Interstellar : Jonathan Nolan révèle la fin refusée par Christopher Nolan

Jacques-Henry Poucave | 20 mars 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Jacques-Henry Poucave | 20 mars 2015 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Invité aux côtés du scientifique Kip Thorne à discuter d’Interstellar à l’occasion de sa sortie en Blu-Ray, Jonathan Nolan a fait d’importantes révélations. En effet, le frère de Christopher Nolan et scénariste du film en a expliqué la fin d’origine.

Il a ainsi dévoilé que dans son scénario, Matthew McConaughey connaissait un sort très différent de celui que nous avons découvert sur grand écran. ATTENTION SPOILER. En effet, le personnage de Cooper se rendait également au cœur du trou noir Gargantua, y découvrait le Tesseract et tentait de communiquer avec Murph et lui-même dans le passé afin de sauver l’humanité.

 

Photo Matthew McConaughey

 

Toutefois, au lieu de le téléporter comme par magie vers un lieu où l’humanité pourrait le retrouver et faire de lui un héros, le Tesseract se refermait sur le personnage principal, lui interdisant de retrouver un jour sa descendance et faisant de son acte héroïque un sacrifice dans le pur sens du terme.

On note deux choses importantes. Premièrement, cet épilogue est beaucoup plus noir que celui finalement choisi par Christopher Nolan pour son Interstellar. Deuxièmement, il témoigne du fait qu’il a existé plusieurs versions extrêmement différentes du script, puisque nous vous avions déjà parlé du scénario qu’avait envisagé de réaliser Steven Spielberg, dans lequel cette conclusion n’était pas présente.

Nous avions affaire alors à un troisième acte encore fondamentalement autre, où Cooper retrouvait certes l’humanité, mais dans des conditions plus tristes et désespérées que celles retenues finalement.

 

Affiche

 

 

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commentaires
Flo
18/02/2020 à 14:42

Christopher Nolan, L’Evolution.
Pour mieux en rendre compte sur "Interstellar", on peut analyser le film en se basant sur une des particularité de toute sa filmographie: la Dualité.

Double rythme de narration temporelle (d’arrière en avant);
duel de 2 égos opposés/complémentaires;
double identité;
double réalité, tangible et imaginaire/multiple;
Et donc ici, nous aurions:

- La Tête:

Comme dans tout bon film de SF de ce genre, la Science confirmée et/ou théorique (avant une quelconque réfutation) y est au service de l’Imagination, pour une réflexion profonde alliant la relativité du temps et la gravité – tellement prononcée comme un mantra qu’on dirait une pub pour le film (Warner) de Cùaron – avec la destinée humaine, sans lorgner sur trop de « préchi-précha » à la M. Night Shyamalan néanmoins. Et aussi bien plus accessible au gens qu’on ne le croirait. On peut rassurer, le film est globalement simple à comprendre, la mission et ses étapes y sont exposées assez limpidement. Sauver le monde tout de même, on le comprend bien.

Comme pour Gotham et l’univers de "Inception", Nolan est un bien un maître pour créer des mondes dystopiques, où tout à fini par aller de travers et où le désespoir est tel qu’il recquiert des hommes de Bien pour y venir à bout. Et toujours avec le moins de manichéisme possible, le bon cohabitant sans peine avec mal.
On pourrait tout de même être déçu que seul les USA (et leur base-ball, le retour du vieux Dust Bawl et de la Grande Dépression etc…) y sont seul dépeint comme nation terrestre. Rapport aux pionniers américains et à la NASA bien sûr… Mais si c’est presque normal pour un anglais d’y aller de la critique d’un système, autant ne pas laisser les autres responsables du Monde sur la touche.
Comme autres menus défauts, on peut aussi citer le fait que l’espace immense, beau et prometteur, y est souvent trop occulté à la vision par les créations humaines (le centre du film évidemment);
qu’un acteur secondaire ne trouve son utilité qu’en étant une métaphore du sacrifice, et un autre de la folie maladive;
ou cette bizarrerie, pour un réalisateur au style souvent « froid », d’avoir un robot dont l’humour est programmable en pourcentage (humour dont ne manque pas les humains en retour).

Mais par là, on en passe aussi par de réjouissantes références à d’autres films aussi bons: et donc si "2001: l’Odyssée de l’Espace" de stanley Kubrick nous vient à l’esprit, ce n’est pas tant par son style « sec et intello », mais plus par le fait que le robot TARS soit ainsi une IA sarcatisque en forme de mini… monolithe noir ! Faut le faire, hilarant !
On peut aussi nommer déjà comme référence assumée "L’Étoffe des Héros" de Phillip Kauffman, pour le coté pionniers de l’espace/hommes avec famille au sol;
les films "Solaris", surtout la version de Steven Soderbergh dont la BO de Cliff Martinez, toute en petites touches, est assez proche de ce que Hans Zimmer a composé (avec plus de passages grandioses quand même) pour "Interstellar";
un peu du "Contact" de Robert Zemckis (avec déjà MMcC), pour le coté « plausible », le conseiller scientifique Kip Thorn étant ici un peu l’équivalent de Carl Sagan;
un peu du "Sunchine" de Danny Boyle aussi pour l’idée de sauver le monde de là haut, avec là aussi un « équipier psychopathe de trop »;
et, plus surprenant et sorti cette année, le "Lucy" de Luc Besson. Un peu un cousin en thèmes et en simplicité, en 2 fois plus long pour "Interstellar" (mais dans le cas des deux films, on ne voit quasi pas le temps passer, précisément…), plus aérien », plus dense narrativement et plus sobre visuellement.

