How I met your mother : Que vaut le dernier épisode ?

Christophe Foltzer | 1 avril 2014
Christophe Foltzer | 1 avril 2014

C'était l'une des fins de série que l'on attendait le plus, surtout après tant de circonvolutions et de naufrages. Comment les scénaristes allaient-ils parvenir à boucler l'histoire en relevant le niveau ? Et d'ailleurs, allaient-ils relever le niveau ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat final s'avère surprenant. Par égards pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, nous tairons autant que possible les éléments du scénario de ce double-épisode final.

Dès le départ, il parait évident que les scénaristes ont décidé de concentrer le maximum d'informations dans ces 40 dernières minutes, comme si pour se faire pardonner des égarements de cette dernière saison (si l'on est gentil), voire de la moitié de la série (si l'on est honnête), ils allaient enfin prendre l'histoire à bras le corps et avancer. En effet, en bousculant les règles au début de la saison 9, les scénaristes ont en même temps avoué leur impuissance face à un concept usé dont tous les ressorts leur échappaient. Après avoir ménagé le suspens pendant trop longtemps, la révélation de l'identité de la Mère n'a pas eu l'effet escompté, l'humour si particulier du début de la série (et qui faisait une grande partie de son intérêt) avait disparu, bref on s'ennuyait ferme.

Le problème, c'est que tous leurs choix ressemblent à une solution de facilité déconcertante et passablement énervante. Nous ne sommes pas loin du "Tout ça pour ça" tant redouté depuis le début, et par bien des aspects on se sent floué. L'enchaînement de séquences temporelles avec de nombreux clins d'oeil aux aventures passées se révèle bien trop creux et artificiel pour embarquer le spectateur dans un ride émotionnel, but recherché tant les scènes tire-larmes s'enchaînent de façon presque grotesque. Si la volonté de revenir au point de départ pour mieux relancer la machine est honorable (mais risqué), on peut dire que l'essai est loin d'être transformé. Les personnages caricaturaux juste comme il faut au début de la série et extrêmement attachants ne sont plus que des pantins braillards fonctionnant ad nauseam sur les mêmes mécaniques. Barney ne surprend personne, tout comme Ted ou Robin, on connait par coeur, cela fait tellement longtemps qu'ils n'ont pas évolué que leur sort ne nous fait ni chaud ni froid. 

La grande sacrifiée de cette ultime bafouille, c'est bel et bien Tracy, la Mère. Alors qu'elle était le pivot central de toute la série, la raison d'être du show, elle se trouve quasiment reléguée au rang de figurante, ce qui est profondément révoltant, surtout après tant d'années passées à faire monter la pression sur son identité et sa rencontre avec Ted. 

On ne pardonnera pas de sitôt non plus le twist final, ridicule, énervant, là uniquement pour contenter son public (c'est tout le contraire qui se produit) mais qui ne fait que trahir le manque d'intérêt évident des auteurs pour la conclusion de leur série.

How I met your mother nous laisse donc avec un goût plus qu'amer en bouche et cette désagréable impression de s'être fait compter fleurette pendant 9 ans pour finalement pas grand chose. On quitte le MacLaren avec le soulagement que ce soit enfin terminé, qu'on n'y reviendra plus. Et c'est triste, parce que la série avait si bien commencé avant de devenir l'ombre d'elle-même. En tout cas, bon débarras, et How I met your dad, ce sera sans nous. 

La grande sacrifiée du final.

 

 

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