Game of thrones saison 4 épisode 9 : critique

Simon Riaux | 9 juin 2014
Simon Riaux | 9 juin 2014
Auto-proclamée Meilleure série de tous les temps, Game of thrones est indiscutablement une des plus ambitieuses et adulée de son époque. Après une troisième saison qui eut bien du mal à dynamiser ce soap opera politique de grande ampleur, la quatrième nous arrive avec pour mission de démultiplier le culte qui entoure la saga. Game of thrones saura-t-il nous tenir en haleine malgré son rythme de plus en plus languissant ?

Attention spoilers

 

Critique :

Enfin, la quatrième saison de Game of thrones appelle Neil Marshall pour sauver les meubles. À bien des égards, il n'y a plus grand chose à sauvegarder après deux saisons de déroute narrative et artistique, mais au moins ce neuvième épisode de la quatrième saison nous offre-t-il l'affrontement épique promis depuis plusieurs années. Certes, il faudra patienter 13 minutes et 54 secondes pour que ce chapitre débute véritablement et les atermoiements de Sam viendront régulièrement parasiter l'ahurissant combat qui fait ici office de plat de résistance, mais on n'en est plus à faire la fine bouche.

En nous offrant un combat qui renvoie ad patres la plupart des récentes productions cinématographiques à budget pharaonique (a-t-on vu meilleur siège sur nos écrans depuis le célèbre Gouffre de Helm de Peter Jackson ?), Game of thrones retrouve momentanément de sa superbe. Mammouths, géants, duels, pièges mortels, démembrements, le menu de la sauvagerie cinégénique déborde, fait véritablement plaisir à voir. Pour la première fois, la série ne joue pas du hors champ ni de l'ellipse et se décide à donner au spectateur ce qu'il désespérait de voir : une bataille homérique entre la Garde de nuit et l'armée sauvageonne. Des effets spéciaux en passant par la mise en scène, tout est là pour nous enchanter les mirettes. D'un ahurissant travelling circulaire à des affrontements brutaux entre ennemis impitoyables, la série retrouve un peu de ses couleurs, enfin.

Ce succès revient évidemment à Neil Marshall, qui avait déjà réalisé la célèbre bataille de la Néra. Nanti d'un budget conséquent, le metteur en scène s'autorise quantité de money shots, use avec gourmandise d'effets spéciaux impressionnants et nous offre une série de plans somptueux. Si l'épisode installe sans mal un nouveau standard en terme d'ambition télévisuelle, mordant ainsi sur les plates bandes du Septième Art avec une force manifeste, il souligne également les terribles défauts qui minent Game of thrones depuis une troisième saison dispersée. Handicapée par des personnages à l'attractivité inégale, la série réalise ici un focus d'envergure sur un très court laps de temps et un très faible nombre de caractères. Voilà qui explique sans doute la légèreté voire le je-m'en-foutisme avec lequel auront été traitées nombre d'intrigues, voire le manque d'épaisseur psychologique de plusieurs protagonistes. La vigueur de ce neuvième épisode rappelle également que le show n'est jamais aussi bon que quand il se laisse le temps d'habiter un lieu et ses habitants. Ainsi la série parvient-elle, enfin, à donner un semblant de caractère à Jon Snow.

On pourra cependant regretter que cette formidable bataille confronte essentiellement des personnages secondaires, dont la destinée ne joue finalement qu'à la marge du récit principal, même si le récit les traite enfin avec un peu de soin. Et ce neuvième épisode de s'imposer comme une diversion, imposante et souvent brillante, mais une diversion tout de même. L'heure n'est toutefois pas à la complainte ; Game of thrones, limité par son succès et son matériau d'origine est enfin parvenue à tenir ses promesses de divertissement épique, quand très franchement, nous n'y croyions plus.

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