ont été impliqués, je n'avais pas du tout de rapport conflictuel avec le studio, ce sont tous des gens très intelligents. Ce sont juste des films incroyablement compliqués à faire. Et je ne suis certainement pas une victime dans cette situation."

Encore heureux dites donc, manquerait plus que ça. Mais cette conversation était aussi l'occasion d'en savoir un peu plus sur l'avenir supposé de la franchise et principalement sur ses projets pour un éventuel Amazing Spider-Man 3 :

 

 

"Pas vraiment. Nous venions de finir le second, le studio commençait à développer Sinister 6, donc nous avons tous pris des vacances. Et ensuite, le piratage de Sony est arrivé et tout s'est effondré. Mais c'est comme ça que ça se passe à Hollywood parfois."

On ne dit pas que Webb est coupable de tous nos maux mais on a quand même un peu de mal à croire à la relation idyllique avec le studio qu'il nous dépeint, surtout quand on revoit le film. Au final, nous allons un peu mieux, on se dit juste que ce n'était pas la bonne personne et on commence à s'intéresser de près à quelqu'un d'autre en ces belles journées de printemps. C'est l'essentiel...

 

Affiche

Tout savoir sur The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros

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commentaires

alix
10/04/2017 à 21:56

Moi j ai adorer amazing Spiderman 2 l accompagnement de la musique dans le film les jeux d acteur c était géniale

Geoffrey Crété - Rédaction
10/04/2017 à 19:12

@JP

Vous en aurez un en fin de semaine : un dossier qui fera suite à celui consacré à la trilogie de Sam Raimi, afin de "tester" et décortiquer l'adaptation par Marc Webb.

C'était même annoncé à la fin de l'article ;)
http://www.ecranlarge.com/films/dossier/983002-spider-man-le-crashtest-adaptation-ou-trahison

JP
10/04/2017 à 19:00

@La Redac: "Mais rien n'y fait, on repense toujours au film précédent"

Alors un peu plus d'articles sur les deux TASM svp!

kolby
10/04/2017 à 15:39

@altair
@corleone
C'est ce qu'on demande sur un site d'échange comme celui des commentaires d'écran large sur un sujet.
Je vous tire le chapeau

Altair
10/04/2017 à 14:53

@corleone

Et je ne dis pas le contraire. Je suis le premier à dire que taper sur les studios et dédouaner les réalisateurs est trop facile (il existe quantité de bons producteurs intelligents, et quantité de réalisateurs médiocres et incapables). Mais la question est suffisamment complexe et obscure (qui est capable de se prononcer avec certitude sur les coulisses d'un blockbuster, entre bruits de couloir, règlements de compte et langue de bois..?) pour être dans la nuance, l'interrogation, plutôt que la distribution classique des rôles de responsable entre cinéaste et studio.

Cela dit, il existe de nombreux films qui, de toute évidence, laissent à penser qu'un équilibre est possible voire omniprésent. Notamment des cinéastes de renom (Sam Mendes, Cameron, Fincher post-Alien 3, Nolan) qui, avant d'être si populaires, ont bien dû imposer et vendre leurs idées, leur personnalité, leurs ambitions, à des studios ; et parfois pour livrer des films pas ordinaires, pas si "faciles". Sans relancer des débats stériles et extrêmes entre pro et anti-Marvel, Les Gardiens de la galaxie peut être un exemple également, avec un bon cinéaste à la barre et un produit réussi, dans le genre (avec les limites du genre donc). Les derniers La Planète des Singes, Fury Road, Logan, Inarritu, Paul Greengrass, Looper, Godzilla, Peter Berg, Shane Black, Matthew Vaughn : je ne cite pas ce que j'aime (et évidemment tout le monde ne valide pas tout ça), mais ce qui peut potentiellement être perçu (à différents degrés, selon les genres et budgets) comme des illustrations d'un système capable d'être intelligent (ou du moins, pas trop bête).

Après, forcément, si on se focalise sur les films à plus de 150/200M inscrits dans une volonté primaire de franchise, avec des réalisateurs qui se suivent et se ressemblent sous l'égide d'un producteur et d'une dictature du merchandising familial : y'a moins d'espoir certes, mais a priori moins d'attentes pour les cinéphiles purs et durs. Mais preuve que le pognon n'est pas tout : on peut dépenser 500M pour filmer et surtout vendre un blockbuster autour d'une marque célèbre, sans pour autant plaire et convaincre le public. Donc le pognon est un facteur bien sûr, encore une fois personne ne le nie il me semble ; mais pas le seul, clairement. Il ne faut lui donner ni trop, ni trop peu de pouvoir.

corleone
10/04/2017 à 14:30

@Altair Trouver donc ce juste equilibre studio-réal dont tu parles ne semble pas non plus etre pour demain, faut pas se leurrer. Surtout de nos jours, et surtout qu'on a vu ce que sont devenus certains réals pourtant geniaux, mais obsédés par leur liberté artistique(remember Michael Cimino)
Bref pour moi un film c'est un assemblage de petites idées et inspirations qui peuvent donner un bon ou mauvais résultat… je veux juste que les réalisateurs assument leurs films bons ou mauvais et arretent de pleurer sur les épaules du public en tendant le doigt vers les studios, et vice-versa, que le public arrete de diaboliser les studios, car qu'on le veuille ou non c'est le pognon qui fait vivre le cinéma.

Altair
10/04/2017 à 13:50

@corleone

Désolé mais c'était pas très clair haha

Sauf que là, je trouve encore que c'est une lecture simpliste : qu'un studio ait un certain contrôle ok, mais qu'un studio engage un réalisateur pour ensuite le brimer (d'un récent Les 4 fantastiques à la version d'Alien 3 de Vincent Ward, et celle de Fincher), ça interroge. Si tu castes un réalisateur avec son identité, mais que tu ne veux au final qu'un exécutant neutre et obéissant, c'est bizarre. Un projet (film ou autre) repose sur diverses collaborations : faut rester nuancé, personne ne parle de laisser 100% de contrôle au réal... ou 100% au studio. Sinon, que les Kevin Feige et autres (lui est connu, mais c'est loin d'être l'unique) passent réalisateurs directement.

corleone
10/04/2017 à 13:45

@Altair Justement c'est de ça que je parles! Nous disons la même chose en fait!! Ce qui me derange c'est que certains reprochent aux studios d'avoir leur mot à dire ou d'etre trop presents dans la creation d'un film, pourtant sans leur pognon, eh ben y'a pas de films !!!
Vous ne pouvez mettre 200millions de dollars entre les mains d'un individu
appelé réalisateur et aller tranquillement vous coucher chez vous, sous pretexte de "laisser faire l'artiste", soyons réalistes.

kolby
10/04/2017 à 12:50

@corleone
Quant à Corleone, il me fascine énormément de ces critique et cela depuis le premier jour que j'ai commencé lire écran large. Il s'y connaît vraiment mais exagére souvent sur sa connaissance. Qu'il est il vraiment... !

kolby
10/04/2017 à 12:45

@altair
Parfaitement d'accord avec toi... Dans ce cas, qui en souffre? Bien sur c'est nous, nous les fanatique de film...
Nous nous battons entre nous des critique des uns des autres et je trouve cela COUL.
Mais ce qui m'enerve de tout, ce sont ces injures (qui sorte de part et d'autre tout simplement parce qu'ils n'est pas d'accord d'un ou tel analyse) qui me désolent énormément.

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