Ciné français : Vincent Maraval appelle à la révolution ?

Simon Riaux | 6 janvier 2014
Simon Riaux | 6 janvier 2014

Il y a un an, Vincent Maraval (producteur et distributeur) signait dans Le Monde une puissante tribune contre le financement du cinéma français. Si elle ne fut hélas appréhendée que par le petit bout de la lorgnette (le salaire des comédiens), son intervention ouvrait la porte à une remise en cause générale d'un système devenu bancale et particulièrement lourd, rappelant que l'enfer est le plus souvent pavé de bonnes intentions. Sans surprise, la remise en cause proposée par Vincent Maraval lui valut une spectaculaire volée de bois vert, avant d'engendrer chez les plus paresseux pourfendeurs de l'État providence une récente frénésie éditoriale.

Probablement en guise de bonne résolution, notre homme a réitéré ses propos auprès du magazine Variety, affirmant que le problème était désormais de nature européenne. « Il y a deux problèmes, l'un est culturel, l'autre est politique. Nous faisons des films pour des publics européens avec une culture européenne et l'Europe est en souffrance. L'absence de politique culturelle européenne a atteint son apogée cette année - et probablement pour les années à venir-, alors que la plupart des pays européens ont décidé que la culture devrait être la première à payer en temps de crise. Aujourd'hui, les chaines de télévision publiques, notamment en Allemagne, en Espagne et en Italie, ont arrêté d'acheter des films européens. Elles ont abandonné les distributeurs, qui savent à présent que leurs frais de sortie ne seront pas couverts par les ventes télé. Les distributeurs européens ont été abandonnés et ils étaient le soutien principal du cinéma français. »

Pour autant, Vincent Maraval réserve quelques saillies bien sentie à la France, dont il livre une nouvelle fois une très saine critique, loin de jeter la pellicule avec l'eau du bain, comme on l'a trop souvent caricaturé.

« Lorsque j'ai tiré la sonnette d'alarme l'année dernière, j'ai eu l'impression qu'on revenait en 1789, quand l'aristocratie et le clergé paniquaient à cause de "l'abolition des privilèges". Aujourd'hui, le problème est que nous n'avons pas de Serment du Jeu de Paume. »

Vincent Maraval appellerait-il à la révolution ?

 

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