Fast & Furious 7 : les ingrédients de la saga délirante de Vin Diesel

Jacques-Henry Poucave | 1 avril 2015
Jacques-Henry Poucave | 1 avril 2015

Fast & Furious 7 débarque en trombe dans les salles le mercredi 1er avril et devrait être plutôt bien accueilli par le public, mais plus étonnant, par la presse également. Découvrons ensemble les ingrédients qui ont fait de la saga unanimement décriée pour sa nullité un absurde monument de pop culture.

  

Le réalisme

S’il y a bien une chose que l’on peut reconnaître à Vin et sa bande de joyeux copains, c’est leur soucis de la crédibilité. Si les premiers épisodes de la saga nous narraient les aventures de gros bovins avinés faisant la course dans d’abominables voitures fluo, la franchise a su s’orienter vers une action beaucoup plus vraisemblable.

Nos héros sont désormais de respectables trafiquants/gentlemen/hackers/pères/de famille/agents secrets, et se divertissent beaucoup plus simplement.

C’est à peine s’ils osent jeter une quinzaine de bolides depuis un bombardier en plein vol, avant de bondir d’immeubles en immeubles à bord d’une grosse cylindrée. Pour le fun, ils rasent une bonne partie de Los Angeles avec des drônes militaires, mais c’est bien parce que le public le réclame.

 

Le bon goût

Une constante dans la saga Fast & Furious. On sent tout le long de la série la patte de véritables pros de la direction artistique, qui se sont efforcés d’offrir à chaque personnage un style bien à lui.

Un art de l’habillement qui n’hésite pas à revisiter quelques uns des grands classiques de la mode contemporaine. Ainsi, le marcel, le baggy, la grosse croix en argent et les chaînes en or trouvent ici nombre de déclinaisons qui font aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, la fierté de cette saga à part.

Un soin identique est apporté à la musique, il suffit de jeter une oreille à la bande originale de Fast & Furious 7 pour réaliser combien la musique du monde a influencé cette œuvre désireuse d’embrasser toutes les tendances.

Comment ne pas succomber à la balade mélancolique, vaguement teinté d’un peu de musique électronique, Go Hard or Go Home, composée avec passion par Wiz Khalifa et Iggy Azalea.

 

C’est le même choc esthétique qui s’empare de nous quand nous découvrons Ride Out, morceau bouleversant, dont on se doute qu’il doit humecter d’émotion des millions de cinéphiles se déhanchant en club de par le monde.

Une certaine idée de la grâce.

 

 

Une sexualité adaptée à l’époque

On aura souvent caricaturé Fast & Furious comme une abomination machiste. Il est temps de faire voler en éclat ce cliché mal intentionné, colporté par de vilains défenseurs du cinéma d’auteur tout gris.

Oui les la plupart des femmes sont traitées au sein de la franchise comme autant de morceaux de viande exposés au regard concupiscent de gros mâles en sueur. Toutefois on aurait tort d’oublier que Fast & Furious iconise également ses walkyries maison. Et oui, comme en témoigne Fast & Furious 7, la saga aime plus que tout les femmes fortes, les combattantes badass.

Ainsi met-elle en avant Michelle Rodriguez, Jordanna Brewster, ou encore Gal Gadot, la future Wonder Woman, ainsi qu’une nouvelle venue, l’impressionnante Ronda Rousey. Soit un vibrant manifeste de girl power.

Enfin, on ne va pas se mentir, Fast & Furious est aussi un sacré manifeste gay-friendly. Bah oui les gars, faut vous y faire. Parce que pour trois plans montés cut sur un peu d’électro, combien de ralentis interminables sur les épaules de Vin, le menton de Paul ou les deltoïdes de Dwayne Johnson ?

Et ne nous la jouez pas « nan moi je regarde pour les explosions », tout le monde voit que vous avez un peu de mal à déglutir quand The Rock et Diesel s’enfilent des tatanes. C’est pas grave. Rappelez-vous que des millions d’hommes avant vous ont prétendu regarder Commando parce que c’était un super film d’action.

Un conseil, regardez le film avec des copains, puis emmenez-les au restaurant et commandez une raie au beurre blanc pour tout le monde. La soirée risque de prendre un tour inattendu.

 

 

L’impact philosophique

Si on aime Fast & Furious, c’est aussi pour la portée vertigineuse de ses tirades. Les répliques de la série constituent autant de courts poèmes, rugueux et intenses. On ne compte plus les « Un vrai pilote sait toujours ce qu’il y a dans son coffre », ou les glorieux « Papa a du pain sur la planche » dont nous a gratifié la saga.

Mais Fast & Furious devrait rester dans les mémoires grâce à une réplique éternelle. Nous la devons à Dwayne Johnson, qui balance fièrement un immortel : « Je vais te péter le doigt en 6, et te le carrer dans un endroit qui ne voit jamais le jour. »

Mais toutes ces merveilleuses inventions langagières ne sauraient égaler celle-ci, issue du premier opus de la franchise :

« On m’appelle Hector. J’ai aussi un nom de famille, mais j’arrive pas à le prononcer. »

 

 

Les acteurs Shakespeariens

Pour lier tous ces incroyables ingrédients, Fast & Furious a recours à un élément imparable : le casting ! Il est en tout point invincible.

Vous aimez les acteurs mauvais comme des cochons et neurasthéniques ?

Vin Diesel.

Vous aimez les gentils bad boys au cœur gros comme ça ?

Paul Walker.

Vous aimez les filles, surtout quand elles vous tapent sur la gueule après vous avoir écrasé une pinte de bière en plein visage ?

Michelle Rodriguez.

Vous aimez Wonder Woman ?
Gal Gadot.

Vous êtes un grand amateur de viande aux hormones et un muscle contracté à l’extrême vous émeut ?

Dwayne Johnson.

Vous aimez les fous furieux à l’ancienne, qui n’ont pas besoin de voiture, de missile ou de gadgets pour mettre une mégalopole à feu et à sang ?

Jason Statham.

Vous aimez le cinéma ?

Kurt Russell.

 

Voilà autant d'ingrédients qui font de Fast & Furious 7 une sorte de monument inclassable. Pas tantun plaisir coupable que l'instantané d'une industrie cinématographique mutante et opportuniste, qui agrège les influences venant de toutes parts, pour nous cuisiner une invraisemblable pièce montée. Peut-être pas très digeste, mais dont on a toujours envie de reprendre une part.

Tout savoir sur Fast & Furious 7

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commentaires
Samcro52100
02/04/2015 à 18:40

Pourquoi Gal Gadot est au générique sans être dans le film ?????

sylvinception
02/04/2015 à 12:53

"Vous aimez les acteurs mauvais comme des cochons et neurasthéniques ?"

Mathieu Kassovitz LIKE that!!

sylvinception
02/04/2015 à 12:51

"L'impact philosophique" LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOLLLLLLLLL!!!

Parfait tout ça, mais par contre beaucoup, beaucoup trop de Tyrese Gibson à mon goût, insupportable beauf bling-bling.

ZarAtoustra
01/04/2015 à 12:34

Dommage de ne pas parler de la mise en scène qui, depuis l'exploit de Justin Lin sur l'episode 5, s'empare de toute la puissance de l'image, du son et du montage pour faire de ces virées automobiles les séquences les mieux chorégraphies et mises en scènes du cinéma d'action de ces dernières années !

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