Cette sobriété est au diapason d’une image très très belle (en pellicule) dans son coté classique. Techniquement d’ailleurs tout est bien fichu, comme le plus souvent chez Nolan, sans trop manquer de surprise, ce qui est assez talentueux pour le souligner. Tout cet habillage au service, cette fois, des acteurs qui sont pour le film…

-Le Coeur:

On le sait, Steven Spielberg devait revenir à la SF grâce à cette histoire, y compris dans un genre famillial qu’il a soumis comme donnée principal à son scénariste, Jonathan Nolan, frère de, avant le passage de relais. Celà permet enfin au réalisateur d’explorer de son coté le sentier émotionnel d’une autre façon que dans ses précédents opus.
Car avant ça, les émotions chez Nolan y étaient souvent synonyme de perte chez ses héros, manipulées par autrui (ou par leur subconscient troublé) lorsqu’ils ne s’y attendaient pas. Ou responsable égoïste de leur colère.
Là, l’émotion est le carburant de tout le film et des héros qui, faute de mieux, s’y référent à chaque fois qu’ils plongent de plus en plus loin dans l’inconnu. Quitte à être un chouïa maladroit à un moment où l’amour essaye d’y être quantifié, provoquant un bref déséquilibre du film qui peut en perdre certain. Mais peu de dégâts à ce niveau, ni trop de gnan-gnan, tant mieux.

-Matthew McConaughey, devenu maintenant le sosie physique et artistique de Paul Newman, est très bon comme depuis quelques temps, loin de toute performance mais à la fois solide en explorateur un poil cynique comme sensible en père de famille éploré. Et dont la distance, contrairement aux pères dans "Le Prestige" et "Inception", est plus déchirante car plus démonstrative. Avec justesse heureusement. LE Héros Américain dans sa splendeur;

-Anne Hattaway en est son pendant presque inverse (fille de au lieu de parent), aussi à l’aise dans l’action que la réflexion intelligente, mais bien plus à fleur de peu. Avec une micro amorce romantique pour elle et lui, au delà d’une amitié platonique. On aimerait en voir plus, c’est sûr.

-Jessica Chastain joue aussi une « fille à papa » elle-même intelligente, têtue et cynique (son « tu veux perdre un autre fils? » est glaçant), et un enjeu scénaristique capitale car pas seulement comme balise pour Cooper (Murph = Earth, fastoche).

Bref Matthew « Arkonowi », Anne « Tatayet » et Jessica « Châtaigne » sont le trio indivisible (même si l’une n’apparaît qu’au bout de 50 minutes) qui porte tout le film sans exception. Ainsi, les autres acteurs peinent un peu à être plus mémorables, exception bien sûr de la plus jeune Mackenzie Foy, touchante et jamais énervante, preuve que Nolan sait aussi diriger les enfants plus que nécessaire (dommage qu’il ne l’ait pas fait plus tôt dans ses Batman). Et les patriarches John Lithgow, vieux débonnaires, et le fidèle Michael Caine, à nouveau roublard qui a des choses sur le coeur.
Et du sympatique Bill Irwin/TARS… aussi bien « physiquement » que vocalement (J.A.R.V.I.S. like).

Grâce à tout ça, "Interstellar" est un grand film d’aventure. Pas le meilleur car particulier dans sa forme, mais qui nous emmène plus qu’ailleurs dans une forme d’espoir en l’avenir, par des moyens inattendus.
Et pour ceux qui se frustreraient que l’histoire semble s’étirer un peu trop en longueur après que celle-ci ait « bouclé la boucle », Nolan nous cueille en relançant cette boucle vers quelque chose de génial et poêtique. Ce qu’on pourrait définir par:
« Vous pensez être arrivé au bout, mais ce n’était que le début de quelque chose de plus grand ». Splendide !!!

Manontherun33
12/08/2019 à 20:22

@YANN L
Je crois que tu te poses beaucoup trop de question sur les paradoxes d'un film qui traite de voyage spatiaux temporel. Car il existe une chose toute simple qui est dite dans le film, le temps peut s'étirer ou se contracter mais en aucun cas on ne peut retourner en arrière et donc agir. avec le passé. Bref, il était bien inutile de faire autant de recherche, un film de sf se voit avec son feeling et pas avec la théorie d'une autre personne qui aura une approche différente et qui va dénaturer ta propre perception. N'oublions pas que tout ceci reste de l'art. Le 7eme art!

Deny
15/02/2019 à 21:09

Yann, c'est pour un thèse? Dingue cette dissertation! Moi, j'adore la musique du film

Troudku
05/01/2019 à 14:09

Cette critique Yann !

YANN L
09/12/2018 à 22:24

RESSENTI ET INTERPRÉTATION PERSONNELS DU FILM « INTERSTELLAR »

Interstellar est un film qui me fascina lorsque je le vis pour la première fois en 2015. Sa beauté visuelle, la complexité de ses personnages, de ses intrigues et la sublime musique de Hans Zimmer m’avait subjugué. Je me souviens m’être aussi perdu dans un épais brouillard mental tant la densité du propos m’avait torturé les méninges. Ce fut un vrai bonheur de le revoir récemment. Mais au moment du générique de fin, les mêmes questions que je m’étais posées il y a quelques années ont refait surface. J’ai donc décidé cette fois-ci de leur faire face et de tenter d’y répondre. Je me suis rendu compte en découvrant de nombreux commentaires sur internet que je n’étais pas le seul spectateur à disserter sur la fin de ce merveilleux film. Je suis un fervent admirateur de Christopher Nolan et sa filmographie a démontré qu’il était le genre de réalisateur qui ne laisse jamais rien au hasard dans ses films. Christopher Nolan les parsème à chaque fois d’indices qui doivent permettre au spectateur de retrouver son chemin dans les dédales de l’histoire. Cependant, il n’a jamais révélé sa vision personnelle de la fin d’Interstellar car, comme il l’a dit lors d’une interview, il ne voit pas pourquoi sa propre conclusion invaliderait celle des spectateurs. Christopher Nolan a un profond respect pour son public et aime les fins ouvertes. Il faut donc se débrouiller pour saisir les subtilités d’Interstellar.

