David Cronenberg dévoile un court-métrage inédit et angoissant, entre paranoïa et body horror

Simon Riaux | 2 juillet 2014
Simon Riaux | 2 juillet 2014

Lorsque nous l'avions interviewé durant le Festival de Cannes à l'occasion de Maps to the starsDavid Cronenberg avait évoqué sa vision de la chirurgie esthétique, conséquence selon lui des névroses du temps et responsable de la création de véritable monstre. Un thème qui n'est pas tout à fait étranger à son nouveau court-métrage, The Nest (Le Nid) présenté ces derniers jours au Festival de Rotterdam. Revenant à la forme de ses débuts, le réalisateur canadien revient à la body horror qui le rendit célèbre. Dans cette œuvre brève et radicale, une jeune femme supplie un curieux chirurgien de pratiquer sur elle une ablation du sein gauche. En cause, des insectes qui auraient élu domicile et la rongeraient de l'intérieur...

 

Filmé intégralement à la première personne, le film n'est pas sans évoquer le Bug de William Friedkin et sa paranoïa grouillante. Si sa forme est des plus rudimentaires, le tout distille avec efficacité malaise et fascination. Les fans reconnaîtront la voix du réalisateur, qui interprète ici un chirurgien d'un genre particulier. Difficile également de ne pas noter dans le décor certains éléments typiques de l'univers du réalisateur, où se croisent régulièrement câbles, branchements et autres métaphores organiques. D'ici à voir l'embryon d'un prochain projet et le retour du cinéaste à un genre dont il bouleversa les codes, il n'y a qu'un pas. Cronenberg nous préparerait-il le Videodrome du XXIème siècle ?

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