Nymphomaniac censuré : la critique réagit

Simon Riaux | 25 février 2014
Simon Riaux | 25 février 2014

Nymphomaniac aura finalement fait couler relativement peu d'encre, le film ne remportant ni l'adhésion de la critique, ni la curiosité du public. Si cet état de fait est perçu dans ces colonnes comme une situation finalement peu surprenante, le sort qu'aura réservé le système légal français à l'œuvre en terme de classification rappelle des pratiques moyenageuses, mises aujourd'hui en lumière par le syndicat de la critique.

En effet Nymphomaniac volume 1 et 2 devaient après leur passage devant la Commission de classification des œuvres cinématographiques écoper respectivement d'interdiction aux moins de douze et seize ans. En réaction à cette première décision (plus que légère dans le cas du premier volume), l'association Promouvoir a saisi le juge des Référés afin qu'il passe outre cette décision légale. Pour information, l'association Promouvoir est une association Loi de 1901, convaincue de promouvoir les valeurs judéo-chrétiennes – qu'on serait pour le coup bien tentés de préalablement leur inculquer – et qui a fait des œuvres amenant à « la perversion des mœurs » son cheval de bataille. Le groupuscule se vante notamment d'avoir brisé les visas initiaux de Baise-moi et Ken Park, « films conçus pour ouvrir béantes des brèches dans le dispositif de protection des mineurs ».

Que des intégristes fassent leur possible pour désintégrer, il n'y a là rien de bien surprenant. Ce qui étonne en revanche et inquiète légitimement le syndicat de la critique, c'est que le Juge des Référés ait jugé recevable et urgent la demande de censure d'individus qui n'avaient pas eu l'occasion de visionner le film. Nymphomaniac volume I s'est donc vu gratifier d'une interdiction aux moins de 16 ans, quand Nymphomaniac volume II a été interdit aux mineurs.

Le Syndicat français de le critique de cinéma souhaite que « Le Tribunal administratif de Paris ne confirme pas ce jugement et se dit décidé à « militer pour l'abrogation de l'article 227-24 du Code pénal qui est devenu l'arme des extrémistes contre les œuvres d'art qui leur déplaise ». On ne saurait mieux dire, même si les instances officielles ont mis ici un peu de temps à défendre le film de Lars Von Trier. Pour conclure, on invite les joyeux drilles de Promouvoir à retourner sur les bancs de l'école, histoire d'en finir avec leurs frustrations d'adultes aux gonades gonflées comme autant de foies gras sarladais . C'est bien l'école.

 

 

 

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