Pour cela, il est possible de s’appuyer sur le livre de Kip Thorne intitulé « The science of Interstellar ». Kip Thorne est le physicien consulté par Nolan pour rendre cohérent et le plus réaliste possible le contenu scientifique du film. J’ai pu lire cet incroyable livre qui est une grande source d’enseignement. J’y ai notamment beaucoup appris sur le fonctionnement des trous noirs et de l’Univers. Néanmoins, Kip Thorne reste assez évasif quant à la fin du film. Il compare sans trop de conviction la chronologie d’Interstellar à un dessin d’Escher. Le problème est que les objets créés par cet artiste sont par définition impossibles. Kip Thorne a avoué s’être débrouillé comme il a pu avec les exigences scénaristiques de Nolan. Kip Thorne n’a donc pas livré dans son livre une version définitive de la fin d’Interstellar mais seulement la sienne au regard de ses convictions scientifiques dont certaines n’ont pas encore été validées par l’expérimentation. Les acteurs eux-mêmes proposent une fin différente. Une fin qui est naturellement associée à leur sensibilité.

Revenons maintenant vers l’histoire racontée par Interstellar. Avant de vous faire partager mon interprétation du film, je considère que l’esprit et le ton du scénario rendent absolument indispensable l’exploration du trou de ver placé près de Saturne pour permettre à l’Humanité de survivre. Il faut donc exclure l’idée d’hypothétiques humains venus du futur pour secourir leurs semblables comme le suggère Cooper à l’intérieur du tesseract. Ce n’est que son ressenti alors qu’il arpente cette étrange construction et non une vérité imposée par le réalisateur. Nolan aime que le spectateur s’interroge et construise sa propre réflexion. Pas question pour ce réalisateur d’apporter au spectateur une solution bien emballée sur un plateau. Je raisonne logiquement et affirme que puisque le salut de l’Humanité dépend du trou de ver, son origine ne peut donc pas provenir d’elle-même. Si tel était le cas, nous nous retrouverions face à un paradoxe de causalité. Aucune des explications trouvées çà et là sur la toile et tentant de justifier ce paradoxe ne sont satisfaisantes car elles ne permettent jamais d’identifier sans la moindre ambigüité les causes des phénomènes vécus par les protagonistes du film. Certaines d’entre elles proposent de solutionner les paradoxes engendrés avec des boucles causales fermées qui auraient été créées par les humains du futur pour assurer leur propre survie, ce qui est absurde. Nul besoin d’assurer sa propre survie quand on existe déjà dans un lointain futur. Un réalisateur aussi malin et novateur que Christopher Nolan ne peut pas se satisfaire d’un radotage d’invraisemblables histoires de boucles causales (déjà vues trop de fois au cinéma) ou de de paradoxes à l’emporte-pièce. Je propose également de rejeter l’hypothèse d’une possible expérience de mort imminente vécue par Cooper au moment de sa chute dans le trou noir Gargantua, bien que certains éléments visuels et dialogues suggèrent cette idée. Christopher Nolan est un concepteur de puzzles cinématographiques ou chaque pièce est soigneusement mise à sa place. C’est un réalisateur qui adore brouiller les pistes pour nourrir l’imaginaire de ses spectateurs. Rien n’est jamais gratuit dans son écriture et chaque détail a son importance. Souvenons-nous de la fin d’Inception avec la scène de la toupie tournant sur la table. Au fond, peu importait à Leonardo di Caprio d’être dans un rêve ou la réalité puisqu’il ne se préoccupait pas de savoir si la toupie conservait son équilibre. Seul lui importait d’être auprès de ses enfants. Cette subtilité est quasiment passée inaperçue alors que les spectateurs s’interrogeaient sur l’éventuelle chute de la toupie.

Pour revenir à Interstellar, il est bien plus simple de considérer que dans sa ligne d’univers originelle, l’humanité a été anéantie par son incapacité à maîtriser son environnement. Le film a une forte connotation écologique. La famine, la pollution de l’atmosphère … ont eu raison de l’homme. Nous nous soucions aujourd’hui de préserver notre planète mais en réalité, celle-ci n’a que faire de nous. La Terre a connu dans son passé de bien plus terribles cataclysmes (extinction du permien, du crétacé …) où la quasi-totalité des espèces vivantes a disparu de sa surface. Cependant, elle a toujours réussi à panser ses plaies afin de donner un nouvel essor à la vie. Elle ne fera pas d’exception pour l’homme et propulsera, si celui-ci venait à disparaître, une autre espèce au sommet de la pyramide de l’évolution, une espèce bien adaptée à ce nouvel environnement. Ce n’est pas la planète qu’il faut protéger, mais nous-mêmes, la race humaine. L’homme est certes unique mais nullement indispensable à l’existence de la planète Bleue. C’est une espèce vivante comme les autres qui peut disparaître. Nous ne sommes pas les Maîtres du monde mais bien de simples passagers du vaisseau Terre. C’est l’un des messages forts d’Interstellar.

