Spider-Man et Marvel : pourquoi les fans attendent le retour de l'Homme-Araignée

Simon Riaux | 10 février 2015
Simon Riaux | 10 février 2015

En 2010, à l’approche du remake/reboot signé Marc Webb, les fans et la presse n’avaient pas de mots assez durs pour qualifier l’entreprise. Alors que se profile suite à l’annonce du retour de Spider-Man dans la maison Marvel une énième relecture du héros, les réactions sont bien différentes.

PECHE ORIGINEL

Au moment où Andrew Garfield enfile pour la première fois le masque de Spider-Man, il ne fait aucun doute pour personne que The Amazing Spider-man est un pur produit financier. Lancé en quatrième vitesse pour éviter que Sony ne perde les droits d’exploitation du personnage, le métrage agace.

Si la trilogie de Sam Raimi a toujours eu ses détracteurs, elle n’en demeure pas moins aujourd’hui encore la matrice de toute une génération de blockbusters qui l’a gentiment pillé, reprenant à bon compte son esthétique et sa construction.

En faire table rase est donc logiquement mal accepté par une partie du public et de la presse. Mais comme le temps est compté, quoi de plus simple que raconter une énième histoire d’origines, la structure de ces récits étant désormais une évidence pour les usines à scénaristes hollywoodiens.

RECIDIVE TRAGIQUE

Bref, les internautes tempêtent contre The Amazing Spider-Man. Médiocre mais très loin de la catastrophe redoutée, le film engrange presque 759 millions de dollars au box-office mondial. Sa suite,Le Destin d’un héros, est immédiatement mise en chantier.

La colère des fans aurait pu disparaître si Sony n’avait pas embrayé sur les mêmes erreurs. Une promo marathon qui dévoile la quasi intégralité des grands moments de The Amazing Spider-Man 2 refroidit le public, tandis que l’overdose de personnages annoncés rappelle l’échec de Spiderman 3.

Comble du comble, le film est une pâle copie de la machine Marvel, alors parfaitement rôdé. Le film est largement détesté par ceux qui le découvrent, à tel point que la production dépêchera Andrew Garfield pour s’excuser du piètre résultat final.

PRIS DANS LA TOILE

C’est alors une spirale infernale qui s’enclenche pour Sony. Les plans autour des deux prochains films dédiés à Spidey sont repoussés de plusieurs mois, la franchise ayant besoin d’être intégralement repensée.

Les fans perdus sont totalement abasourdis par les innombrables annonces de la major, qui se multiplient dans tous les sens. Mise en chantier des Sinister Six, annonce d’un film Venom, rumeur d’adaptation du pendant féminin du héros.

On ne sait plus où donner de la tête.

De son côté Marvel est au firmament. Captain America 2 a triomphé, Les Gardiens de la Galaxie a lessivé le box-office. Plus important, les spectateurs apprécient les films et ont le sentiment d’en avoir pour leur argent.

Quand Disney annonce la production de Captain America : Civil War et de l’arc Infinity War pour les Avengers, les geeks sont au supplice. Les droits appartiennent toujours à Sony et leur héros préféré pourrait donc être privé d’une aventure où il tient un rôle fondamental.

Marvel n’a même pas à bouger le petit doigt, la simple existence du projet Civil War fait de l’arrivée de Spider-Man parmi les Avengers une exigence de son public.

L’ARAIGNEE QUI TUE

Mais jusque-là, Sony n’a pas grand-chose à craindre. Légalement, un rythme de production continu lui assure la propriété du personnage et condamne Marvel à négocier pied à pied pour pouvoir « emprunter » Spidey.

Sauf que la cyber-attaque, possible vengeance de la Corée du Nord suite au vilain L’Interview Qui tue va mettre le studio à genoux.

Notes internes révélées, stratégie mercantile éclatant au grand jour, scandales liés à des e-mails racistes… Le studio voit sa crédibilité s’effondrer, ses pertes s’accumuler en un temps record.

Pire, les fuites révèlent que Marvel a déjà entamé des négociations pour récupérer tout ou partie des droits de Spider-Man.

Pour les fans, c’est acté, Peter Parker doit revenir à la maison.

Obligé de redorer rapidement son image, de générer de nouveaux projets excitants sans perdre la face, Sony conclut donc le deal avec Disney. Mickey récupérera donc le personnage temporairement, avant que Sony n’ait le droit, sous la surveillance de Marvel, de relancer un film solo.

Une solution qui ne doit pas exciter plus que ça Sony, mais lui permet de conserver encore un peu le personnage dans son giron, voire de bénéficier des retombées d’un dépoussiérage du super héros par sa maison mère.

RETOURNEMENT DE VESTE

Le résultat de ces bouleversements ? Les spectateurs, lassés du cirque Spider-man et toujours sous le charme des productions Marvel, en redemandent. Alors qu’approche Avengers : l’Ere d’Ultron, le public est chauffé à blanc.

Fort d’une audience jeune, qui ne connaît pas toujours les œuvres originales et ne peut donc logiquement évaluer réellement leur fidélité, le sceau Marvel apparaît comme un gage de qualité. Allié à une stratégie promotionnelle presque sans faille jusqu’à aujourd’hui, la filiale de Disney apparaît comme le sauveur de Spider-Man.

 

Et alors que s’annonce un nouveau reboot, tout aussi commercial que le précédent, dont on ne voit pas bien pourquoi les auteurs auraient plus de latitude que lors de deux précédents films produits par Sony, tout le monde exulte.

Preuve supplémentaire qu’à Hollywood et en matière de super-héros, la légitimité est avant tout question de timing et de fan service. Quand on vous dit que Kevin Feige (boss de Marvel) a lu Machiavel…

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commentaires
fred-diana
11/02/2015 à 22:42

Vive spiderman

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