Gotham : réussite ou gros plantage ? Notre verdict

Christophe Foltzer | 24 septembre 2014
Christophe Foltzer | 24 septembre 2014

C'était l'une des séries les plus attendues de cette rentrée. Gotham devait éclaircir les origines du Chevalier Noir sous un angle nouveau, dans une démarche directement inspirée du comics Gotham Central. Alors que le premier épisode vient d'être diffusé aux Etats-Unis, DC Comics a-t-il réussi son pari ?

 

L'histoire est connue de tout le monde. En sortant du cinéma un soir, un couple et leur enfant sont attaqués par malfrat. Les parents sont abattus sous les yeux de jeune garçon, Bruce Wayne. L'inspecteur James Gordon, fraîchement muté à Gotham, est chargé de l'enquête avec son partenaire Bullock, policier cynique et magouilleur, dans une ville dominée par la corruption.

D'emblée, la série modifie quelque peu les origines de Batman puisqu'elle fait intervenir une mystérieuse jeune femme pickpocket virevoltant sur les toits et qui assiste au drame. Si son identité ne nous est pas révélée, un gros indice existe cependant : elle vole du lait pour nourrir un chat.

 

Et c'est là tout le problème de l'épisode qui cristallise nombre de personnages emblématiques de l'univers Batman à travers le drame que vit Bruce Wayne. Comme si ce simple évènement avait décidé du sort de beaucoup de ses futurs adversaires. Ainsi nous croisons une demi-douzaines de futurs super-vilains dès le premier épisode, passés à la moulinette du scénario, qui se garde bien de nous les présenter comme tels (à part un) mais qui multiplie les gros clins d'oeil appuyés pour être sûr que tous les spectateurs aient compris de qui il s'agit. Une démarche risquée, qui met plus de barrières qu'elle n'en enlève et qui pourrait, à terme, nuire à la dramaturgie de la série.

Au-delà de ça, le personnage de Jim Gordon souffre quelque peu du traitement que les scénaristes lui réservent. Chevalier Blanc assumé, indéfectible, droit dans ses bottes et pétri d'honneur et de justice, il se révèle étonnamment unidimensionnel et tout ce qui lui arrive dans ce pilote ne semble pas tant remettre en cause que ça ses convictions. On sent bien que toute l'intrigue de la série tournera autour de l'enquête sur le meurtre des Wayne en fil rouge, ce qui n'est pas un problème, mais il faudra attendre de découvrir les prochains épisodes pour voir si la série arrivera à se renouveler tant ce pilote abat énormément de cartes d'un coup.

Visuellement, le résultat est intéressant et plutôt réussi. Imaginons le Gotham de Christopher Nolan dans Batman Begins, mélange de Chicago et de New-York, filmé dans une lumière terne et sale, mais passée à la moulinette de la direction artistique du premier Batman de Tim Burton. Une ville qui prend vie sous nos yeux, sombre et poisseuse, mélange de deux courants majeurs de la franchise qui se marient assez bien.

 

Reste que cet épisode n'est pas très palpitant. Oui, il contient son lot d'action, de mystères, de personnages cultes, mais son rythme imparfait et sa réalisation un poil paresseuse le rendent quelque peu ennuyeux. D'autant qu'en 2014, nous connaissons tous l'histoire ainsi que ses multiples déclinaisons, ce qui annihilie considérablement l'effet de surprise.

 

VERDICT : Gotham ne convainc pas totalement à l'aune de ce premier épisode. Sympathique mais fragile, la série aurait tout intérêt à s'affranchir davantage de son intrigue fil rouge et prendre plus de risques pour espérer nous passionner sur le long terme.  

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commentaires
robin
10/10/2014 à 21:43

Je ne suis pas dedans :(

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