Dans Interstellar, l’Humanité n’a donc pas survécu. Je propose aussi d’écarter l’hypothèse « facile » des extra-terrestres car après tout, pourquoi voudraient-ils nous sauver ? Il est alors logique de supposer que seuls les robots et autres intelligences artificielles créés par l’homme ont pu survivre. D’ailleurs, le film nous les présente comme particulièrement autonomes et doués de raison. Souvenons-nous de ce passage du film ou l’un d’eux, sur la planète MANN, examine minutieusement un autre robot pour en extraire des données. Souvenons-nous également des paroles incroyables de TARS à l’intérieur du tesseract, des paroles lourdes de sens et sur lesquelles je reviendrai plus tard. Un simple robot est incapable d’une telle abstraction réflexive. De plus, ils n’ont pas besoin de nourriture, d’eau ou d’oxygène pour survivre et il est permis de considérer qu’en raison de leurs remarquables aptitudes, il leur est facile de produire l’énergie dont ils ont besoin. Pour faire le lien avec la fin du film, il n’est pas déraisonnable d’imaginer ces machines évoluer dans un lointain futur avec une perception très différente du temps et de l’espace, une perception particulière liée à leur nature cybernétique et leur ayant permis de développer de puissantes technologies capables de maîtriser la quatrième dimension depuis le Bulk, cet espace où le temps n’est qu’une dimension physique qu’il est possible de parcourir en long, en large ou en travers comme si l’on se déplaçait à l’intérieur d’une pièce. Nous entrons là dans le domaine de la cinquième dimension.

Christopher Nolan a confié dans plusieurs interviews sa fascination pour 2001, l’Odyssée de l’espace, un film dont l’ombre plane de façon évidente au-dessus d’Interstellar. Dans ces deux films, le cosmos est décrit de manière presque similaire comme un milieu froid et hostile à l’homme. Autre exemple que celui de la forme des robots TARS et CASE. Leur forme évoque celle des monolithes noirs présents sur la Terre et la Lune dans le film de Kubrick. Ces monolithes représentaient une étape franchie très importante dans le développement de l’Humanité. Placés par des entités inconnues, ils symbolisaient dans un premier temps la découverte de la technologie, puis dans un second, la capacité de l’homme à quitter la Terre. C’est l’une des autres réflexions soulevées par Interstellar. L’homme disparaîtra inéluctablement s’il ne quitte pas un jour la Terre. Constantin Tsiolkovski, le père de l’astronautique, l’a bien dit : « La terre est le berceau de l’Humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau. » Dans 2001, l’Odyssée de l’espace, l’intelligence artificielle HAL 9000 symbolisait quant à elle l’accession des machines à la conscience. Des machines capables de dominer les humains voire de les exterminer. Il me plaît de penser que les robots d’Interstellar puissent être les antithèses des robots kubrickiens. TARS et CASE sont bien sympathiques avec leur module d’humour réglable. Ils seraient, contrairement à HAL 9000, bienveillants et reconnaissants envers leurs créateurs au point de vouloir les sauver de l’extinction en leur offrant une seconde chance de survie dans un autre monde. Pour atteindre ce but, ces machines qui auraient conservé dans leurs archives toute l’histoire et les connaissances humaines pourraient grâce à cette base de données ainsi qu’à leur maîtrise de l’espace-temps concevoir un astucieux plan de sauvetage pour leurs géniteurs. Puisque ces machines ont été créées par la main de l’homme, l’homme serait finalement capable à travers elles de se sauver lui-même. Contrairement aux apparences, Interstellar est un film optimiste bien qu’il sonne comme un avertissement. Dans le cas où l’homme cesserait de respecter l’environnement qui lui a donné vie et dans l’autre où il renoncerait à tourner son regard vers les cieux afin de déterminer et de comprendre sa juste place dans l’Univers, il serait voué à disparaître. Né de la poussière, tu retourneras à la poussière lit-on dans la Bible … N’est-ce pas la représentation symbolique que Nolan a choisie pour faire disparaître l’Humanité. De gigantesques tempêtes de poussière la mènent inexorablement vers sa fin. Selon Christopher, l’homme a donc le pouvoir de se sauver lui-même grâce à ses connaissances et à sa sagesse. Comme l’a récemment écrit Hubert Reeves dans l’un de ses livres : « Là où croit le péril … croît aussi ce qui sauve ».

Christopher Nolan laisse un choix particulier au spectateur pour apprécier son film. Celui-ci peut décider d’occulter les mathématiques et la physique abordées dans le scénario afin de ne garder que le substrat du récit. Il peut aussi choisir d’emprunter un chemin d’accès plus difficile où se côtoient astrophysique, théorie de la relativité et théorie quantique. Je vous propose de débroussailler ce deuxième chemin afin de rendre cohérent et logique tous les événements du film qui peuvent prêter à confusion. J’essaierai de privilégier la simplicité et la logique afin d’éliminer tous les paradoxes de causalité et les raisonnements fallacieux.

