Ce soir à la télé on mate Les Liaisons Dangereuses et Sucker Punch

Jacques-Henry Poucave | 17 mars 2015
Jacques-Henry Poucave | 17 mars 2015

Ce soir à la télé, vous aurez droit à deux programmes de charme et comme la vie est belle, il vous sera même possible de les enchaîner. On attaquera bien sûr avec le chef d’œuvre de Stephen Frears, Les Liaisons Dangereuses, diffusé à 20h50 sur Chérie 25

Amour et turbulences

Festival de manipulation et de cruauté, l’adaptation du roman épistolaire de Choderlos de Laclos par un des plus brillants cinéastes anglais de sa génération est un pur régal. Le metteur en scène est parvenu à retranscrire à la perfection le ballet auquel se livrent deux prédateurs libertins, prêts à toutes les compromissions pour départager qui est le plus accompli dans l’art de la perversion amoureuse.

Mais sous ce vernis, c’est un romantisme vénéneux qui impressionne le spectateur. Car malgré les jeux de pouvoir et d’influences, tous les personnages sont finalement victimes de leurs sentiments et bien incapables de dompter les cœurs dont ils prétendaient triompher. Une amertume qui fait du film une tragédie morale et intime.

Un noble casting

Le film ne serait rien sans son impressionnante distribution. Glenn Close irradie d’un charisme animal et carnassier, tandis que John Malkovich déploie ici la perfidie qui définira longtemps la tonalité des rôles qu’il recevra.

Véritable révélation du film, Uma Thurman explose en innocente découvrant avec gourmandise les jeux de l’amour, tandis que Michelle Pfeiffer rappelle ici toute l’étendue de son talent.

 

Des flingues et des pépées.

Les libertins, les aristos amoraux et les coucheries de nobliaux, c’est bien beau, mais rien ne vaut de petites pépées obligées d’affronter des cyborgs, des dragons et des nazis pour échapper à la lobotomie. Oui, parce que c’est ça le scénario de Sucker Punch.

Plus sérieusement, le film vaut surtout pour le grand écart qu’accompli Zack Snyder entre une esthétique de jeux vidéo bas du front, dopée à l’action survitaminée et un fond d’une noirceur et d’une mélancolie peu commune, dont la noirceur risque de laisser un goût amer dans votre bouche.

Régressif et assommant, le film est aussi maîtrisé et labyrinthesque, exactement ce qu'il faudra pour vous propulser en orbite sur les coups de 23h10.

 

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