Cannes 2015 : Much Loved de Nabil Ayouch est censuré au Maroc

Jacques-Henry Poucave | 26 mai 2015
Jacques-Henry Poucave | 26 mai 2015

Nabil Ayouch présentait il y a quelques jours son film Much Loved dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs. Une reconnaissance internationale qui n’aura pas calmé le courroux de son pays d’origine, le Maroc, lequel a l’intention d’interdire le film.

Le réalisateur avait déjà présenté dans le cadre du Festival de Cannes son film précédent, l’impressionnant Chevaux de Dieu. Une dénonciation du terrorisme et de l’enrôlement des plus faibles, qui n’avait pas déclenché de semblable colère de la part des autorités.

Il faut dire que Much Loved aborde un sujet au moins aussi sensible pour la royauté, à savoir la prostitution. Le film dépeint la vie de femmes vendant leurs charmes à de puissants saoudiens, des touristes (français notamment) ou des fonctionnaires corrompus. Une image que le Maroc réprouve et voit d’un très mauvais œil. On se souvient notamment que le traitement par le régime de sinistres affaires de mœurs avaient fait les gros titres de la presse internationale.

Il faut sans doute voir une réminiscence de ces épisodes douloureux dans l’actuelle décision du Centre Cinématographique Marocain (CCM). L’institution déclare en effet avoir « regardé le film lors de sa projection dans le cadre d’un Festival International » (Cannes ?) et le considère comme « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du Royaume. »

C’est ainsi que le CCM justifie la non obtention de visa d’exploitation pour le film de Nabil Ayouche, il ne s’agit cependant pas de la seule attaque dont Much Loved et ses auteurs sont l’objet.

Le Parti Justice et Développement, dirigé par les islamistes s’est ainsi félicité que les autorités n’autorisent pas la projection de l’œuvre, tout en relayant la plainte déposée contre elle par une association marocaine. Plainte qui vise « Nabil Ayouche, Loubna Abidar (rôle principal) et tous ceux qui ont contribué au film ».

Visiblement, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire au Maroc.

Tout savoir sur Nabil Ayouch

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