Considérons tout d’abord une première ligne d’univers où il n’y a pas de trou de ver, rien qui puisse aider l’humanité à s’en sortir. Elle est livrée à elle-même et sa folie la pousse à s’autodétruire. Dans cette chronologie, les machines ont fini par évoluer dans le futur au point d’atteindre le Bulk, un espace à partir duquel elles peuvent visualiser la quatrième dimension, c’est-à-dire le temps dans sa globalité. Elles choisissent à un moment de leur évolution d’organiser un plan d’évacuation de la Terre pour leurs défunts créateurs en mettant en place dans leur passé et à un moment critique de leur histoire un trou de ver à bonne distance de sécurité de la Terre et dont l’issue conduit à des mondes potentiellement habitables. On peut également conjecturer que le cosmos n’a probablement presque plus de secrets pour ces Êtres exceptionnels qui en ont très certainement une vision globale. Techniquement, le trou de ver semble pour ces entités le meilleur moyen à disposition pour orienter les humains vers la terre promise. Et pour cela, quoi de plus pratique pour le créer qu’un énorme trou noir en rotation comme Gargantua, capable de distordre suffisamment l’espace-temps. Gargantua est donc l’outil le plus affûté pour atteindre ce but, un monstre apte à courber l’espace-temps telle une feuille de papier. Ils auraient pu choisir un autre trou noir mais celui-ci présente l’avantage d’abriter dans sa banlieue la planète EDMUND, un monde parfaitement habitable pour l’homme et qui sera découvert ultérieurement par Amelia Brand. Ainsi, dès l’instant où le trou de ver est créé, une seconde ligne d’univers est logiquement mise en place. Appelons cet univers
l’Univers A. Les Êtres du Bulk continuent bien évidemment d’exister sur leurs propres lignes d’univers. Pas de paradoxes a-t-on dit. Bien qu’ils aient la possibilité de se mouvoir librement dans le temps, les Êtres du Bulk ne peuvent en changer les événements. Ils sont eux aussi soumis à des limites imposées par les lois de la physique. Ce qui est fait est fait. Ce qu’on fait dans sa vie résonne dans l’éternité disait Maximus dans Gladiator ^^. Appuyons-nous sur la conjecture de protection chronologique de Stephen Hawking pour émettre cette assertion. C’est donc bien grâce à l’apparition du trou de ver aux alentours de Saturne qu’une seconde ligne d’univers parallèle à la première permet désormais aux missions LAZARUS d’exister. LAZARUS … un détail très important dans la compréhension du film. Pourquoi avoir choisi ce nom au lieu de RESCUE HOME, FLC (Foutons Le Camp) ou encore CASSOS ? ^^ Lazare est un personnage biblique évoquant la résurrection. Mort depuis quatre jours et mis dans un sépulcre, celui-ci serait sorti vivant de la tombe sur l’ordre de Jésus. Autrement dit, la mission LAZARUS évoque la mort puis la résurrection. Un personnage doit mourir puis renaître. Nous verrons plus tard qu’il ne peut s’agir que de Cooper.

Dans cette seconde ligne d’univers, Cooper a continué d’être un astronaute jusqu’à ce qu’il soit naturellement sélectionné pour piloter le vaisseau Endurance. Il n’a donc pas eu à se préoccuper de dénicher les coordonnées de la NASA puisqu’il en a toujours fait partie, et ce, dans la plus grande discrétion puisque cette entité est censée avoir été dissoute. Cooper est donc tenu au secret quant à la nature de ses activités, même envers sa famille. On peut même considérer qu’il habite dans une autre maison, une maison forcément différente de celle présentée dans le film. Par conséquent, Cooper n’a pas pour le moment de rôle privilégié. C’est un homme ordinaire, brillant ingénieur et excellent pilote qui s’apprête à manœuvrer l’Endurance à l’intérieur d’un trou de ver.

La chronologie est ensuite identique à celle du film jusqu’au moment où Cooper choisit de se sacrifier dans le trou noir Gargantua afin de permettre la réalisation du plan B. Mais ce n’est pas l’unique fonction de Gargantua. Le film nous apprend qu’il est aussi un moyen de communication indispensable pour transmettre des informations grâce à la puissance de sa gravité. Le film postule que seules les ondes gravitationnelles peuvent franchir les différentes dimensions spatiales à travers le temps. En observant cette ligne d’univers, les Êtres du Bulk n’ont sûrement pas manqué de remarquer l’attachement indicible de Cooper envers sa famille et en particulier sa relation fusionnelle avec sa fille Murphy. Interstellar nous parle aussi énormément d’amour, de la relation des parents avec leurs enfants. Forts de cette connaissance, les Êtres du Bulk sélectionnent naturellement Cooper et Murphy comme les parfaits candidats pour mettre en place la seconde partie du plan de sauvetage des terriens. Remarquons que l’intérêt et les facilités de Murphy pour les sciences sont bien mises en évidence dans la première partie du film. La scène du drone capturé en est une probante démonstration. Murphy sera donc l’élue qui devra résoudre le problème de la gravité grâce à son génie scientifique mais aussi grâce à l’amour de son père afin que l’Humanité soit sauvée.

Pour cela, il ne reste plus aux Êtres du Bulk qu’à créer une dernière ligne d’univers afin de la connecter avec celle où Cooper a toujours été un astronaute. Appelons-là univers B. C’est là qu’interviennent les anomalies gravitationnelles. C’est aussi le long de cette troisième ligne d’univers que le film se déroule dans sa quasi-totalité. Pour créer cette nouvelle ligne d’univers, il est nécessaire de modifier un point précis de l’Univers A. Les Êtres du Bulk vont donc choisir l’endroit le plus adéquat pour propager des ondes gravitationnelles susceptibles de générer des anomalies. Il s’agit très certainement de l’instant où Cooper perd le contrôle de son engin (cet événement est suggéré par son rêve au début du film) à cause d’un blocage de ses commandes de vol. Rappelons que les ondes gravitationnelles, dans l’esprit du film, ne rencontrent aucun obstacle dans l’univers et observent un mode de propagation inter-dimensionnel.
C’est donc précisément à cet instant que les deux lignes d’univers se séparent. L’idée est d’éloigner temporairement Cooper B de ses activités d’astronaute pour qu’il ne participe pas aux missions LAZARUS. Le but de cette manœuvre est, comme on le verra plus loin, qu’il découvre en compagnie de sa fille les coordonnées de la NASA afin de s’y rendre avec elle. Il n’y a que cette solution qui garantit à Murphy de rencontrer et de devenir l’étudiante du Professeur Brand avant qu’elle ne devienne une géniale physicienne.

