Cannes 2016 : The Strangers s'impose comme le premier choc frontal de la Croisette

Simon Riaux | 20 mai 2016
Simon Riaux | 20 mai 2016
Un policier se retrouve à travailler sur une suite de meurtres de plus en plus étranges dans sa ville de Goksung. Soupçonnant un ermite japonais, le héros va embarquer dans un véritable enfer.

Après les géniaux The Chaser et The Murderer, le cinéaste coréen Na Hong-jin se retrouve pourtant à Cannes hors compétition, la faute sans doute à la dureté de son film. Et c'est une claque, à la mesure de ses deux premiers long-métrages. Abordant l'étrange et le fantastique pour la première fois, il ne perd heureusement absolument rien de son talent de metteur en scène. Bien au contraire.

Le film, long et précis, se met en place petit à petit pour entrainer le spectateur vers une farce grotesque et onirique, naviguant entre chamanisme, christianisme et cinéma social coréen. Comme souvent dans la péninsule on retrouve un ton original qui berce entre l'humour potache et l'horreur ultime. Et la sauce prend encore une fois. Nous nous retrouvons face à un objet assez rare, qui recèle quelques séquences à l'intensité tout bonnement jamais atteinte précédemment sur un écran, et qui va bien au-delà de toutes nos attentes.

Cannes 2016

Le long métrage est un véritable joyaux, passant d'une scène hallucinante à une autre, ménageant régulièrement celui qui regarde pour mieux le noyer dans une histoire aux profondeurs symboliques extrêmes. En termes narratifs, c'est une réussite. En termes visuels, on confirme que le jeune coréen est un véritable génie. La séquence d'exorcisme est à ce titre, représentative de tout le film. Montée entre les deux esprits qui s'affrontent, nous assistons à un spectacle tel, aidé par une immense tension paroxystique, que l'on ne peut qu'admirer à ce moment précis la mise en place de tout le propos général. Le véritable message passe à travers les lignes: Na Hong-jin dépeint une société perdue, entre égoïsme du petit quotidien et utilisation de celui-ci par des esprits malins, étrangers et sournois. 

L'intelligence du scénario, l'écriture des personnages, le jeu, la photo, et surtout la volonté de proposer un cinéma risqué, tous ces éléments attrapent le spectateur qui n'en demandait pas tant. Cela faisait longtemps que l’on avait pas vu une oeuvre aussi originale et aboutie. 
Véritable chef-d’œuvre, il s'agît d'une création complexe mais parfaitement réalisée, très marquante et qui donne envie de voir la suite de la carrière du brillant metteur en scène.

Cannes 2016

commentaires

GOLDORAK2010
21/05/2016 à 09:04

Mille fois mieux que DOLAN !!! :))))

diez
20/05/2016 à 19:17

Vivement, le cinéma asiatique est tellement peu representé dans les salles Françaises. Peut etre que Cannes donnera de la visibilité à celui-ci et Mademoiselle.

Ok mais bon....
20/05/2016 à 19:15

Pourriez vous raconter un peu l'histoire des films que vous critiquez?
Merci

stivostine
20/05/2016 à 13:11

Na Hong-jin est un génie !!

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