Love : Vincent Maraval tâcle Fleur Pellerin au sujet de l'interdiction du film

Jacques-Henry Poucave | 5 août 2015
Jacques-Henry Poucave | 5 août 2015

Le producteur Vincent Maraval est, entre autres, connu pour ses interventions provocatrices dans le débat public. Alors que Love, de Gaspar Noé, qu’il produit et distribue, vient d’être interdit aux moins de 18 ans par le tribunal administratif de la ville de Paris, il s’en est pris avec humour à la Ministre de la Culture Fleur Pellerin.

Il faut dire que la hache de guerre était déterrée depuis un moment. On se souvient que le producteur avait fait part de son émotion lorsque, fait exceptionnel, Fleur Pellerin avait exigé de la Commission de Classification qu’elle visionne une seconde fois Love (alors déjà interdit aux – de 16 ans), en vue de lui imposer un classement plus sévère. La Commission avait alors émis un avis similaire au premier et confirmé l’interdiction aux – de 16 ans.

C’était sans compter sur le jugement rendu en référé par le tribunal administratif de Paris, qui a estimé urgent de retirer son visa d’exploitation à Love. Alors présent dans 30 salles sur les 5 2000 que compte le parc français, le film a donc été perçu comme une menace par le législateur. Or, depuis cette décision d’une rare violence, la Ministre de la culture n’a pas pris la parole ni commenté la situation.

N’écoutant que son humour acerbe et sans doute son agacement, Vincent Maraval s’est fendu d’un tweet à l’adresse de Fleur Pellerin, pas piqué de vers.

Tout savoir sur Love

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
tenia
09/08/2015 à 18:57

@ Fromage :

Shortbus n'a été interdit qu'aux -16 avec un avertissement. Dedans : des scènes non simulées.
C'est pareil pour Une vraie jeune fille, Les idiots, Romance, Intimité (-12 ans même, celui ci), Brown Bunny, Antichrist, mais aussi El Topo, Sweet Movie, Spetters, La vie de Jésus, Le pornographe, Taxidermie, Dogtooth et L'inconnu du lac.

J'arrête là ?

Greg
06/08/2015 à 02:49

"Scènes de pornographie non simulée = interdiction -18"

La question, encore une fois, n'est pas dans la simulation ou non...
La question est : Est-ce une œuvre d'art ou un vulgaire film de boules ?
Et à moins d'être un crétin fini doublé d'un intégriste borné, la réponse est évidente.

Par ailleurs comme le rappelle habilement Maraval, il est curieux que dans un pays ou la majorité sexuelle est à 15 ans, une film artistique qui traite de ce sujet soit lit interdit au - 18 ans et donc aux plus de 15 ans ?!! (autrement dit, t'as le droit de jouer à touche à pipi, mais pas de le voir sur un écran, même si c'est l’œuvre d'un cinéaste virtuose !!)

Alix
05/08/2015 à 21:41

Pourquoi se réfugier derrière Mad Max?
Nous n'en sommes pas là.
Et c'est un autre combat.
Ça n'est pas parce que certains ne cautionnent pas Love que cela fait d'eux des anti-mad max.

Cervo
05/08/2015 à 16:51

@Dirty Harry
Diras-tu la même chose lorsque Promouvoir aura fait lever le visa d'exploitation de Mad max, comme l'association entend le faire ?

Dirty Harry
05/08/2015 à 16:30

tout ce bruit médiatique pour faire de la publicité à ce petit malin sans talent et sans AUCUNE imagination qu'est Noé et son émulsion fécale qu'est ce film...vivement que ça passe, et que cette année magnifique pour la cinéphilie ne soit pas entachée par ce tâcheron et ses ennuis de privilégié (après tout Baudelaire a eu 6 procès et tentatives de censure donc à coté Noé est un petit joueur).

stivostine
05/08/2015 à 16:13

Scènes de pornographie non simulée = interdiction -18.

normalement oui mais par ex un film comme The Brown Bunny avec une vraie pipe était -16, donc vive la france et ses 2 poids-2mesures

Hasgarn
05/08/2015 à 14:40

Zut, foutu clavier.

Il y a toujours eu des conflits, des problèmes. Mais là, l'association passe par la justice pour court-circuiter ça, et Fleur Pellerin le cautionne par son inaction. Je ne suis pas sur qu'un juge soit la meilleur personne pour évaluer ce qu'un collège de personnes diverses à décider après discussions. Le juge, il ne discute pas, il écoute, compare les plaidoiries, vérifie le droit et rend un verdict. C'est son métier. Pas celui de remplacer une dizaine de personnes. Ou alors il est vachement schizophrène.

Simon Riaux - Rédaction
05/08/2015 à 14:20

Oui... C'est d'ailleurs tellement évident que pour faire appliquer cette "évidence" une association liée à l'extrême droite a dû en appeler en référé à un juge non spécialisé dans le droit des médias et oeuvres d'art. En gros, utiliser une ambiguité législative.

La polémique sert le marketing ?
Mais... Puisque le film est actuellement INVISIBLE (car sans visa d'exploitation) et que la quasi-totalité du parc de salles françaises refuse de diffuser les oeuvres interdites aux mineurs... Comment cela pourrait-il bien servir le marketing ?

Le problème c'est aussi que le jugement rendu lundi tranche... "les scènes à caractères sexuels du film ne permettent de le caractériser comme pornographique" tout en soulignant "sa dimension artistique".
Du coup l'interdiction devient problématique.

Fromage
05/08/2015 à 14:10

Scènes de pornographie non simulée = interdiction -18.

C'est comme ça depuis la nuit des temps, il n'y a rien de surprenant.

Mais la polémique sert de marketing à Noé et Maraval, alors on sort les gros mots du genre "censure", le cynisme, bref on fait du bruit, ça nous arrange bien.

votre commentaire