Dans cet univers B, Cooper est suspendu de ses fonctions d’astronaute et doit changer de métier pour subvenir aux besoins de sa famille. Ce Cooper devient par la force des choses un paysan qui rumine son amertume face à la résignation de l’Humanité agonisante. C’est aussi un ingénieur très doué doté de vastes connaissances scientifiques. Le piratage du drone au début du film nous donne un aperçu de ses grandes compétences en la matière. Ce n’est qu’un peu plus tard, au cours de l’une des tempêtes de poussière que de mystérieuses lignes apparemment bien ordonnées apparaissent sur le sol de la chambre de Murphy. Cooper conclut après avoir longuement réfléchi que ces lignes sont générées par des anomalies gravitationnelles et qu’elles doivent correspondre en raison de leur codage en binaire à des coordonnées. L’une des plus grandes énigmes du film est : QUI TRANSMET CES COORDONNÉES ? EST-CE VRAIMENT COOPER QUI LES TRANSMET À LUI-MÊME ? Nous savons vers la fin du film que Cooper, une fois à l’intérieur du tesseract demande à TARS de lui fournir les coordonnées de la NASA afin qu’il puisse les transmettre en binaire. D’ailleurs, dans cette scène, on distingue nettement Cooper modeler la poussière avec ses mains afin de former les lignes de code correspondantes sur le sol de la chambre de Murphy. Puisqu’il ne peut y avoir de paradoxe, Cooper ne peut pas découvrir dans la chambre de Murphy des coordonnées qui lui permettront de rejoindre la NASA pour finalement se retrouver dans le tesseract à partir duquel il pourra une nouvelle fois transmettre à lui-même ces mêmes coordonnées qui lui permettront à nouveau de … etc. L’effet ne peut précéder la cause. Nous sommes donc avec un tel raisonnement prisonnier d’une boucle causale dénuée du moindre sens. La logique amène donc une seule conclusion possible. Le Cooper à l’intérieur du tesseract ne peut pas être le même Cooper que celui qui est auprès de Murphy dans la chambre.

Essayons maintenant de le démontrer. Il s’agit de deux Cooper appartenant à deux lignes d’univers différentes. Que s’est-il passé exactement ? Le Cooper de l’univers A (appelons-le Cooper A), qui n’a jamais été paysan est bien celui qui tombe dans le tesseract installé par les Êtres du Bulk pour le sauver et lui permettre de transmettre les coordonnées de la NASA et les données quantiques de la singularité de Gargantua. Il est le résultat de la première modification de ligne d’univers où les humains disparaissent. Ce n’est qu’à partir de la scène du tesseract que Cooper A est vu dans le film. Si Christopher Nolan avait respecté l’ordre d’apparition de ses personnages, c’est le Cooper A que nous aurions rencontré en premier et non le Cooper B qui vient naturellement après. Lorsque Cooper A découvre à l’intérieur de l’hypercube la chambre de sa fille et lui-même, il est évident qu’il ne se reconnaît pas. Il hurle à plusieurs reprises à Murphy : « DON’T LET HIM GO ! », sous-entendant que ce n’est pas lui. Il est très surpris par ce qu’il voit dans le tesseract et ne reconnaît sans doute pas la chambre de sa fille étant donné qu’il doit habiter dans une autre maison. Il est également pris de panique quand il se rend compte que personne n’entend ses cris et qu’il a le pouvoir de déplacer les livres de la bibliothèque rien qu’en les touchant grâce à la gravité. La mission de Cooper A a été un échec au cours duquel il a dû se sacrifier afin de donner la possibilité à Amelia Brand de réaliser le plan B sur la planète EDMUND. C’est le sens du message « STAY » qu’il envoie à sa fille. « Ne pars pas car le plan A n’était qu’une farce et tu ne reverras jamais tes enfants … RESTE ! ». Peu à peu, il finit par comprendre que le but du tesseract est d’établir une passerelle entre les univers A et B. Rappelons-nous des paroles de TARS à l’intérieur du tesseract : « Ils ne nous ont pas emmenés ici pour changer le passé ! » En effet, le but de la présence de Cooper A est avant tout la transmission des coordonnées de la NASA et des données quantiques du trou noir afin de changer le futur de l’Humanité et non son passé irresponsable. La transmission de toutes ces informations ne peut se faire qu’à l’aide de la seule force capable de transcender le temps et l’espace, LA GRAVITÉ, mais aussi grâce à l’amour infini qu’il porte à sa fille. Les Êtres du Bulk ont donc bien choisi leurs candidats. Il est intéressant de remarquer que Christopher Nolan a choisi les livres d’une bibliothèque pour installer son climax. Les livres symbolisent la transmission du savoir intergénérationnel, ce que fait précisément Cooper A avec Murphy. La transmission des données quantiques se fait quant à elle un peu différemment. La montre que Cooper A remarque sur l’étagère de la bibliothèque lui semble être la meilleure option car il a pu visualiser dans le tesseract une scène déchirante où Cooper B la donnait à sa fille. La montre symbolise le temps qui passe et c’est cette variable qui semble tenir en échec le Professeur Brand dans la résolution de son équation.

