Après Timbuktu, L'Apôtre est lui aussi déprogrammé des cinémas

Christophe Foltzer | 21 janvier 2015
Christophe Foltzer | 21 janvier 2015

Rien ne va plus en France depuis 2 semaines. Depuis l'acte de guerre contre Charlie Hebdo, la question de la sécurité et de la liberté d'expression est au centre de tous les débats. Elle vient de faire une nouvelle victime.

Il y a très peu de temps nous vous parlions du sort funeste réservé au film Timbuktu, censuré par la mairie de Villiers-sur-Marne. Aujourd'hui, c'est un autre film qui fait les frais du climat ambiant, L'Apôtre de Cheyenne Carron.

Long-métrage au budget réduit et à la sortie assez confidentielle, L'Apôtre vient en effet de connaitre un sacré revers puisqu'il a été déprogrammé d'un cinéma de Nantes et de Neuilly, à la demande des forces de l'ordre.

La réalisatrice a effectivement reçu un message éloquent du directeur de la salle du cinéma municipal de Nantes, qui devait projeter le film à l'occasion d'une soirée débat le 23 janvier prochain.

"Bonsoir madame, la DGSI nous a vivement conseillé d'annuler notre soirée débat du 23 janvier de la projection du film L'Apôtre, devant les risques d'attentat, cette projection pouvant être vue comme une provocation pour la communauté musulmane."

Son de cloche similaire à Neuilly, où c'est carrément la Préfecture de Police qui a prévenu le cinéma Le Village que ce n'était pas forcément une bonne idée de maintenir le film à l'affiche.

Mais de quoi parle L'Apôtre pour devenir un objet aussi dangereux ? Il s'agit en fait d'un film qui suit Akim, destiné à devenir Imam mais qui décide de se convertir au christianisme après avoir été touché par le baptême du fils d'un ami chrétien. Evidemment, son choix provoque quelques remous dans sa famille mais, au final, tout le monde part sur le chemin de la compréhension et du respect des choix et des croyances de chacun. Bref, on est bien loin de la stigmatisation et de l'appel au Djihad qu'on aimerait beaucoup nous faire croire, comme nous l'explique la réalisatrice elle-même :

"J'ai essayé de faire un film qui permette une vraie ouverture vers l'autre et vers la différence. Il est interdit par peur, et je le comprends parfaitement parce que ce qui s'est produit chez Charlie Hebdo, c'est terrifiant. Mais on ne gagne pas des guerres par le silence et en se censurant. Même s'il y a une part de danger, il ne faut pas se priver des outils que nous avons pour ouvrir le dialogue."

On ne saurait mieux dire.

Tout savoir sur Timbuktu

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commentaires
Dirty Harry
21/01/2015 à 13:22

"un film déprogrammé à la demande des forces de l'ordre" : ça fait très Corée du Nord cette injonction ! En fait ce sont les forces de l'ordre qui font régner "leur" peur...rien à foutre j'irai le voir !

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