Disparition de Philip Seymour Hoffman

Christophe Foltzer | 3 février 2014
Christophe Foltzer | 3 février 2014

Il existe peu de personnes dont on pleure sincèrement la disparition sans les connaître personnellement, et Philip Seymour Hoffman en fait incontestablement partie. Comme nous vous l'annoncions hier soir, l'acteur-réalisateur a été retrouvé mort dans sa résidence de West Village, d'une possible overdose d'héroïne. Il avait 46 ans. Après la stupeur et l'émotion, rendons lui modestement hommage avec ces quelques lignes.

Celu qui a crevé l'écran chez Paul Thomas Anderson et Todd Solondz n'a pourtant pas eu un début de carrière facile. Après une formation théâtrale à New-York, il obtient son premier petit rôle au cinéma dansTriple Bogey on a par five hole d'Amos Poe en 1991 et devient une figure récurrente des acteurs de second rôle. Le grand public le découvre notamment en 1994 dans Twister de Jan de Bont où il incarnait Dustin Davis, un chasseur de tornade un peu timbré (pléonasme). C'est dans le deuxième film de Paul Thomas Anderson, Boogie Nights qu'il s'impose comme un futur acteur incontournable d'Hollywood.

Sentiment qui se confirme très vite avec l'exceptionnel Happiness de Todd Solondz, où son interprétation du pervers téléphonique Allen en calme plus d'un. La même année, il est aussi à l'affiche du légendaire Big Lebowski de Joel Coen. Après quelques égarements (Docteur Patch, Personne n'est parfait(e)), il crève définitivement l'écran dans Magnolia de Paul Thomas Anderson (1999) et son incarnation de Lester Bangs dans le Presque Célèbre de Cameron Crowe (2000), convainc le public qu'un plan de carrière risqué se dessine. 

Car oui, Philip Seymour Hoffman n'a que rarement choisi la facilité. Ses plus grands rôles seront toujours ceux d'hommes perdus dans leur douleur et leurs contradictions, esquintés par l'existence, où son regard profondément mélancolique brillait toujours. Le début des années 2000 voit une accélération notable de sa filmographie puisque, la reconnaissance aidant, il multiplie les projets avec plus ou moins de bonheur. Qu'il s'agisse du journaliste véreux Freddy Lounds dans Dragon Rouge ou de ses rôles chez Spike Lee ou J.J. Abrams (La 25ème heure, Mission Impossible 3), il livre toujours une interprétation impeccable, s'abandonnant totalement dans chacun de ses personnages.

La consécration, il la connait évidemment en 2005 avec l'Oscar du meilleur acteur qu'il reçoit pour son incarnation de Truman Capote dans le film du même nom de Bennett Miller. Ce qui l'assoit définitivement dans l'esprit du grand public.

Homme de théâtre, il passe également à la réalisation en 2010 avec Rendez-vous l'été prochain, essai qui ne convainc que moyennement public et critique. Enfin, comment ne pas parler de ses derniers grands rôles : utilisant sa voix si particulière, il incarne Max Jerry Horowitz dans l'excellent Mary et Max d'Adam Elliot, il crève de nouveau l'écran dans le dernier film du grand Sidney Lumet 7h58 ce samedi-là et comment ne pas citer une fois de plus l'ami P.T.A. pour qu'il il répond toujours présent, qu'il s'agisse de Punch-Drunk Love ou du phénoménal The Master.

Vu récemment dans le second Hunger Games, son décès survient alors que le troisième opus est en tournage. Si la production a déjà réagi en annonçant que l'acteur avait tourné la plupart de ses scènes, sa présence est assurée dans la première partie du troisième épisode (actuellement en post-production), par contre en ce qui concerne le seconde partie, l'interrogation est toujours de mise.

Il reste quelques films à venir avec Philip Seymour Hoffman. Hunger Games donc, mais aussi God's Pocket de John Slattery et surtout A most wanted man d'Anton Corbijn.

C'est donc à une très grande perte que nous sommes confrontés aujourd'hui. Mais choisissons plutôt de lui rendre hommage en le remerciant pour tout ces grands moments de cinéma qu'il nous a offert et souhaitons lui un bon voyage. 

 


 

 

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