Adieu Peter O'Toole

Christophe Foltzer | 16 décembre 2013
Christophe Foltzer | 16 décembre 2013

Peter O'Toole n'est plus. C'est avec tristesse que nous avons appris son décès le 14 décembre dernier à l'âge de 81 ans, "des suites d'une longue maladie".

L'acteur, qui avait pris officiellement sa retraite en juillet 2012, s'était naturellement imposé dans le monde du cinéma en 1962 lorsqu'il interpréta l'aventurier T.E. Lawrence dans l'incroyable Lawrence d'Arabie de David Lean. Son jeu intense, sa gestuelle, son regard bleu perçant, la naissance d'un géant. Film qui lui valut d'ailleurs sa première des 8 nominations aux Oscars, il n'en reçut aucun (à l'exception d'un Oscar d'honneur en 2003 pour l'ensemble de sa carrière).

Pour autant, limiter sa carrière à ce seul rôle, si exceptionnel soit-il, serait une grande erreur puisque le comédien imprima durablement la pellicule dans d'autres grands films comme Becket de Peter Glenville (1964), Lord Jim de Richard Brooks (1965) ou encore Quoi de neuf Pussycat de Clive Donner (1966), pour n'en citer que quelques uns des plus connus. Mais, malgré un démarrage en flèche et une confirmation régulière de son immense talent, Peter O'Toole connut un parcours en dents de scie, fortement imprégné d'une vie d'excès et d'alcool. Alternant cinéma et théâtre (dont notamment Hamlet sous la direction de Laurence Olivier, excusez du peu), il se fit plus discret dans les années 70, qu'il termina en partageant l'affiche du très controversé Caligula de Tinto Brass

Tournant à une cadence soutenue, il parcourut les années 80 sans retrouver sa gloire passée. Qu'il s'agisse du Dernier Empereur de Bertolucci ou de son rôle de vieux Lord suicidaire dans le méconnu High Spirits de Neil Jordan, il ne retrouva jamais le faste et le succès de la grande époque. Qui a vu Supergirl sait de quoi nous parlons. Même sa réunion avec Omar Sharif 30 ans après Lawrence d'Arabie dans Le voleur d'arc-en-ciel de Jodorowsky (en compagnie de Christopher Lee) n'y changea rien.

La fin de sa carrière fut heureusement l'occasion de belles retrouvailles. On se rappelle de son rôle du Roi Priam dans le Troie de Wolfgang Petersen, du Pape Paul III dans la série Les Tudors ou encore de sa voix dans le Ratatouille de Pixar. 

Sorti de sa retraite pour un dernier tour de piste dans Katherine of Alexandria de Michael Redwood (dont la sortie est prévue en 2014), celui qui voulait suivre les traces de Jack London s'est construit au fil des ans une carrière finalement passionnante.

Bye.

 


 

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