Inherent Vice : pourquoi Joaquin Phoenix et Paul Thomas Anderson nous font planer

Simon Riaux | 6 mars 2015
Simon Riaux | 6 mars 2015

Gentiment ignoré lors de la dernière cérémonie des Oscars, Inherent Vice n’en est pas moins un film remarquable, dernier en date de Paul thomas Anderson (There will be blood, Magnolia), pour lequel il retrouve Joaquin Phoenix.

Parce que sa bande-annonce mystérieuse et sa promotion relativement discrète n’ont peut-être pas suffi pour vous taper dans l’œil, on vous donne cinq bonnes raisons de ne surtout pas manquer cette enquête inclassable dans une Californie entre défonce, amour et folie douce.

Parce que c’est beau

Il y a quelques semaines, un accord entre Kodak, Nikon et les grands Studios visant à sauver la fabrication d pellicule était signé, alors qu’Hollywood s’apprêtait à enterrer cette technique au profit du numérique. Caprice de nostalgiques ?

Inherent Vice (comme Interstellar récemment) prouve que non. Pas besoin d’être un spécialiste pour réaliser en voyant le film qu’il ne ressemble pas aux productions contemporaines, que son image est travaillée bien différemment. Le réalisateur a tout simplement ressorti de vieilles pellicules des années 70, pour les tester, en retrouver le grain et traiter chimiquement la pellicule utilisée sur le tournage.

Une démarche qui eut été impossible en numérique.

Parce que le casting est à tomber

Joaquin Phoenix est un des plus impressionnants comédiens de sa génération, et on n’a pas l’habitude de le voir dans un rôle aussi déjanté et comique. Pour un peu, son personnage de Doc ferait presque office de révélation.

Mais il n’est pas seul, en policier brutal et frappadingue, Josh Brolin est hilarant. Quant au casting féminin, il impressionne également. Qu’il s’agisse de Reese Witherspoon, de la fascinante Katherine Waterston ou de Hong Chau, ces dames parviennent à impressionner la pellicule dans des rôles aussi déjantés que casse-gueules.

Parce que la B.O. va vous rendre dingue

Paul Thomas Anderson a toujours soigné ses bandes-originales et son sound design, mais là, on frise la perfection. Soulignant toujours délicatement l’atmosphère décalée du métrage, ou nuançant l’atmosphère d’une scène bizarroïde, les morceaux s’enchaînent et nous enivrent.

Parce que PTA est un des derniers auteurs d’Hollywood

Paul Thomas Anderson est un des descendants direct du Nouvel Hollywood, qui vit naître des auteurs tels que Coppola, Scorsese ou Cimino. D’eux il a retenu un goût pour une forme jamais figée, le désir d’interroger les mythes et héros américains.

Rares sont aujourd’hui les réalisateurs capable d’allier art de la mise en scène, profondeur du discours et casting digne d’un blockbuster Marvel. Et puis, il est un des tout derniers à savoir peindre de grandioses loosers.

Parce que ça parle d’une époque qui ressemble à la nôtre

Les seventies décrites par Anderson sont une décennie sublime et désenchantée, qui regarde avec nostalgie des sixties déjà mortes et fantasmées. Les personnages s’y perdent, les sentiments aussi, et plus qu’une œuvre historique, c’est une histoire d’amour labyrinthique qui se dessine sous nos yeux.

Ce patchwork fait immanquablement penser à nos années 2000 entre désillusions technologiques, confusion symbolique et dilution des repères, conférant à Inherent Vice une force supplémentaire.

Tout savoir sur Inherent Vice

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commentaires
Mca
02/09/2018 à 13:33

@J.S.C. Très très constructif, tu sais, le mieux ça reste toujours de laisser les autres se faire une idée. Je trouve l'invitation de ne pas aller voir un film est très malhonnête et est beaucoup plus snob que ceux que tu traites ainsi.

A bon entendeur (malgré les trois années qui séparent ces commentaires).

J.S.C.
06/03/2015 à 20:31

Parce que vous êtes des snobs. Un conseil n'aller pas voir ce film, c'est raté et surtout très chiant.

Louig
03/03/2015 à 20:00

J'arrive pas à me sortir le Duc de la tête chaque fois que je regarde la BA quand même.

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