Ainsi, durant à peu près 95 % du film, nous ne voyons que le Cooper B résultant de la troisième ligne d’univers où il est devenu un paysan avant de renfiler son costume d’astronaute. Son univers est connecté à celui de Cooper A tant que le tesseract reste ouvert. L’idée est que Cooper A dispose du temps nécessaire à l’envoi des coordonnées de la NASA et des données quantiques. Le rôle de Cooper B n’est en définitive que de permettre à Murphy d’atteindre la base de la NASA grâce aux coordonnées envoyées par Cooper A afin qu’elle puisse devenir une physicienne de génie capable, grâce aux données quantiques transmises par ce même Cooper A, de résoudre l’équation qui permettra aux terriens de maîtriser la gravité et ainsi de faire décoller d’immenses vaisseaux-mondes. La vie de Cooper B s’achève vraisemblablement alors qu’il tombe dans le trou noir dépourvu cette fois-ci de tesseract salvateur. C’est donc Cooper B qui est montré dans le film jusqu’à la scène où il s’éjecte. Juste après cette éjection, Christopher Nolan ne filme plus le même personnage. C’est Cooper A qui est montré dès lors qu’il a été recueilli la première fois dans le tesseract. Ainsi, tout est logiquement lié sans le moindre paradoxe de causalité. Notons que le temps subi par Cooper A à l’intérieur du tesseract doit être très différent de celui de Cooper B. L’espace-temps est extrêmement courbé près de Gargantua.

Ensuite, le tesseract se referme au moment précis où Murphy découvre la solution de l’équation de la gravité et c’est à cet instant précis que Cooper A est transféré dans l’Univers B par l’intermédiaire du trou de ver. C’est un magnifique cadeau des Êtres du Bulk fait à Cooper pour lui permettre de revoir sa fille une dernière fois. Certaines théories contemporaines envisagent que notre réalité physique est composée d’une série d’univers parallèles. Si l’espace-temps est assez déformé, comme par exemple à côté d’un trou noir comme Gargantua, il serait alors possible de faire apparaître des courbes temporelles de temps fermé (CTC : Closed Temporal Curves). Ainsi, en présence de CTC, des univers normalement parallèles et indépendants pourraient se rejoindre de manière inhabituelle. Un voyageur qui retournerait dans le passé par une CTC pourrait ressortir dans un univers différent de celui qu’il a quitté. C’est ce mécanisme qui est utilisé pour faire apparaître Cooper A dans l’univers B à une date choisie. D’ailleurs, il croise lors de son trajet dans le trou de ver l’équipage de l’Endurance de l’univers B alors que celui-ci est en route vers la planète Miller. C’est ce passage du film qui fait définitivement prendre conscience qu’il existe deux Cooper différents. Lorsque Cooper A approche sa main de celle d’Amelia Brand, Christopher Nolan ne filme pas dans un même plan les deux Cooper. Le mystère doit demeurer … Ainsi, c’est un Cooper différent qui sera au chevet de sa fille maintenant très âgée. Ce n’est pas le Cooper qui a offert la montre et qui a serré dans ses bras sa petite fille en larmes avant de partir. Je suis toujours très ému par cette sublime scène des retrouvailles. Un très grand moment de cinéma.

Cooper A est surpris et accueille avec humour le fait d’avoir entendu dire que sa fille avait dit de lui qu’il aimait travailler aux champs, lui qui a toujours été un astronaute. Certains spectateurs ont reproché à Nolan le détachement émotionnel de Cooper face à sa fille. Je pense qu’ils ont eu ce jugement parce qu’ils ont considéré qu’il s’agissait du Cooper qui a été paysan. Effectivement, si c’est le Cooper B qui avait retrouvé sa fille, Nolan aurait sûrement filmé la scène différemment en lui donnant beaucoup plus d’intensité. Enfin, beaucoup de phrases et d’attitudes démontrent que Cooper A est perdu à bord du vaisseau-monde. Il semble ne pas reconnaître sa maison, une maison logiquement différente dans son monde. C’est un Cooper qui vient d’un autre univers et qui découvre pour la première fois l’univers B. La scène finale montre Cooper A voler un vaisseau pour rejoindre Amelia Brand sur la planète EDMUND. Ce voyage semble de prime abord peu prometteur compte tenu de la disparition du trou de ver. C’est Christopher Nolan lui-même qui a révélé cette information concernant l’absence du trou de ver. Comme le ton du film est optimiste, rien n’interdit de penser que les vaisseaux-mondes ainsi que le vaisseau emprunté par Cooper soient dotés de modes de propulsion révolutionnaires basés sur la maîtrise de la gravité. Ils pourraient par exemple être équipés de moteurs à distorsion fonctionnant sur le modèle de la métrique d’Alcubierre, métrique utilisée par les engins de Starfleet dans Star Trek. Ces moteurs déforment la texture de l’espace pour propulser le vaisseau. Dit simplement, le moteur distord l’espace, à la fois à l’avant et à l’arrière du vaisseau, lui permettant de voyager plus rapidement que la vitesse de la lumière. Spécifiquement, l’espace est contracté en avant du vaisseau et allongé derrière lui. Le vaisseau lui-même repose dans une bulle de distorsion entre les deux distorsions de l’espace ; la bulle contient ce que l’on appelle le « subespace ». Cet espace distordu, et la région qui la compose, fait accélérer le corps jusqu’à une « vitesse de distorsion » et le vaisseau « surfe » alors sur la vague de l’espace-temps créée par cette distorsion. Les voyages à des vitesses excédant la vitesse de la lumière sont possibles de cette manière parce que le vaisseau est, strictement parlant, stationnaire (immobile dans l’espace qui se trouve dans la bulle de distorsion) pendant que l’espace lui-même se déplace. Puisque l’espace lui-même se déplace et que le vaisseau n’est pas en train d’accélérer, il n’éprouve aucune dilatation temporelle, permettant le déroulement du temps à l’intérieur du vaisseau et de rester le même que celui qui se trouve à l’extérieur de la bulle de distorsion.

