La vérité sur Manuel Valls, François Hollande et Julie Gayet

Simon Riaux | 10 janvier 2014
Simon Riaux | 10 janvier 2014

Alors que les médias nationaux spéculent à sec sur les supposées escapades amoureuses de François Hollande avec la comédienne et productrice Julie Gayet, tandis que les exégètes de tout poil commentent inlassablement les rodomontades de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, tous loupent l'essentiel. À l'heure où le corps social s'étripe pour savoir qui couche avec qui et comment il convient de convoquer l'arsenal législatif pour lutter contre les dévoyeurs de la liberté d'expression, public et édiles passent à côté de la véritable nature des évènements qui saturent l'actualité depuis plusieurs jours.

En effet, la France assiste pour la première fois de son histoire à un happening théâtral d'une ampleur inédite, autant qu'à un hommage patrimonial saisissant, doublé d'une bouleversante tentative de réchauffer le moral d'un peuple qui, il faut bien le dire, en a quand même très gros. Car en réalité, notre président, sa potentielle dulcinée et notre ministre tout d'intériorité contenue se sont livrés à une représentation en temps réel d'une célèbre pièce de Feydeau, intitulée Un Fil à la patte. Portée à l'écran il y a quelques années par Michel Deville, avec Charles Berling, Emmanuelle Béart, Sara Forestier et Stanislas Merhar. Étudiez le synopsis de la dite pièce, et jugez un peu de la formidable audace de nos dirigeants :

Un notable promis à un très beau parti et dont le futur mariage fait déjà les gros titres du Figaro se retrouve fortement embarrassé par la liaison qu'il entretient avec une artiste parisienne, situation qui va terriblement dégénérer alors qu'entre dans la danse le Général Irrigua, d'ascendance hispanisante, homme sanguin porté sur les duels, combats et autres mises à morts.

C'était donc cela. Ni combat politique féroce et noble, ni pantalonnade nationale, pas plus qu'une explosion en vol généralisée, mais une tentative d'embrasser dans un même mouvement théâtre, cinéma et verbe en un hommage sidérant de justesse au Vaudeville. Émotion et reconnaissance nous étreignent. Avec un peu de chance, on se dit que l'examen du rapport Bonnell et de ses recommandations tournera peut-être à l'hommage aux Chiens de Paille de Sam Peckinpah !

 

 

 

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