Festival International du Film de Saint-Jean-De-Luz : Jour 2 et premier coup de coeur

Christophe Foltzer | 5 octobre 2016
Christophe Foltzer | 5 octobre 2016

Le ciel a beau se couvrir au-dessus de Saint-Jean-De-Luz, cela ne ternit en rien la belle humeur qui règne sur le festival et comme en plus, on passe pas mal de temps dans les salles de cinéma, on s'en fiche pas mal du soleil quoi. Récit d'un jour 2 plutôt intense.

la première journée s'était terminée sur la projection en avant-première du prochain film de Lucien Jean-Baptiste, Il a déjà tes yeux, qui avait reçu un accueil exceptionnel de la part du public après une séance assez endiablée. Retour aux choses plus sérieuses ce matin avec la suite de la compétition officielle.

Et on commence dès le matin avec La jeune fille sans mains, dessin animé de Sébastien Laudenbach expérimental à la limite de l'abstraction totale qui adapte un conte méconnu des frères Grimm dans une version hypnotisante. Loin des sentiers battus, ce film réalisé uniquement par Laudenbach (qui a tout dessiné et animé lui-même dans son coin pendant 3 ans) est une véritable expérience sensorielle qui, pour peu que l'on accepte de sortir de sa passivité de spectateur, mérite vraiment un tel effort. Il est d'ailleurs rassurant de voir que l'animation française ne se limite pas aux Minions ou aux films très grands publics mais qu'elle peut aussi nous fournir de véritables ovnis qui enrichissent le média à condition que l'on prenne le risque de le laisser exister. Un risque également pour le festival qui n'avait sélectionné de dessin animé auparavant mais quand on voit l'accueil que le film a reçu ce matin, on peut penser que ce n'est pas la dernière fois que cela se reproduira.

 

Photo Jeune fille sans mains

 

Hasard de la vie, l'après-midi fut fraiche et grise et le film, finlandais et en noir et blanc. Olli Mäki de Juho Kuosmanen est un autre de ses ovnis que l'on aime dénicher à Saint-Jean-De-Luz. Récit d'un boxeur finlandais qui, en 1962, tente de décrocher le titre de champion du monde des poids plumes, le film peut  être vu comme un anti-Rocky dans le sens où il s'occupe moins de retracer le parcours héroïque de son héros que de dénoner la récupération médiatique, économique et narcissique qui l'entoure. Véritable radioscopie de la création d'une icône utile à tout le monde sauf à la personne concernée, Olli Mäki impressionne par la finesse du traitement de son sujet, la profondeur des enjeux, le comique même du ridicule de certaines situations qui rappelle légèrement par instants l'ambivalence du cinéma coréen, mais pêche par contre par une réalisation un peu trop académique et un rythme bien trop lancinant pour passionner totalement. N'en reste pas moins un film très intelligent, humain et profond que l'on prend plaisir à voir.

Cette deuxième journée se concluera ce soir par la projection du cinquième film de la compétition, Fleur de Tonnerre, de Stéphanie Pillonca, avec Déborah François. Un autre film surprenant assurément puisqu'il ne parle pas moins que d'une serial killer bretonne dans les années 1800. Et cette succession d'univers différents et de sujets aussi variés qu'inattendus est réellement ce qui fait la qualtié de ce festival toujours surprenant.

La suite demain donc.

 

Photo Jury

Le jury et Patrick Fabre, directeur artistique du festival (crédit photo : Chris Huby - tous droits réservés)

 

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