House of cards : les 5 commandements de Frank Underwood

Simon Riaux | 14 février 2014
Simon Riaux | 14 février 2014

House of cards est de retour pour une deuxième saison, l'occasion de retrouver un personnage délicieusement abominable. Kevin Spacey n'a que rarement joué le gendre idéal, mais Frank Underwood, chef de file de la majorité Démocrate nouvellement élue constitue l'un de ses rôles les plus monstrueux. Afin de vous aider à mieux cerner cet animal politique aux dents longues, nous vous proposons de revenir sur ce nous appellerons « les cinq commandements de House of cards », riches en intrigues diaboliques ET SPOILERS. 

 

 

 

 

"Les journalistes tu tripoteras"

À la décharge de l'homme interprété par Kevin Spacey, on ne voit pas bien comment résister à l'intelligence et à l'aura magnétique de Kate Mara. Mais tout de même, monnayer sexuellement à une journaliste des révélations aux conséquences parfois dramatiques, ce n'est pas d'une déontologie à toute épreuve. De même, la gratifier de saillies brutales, rapides voire franchement humiliantes, voilà qui n'est pas très sport, comme disent les golfeurs. Ajoutez à cela une pincée de complexe Œdipien savamment orchestré par ce bon Monsieur Underwood et vous obtiendrez l'une des plus glaçantes et perverses leçon de séduction de House of cards.


"Les syndicalistes tu maltraiteras"

Même en France, patrie des droits du manifestant, ce n'est pas tous les jours qu'un leader syndical achève une négociation à coup de poings. Dans House of cards, les choses sont bien différentes, puisque pour mettre fin à un interminable conflit l'opposant aux enseignants, Frank Underwood va pousser dans ses derniers retranchements leur représentant suprême. Séquence ahurissante et d'une violence psychologique rare, la confrontation entre les deux hommes se termine littéralement dans le sang, sous les yeux médusés du spectateur.

 

"Ta femme tu tortureras"

Ce n'est pas tout d'être marié à une femme riche, charismatique et brillante, encore faut-il le lui faire payer. Suivant une stratégie redoutable, à base de manipulation et de chantage affectif, Franck Underwood amènera sa femme à virer son staff, abandonner son unique amour et renier à peu près tous ses idéaux. L'alliance objective entre les deux personnages atteindra de tels sommets de perversité que Robin Wright n'aura d'autre choix que d'entamer une ultime rébellion, qui scellera ironiquement son retour au bercail, dans le giron d'un des plus beaux monstres du petit écran. Cette association vénéneuse sera à n'en pas douter au cœur d'une deuxième saison qui devrait sans doute mettre les nerfs de Madame Underwood à rude épreuve.

 

 


"L'écologie tu trombineras, avant de t'essuyer dans les rideaux du bien commun"

Sujet tabou dans l'hexagone, les lobbys sont censés être strictement encadrés par le législateur américain. Évidemment il n'en est rien et si le personnage incarné par Kevin Spacey est supposé appartenir au camp Démocrate (et donc militer pour une écologie politique), il n'en demeure pas moins très lié aux lobbys de l'énergie. Ni idéaux, ni même pragmatisme ici, ce qui compte pour Underwood, c'est le pouvoir à l'état brut, l'argent et la puissance qu'il lui confère. Et si pour arriver au sommet de la chaîne alimentaire, il faut polluer des rivières ou détruire des nappes phréatiques, ce n'est pas notre (anti)héros qui s'en offusquera.

 


"Les petits copains tu enfumeras"

 

Être le poulain de Franck Underwood, c'est prendre le risque de subir une violente trahison. Être l'ennemi de Frank Underwood, c'est prendre le risque de mourir asphyxié. Alors forcément, quand un poulain trahi Franck, tout ne peut que très mal se terminer. Rebondissement sans doute le moins vraisemblable d'une première saison remarquablement maîtrisée, le sort réservé au personnage de Russo n'en est pas moins l'objet d'une véritable leçon de suspense et de mise en scène. Un enfumage de première classe. 

 

 

 

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