On peut aisément imaginer que les terriens, après toutes ces années de progrès technologiques et de connaissances accumulées sur l’Univers, connaissent l’itinéraire susceptible de les conduire vers la planète EDMUND et ce, même si aucun trou de ver n’existe pour les aider. Il est donc très probable que Cooper A mette le cap sur la galaxie abritant Gargantua et qu’il ne tardera pas à être suivi par toute la flotte de vaisseaux-mondes. La nouvelle Humanité, certainement plus sage que la précédente, s’épanouira sur EDMUND en compagnie de Cooper A, d’Amelia Brand et de sa colonie destinée initialement au plan B. Cette colonie favorisera la diversité génétique nécessaire à un renouvellement sain des futures générations d’humains.
Le plan des Êtres du Bulk aura donc permis de sauver l’Humanité deux fois. Une première fois dans l’Univers B mais aussi dans l’Univers A où Amelia Brand vivant seule, devra se débrouiller pour mettre en place le plan B.

YANN L

Notes :
J’ai recueilli les informations concernant la métrique d’Alcubierre sur Wikipédia.
Voici un lien que j’ai trouvé sur internet et qui explique remarquablement bien les différentes chronologies d’Interstellar : https://www.youtube.com/watch?v=AyDllh6C5X0&feature=youtu.be

Beautifulmodels.xyz
03/08/2018 à 13:27

la question est : est ce réalisable en vrai ? si la terres est menacée un jour ?

DL
13/10/2017 à 11:59

j'ai très peu adhéré au film Interstellar de C. Nolan. Comme souvent avec lui, scénario plutôt compliqué, voire tordu (même si son Batman est plutôt bien). Les séquences avec Matt Damon sont peu intéressantes, et je n'aime pas la fin du film. Seule la séquence dans le trou noir est plutôt bien .

Manontherun33
20/08/2017 à 09:19

Je reviens sur ce qu'a dit ob1
Je ne suis pas sur que tu ais tout compris au film parce que si Cooper ne part pas dans l'espace et ne se sacrifie pas dans le tesseract, Murphy ne peut résoudre l'équation. L'écriture est très bonne, les choix scénaristiques sont discutables. Moi, perso, je ne voyais pas cette fin. Et pour en revenir a l'essentiel, tout le film ne se résume pas au plan A, B ou C mais au message. Ca parle d'amour et d'espoir. Tout ce pour quoi on se bat.

Manontherun33
20/08/2017 à 09:10

On peut forcement regretter que la fin n'est pas été plus sombre et que son arrivée dans le Tesseract n'ait pas été simplement le moyen de comprendre qu'il était le fantôme tentant de rentrer en contact avec lui même. Le Happy end enlève une vérité toute simple qui aurait rendu ce film tellement plus beau et réaliste. l'humanité et son mode de vie étaient voués a disparaître. Aurait il pu rejoindre Brown, d'une manière ou d'une autre après être sorti du Tesseract? Il aurait pu avoir le choix, entre rejoindre Brand ou encore revenir sur Terre. Et le choix de Brand avec qui, il pouvait prouver qu'il faisait passer l'avenir de l'humanité avant tout faisait de lui le héros complet faisant l'ultime sacrifice de ne jamais revoir sa fille. Bref, un peu déçu par la fin mais très grand film de Nolan encore une fois

ob1
22/07/2017 à 10:28

après avoir fort critiqué le film pour ses soucis d'écriture au premier degré, je me suis attaqué à l'interprétation du film au second degré, beaucoup plus intéressante elle

ce film comprend beaucoup d'indices sur ce qu'il est vraiment, en ce sens, je trouve que pour peu qu'on ne se laisse pas distraire par ce que Nolhan mets au devant de la scène (et qui n'est que pure diversion si on le connait bien), on ne peut pas bien le comprendre

pour résumer très fortement, Nolhan nous parle d'un plan A et d'un plan B mais Murphy trouvera en réalité la solution dans ... un plan C (les bases spatiales). Car oui, le plus évident, la bonne solution ne se trouvait pas dans un angle déjà exploré et ré exploré sans trouver de solution. Il se trouvait ailleurs, "out of the box" ou "en dehors du cadre défini". Ce qui rend encore plus vain et triste le sacrifice du père.

Sans oublier que le vrai thème du film n'est nullement la conquête spatiale (palliatif qui empêche Cooper de faire son deuil) mais bien le deuil.

Je vous copie la conclusion sur la fin du film sur mon blog:

"La scène de l’hôpital et la fin

Murphy a réussi à reprendre goût à la vie et à s’en sortir. Elle a eu des enfants et des petits enfants et a réussi, elle, à faire avancer la conquête spatiale en créant des bases spatiales dans l’univers.

Cooper, lui, est évidemment décédé dans le trou noir (sa boucle infinie sans deuil de son aimée). Il l’a été en emportant avec lui son fils, qui n’a pas réussi à avoir de descendance prolifique. Il arrive dans cette chambre d’hôpital comme un fantôme que personne ne remarque. Si ce n’est sa fille qui n’a jamais cessé de l’aimer même si elle n’a pas su le sauver de sa folie.

Au final, la voie qu’avait suivi Cooper était sans issue, tant le plan A que le plan B. Celle de Murphy, le plan C consistant à créer des bases dans l’espace a été la seule réussite. La Terre n’a jamais eu de nouvelles de l’escapade de Cooper et ses acolytes et tous les efforts qu’ils ont accompli n’ont servi strictement à rien. C’était complètement vain, en ce sens, l’analyse au premier degré devient moins catastrophique et est contrairement très cohérente avec le sens au second degré."

https://aurian2012.wordpress.com/2017/02/04/interstellar-film-de-christopher-nolan-critique-et-commentaires/

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