Les Enfants du Paradis et Marcel Carné à la Cinémathèque Française

Nicolas Thys | 2 novembre 2012
Nicolas Thys | 2 novembre 2012

Comme l'année passée, qui a vu se succéder Metropolis de Fritz Lang puis Tim Burton, la Cinémathèque Française commence sa saison par une exposition autour d'un film majeur jusque mi-janvier : Les Enfants du Paradis de Marcel Carné sorti en 1945, avant de poursuivre dans quelques mois avec un cinéaste : Jacques Demy.

 


 

L'inconvénient majeur lorsqu'on expose autour d'un film c'est qu'il est bien plus intéressant de l'avoir vu pour se sentir totalement à l'aise pendant l'exposition, et on n'échappe pas à cette règle. Heureusement, ce film est un classique, facile à trouver, agréable à voir et il est accompagné d'une ressortie à la fois en salles et en DVD/Blu-ray chez Pathé (qu'on espère meilleur que le Criterion Zone A après les premiers échos). En contrepartie, l'avantage de ce type d'exposition, c'est qu'en se consacrant à une œuvre unique, il est possible d'aborder chaque point précisément, et c'est le cas ici. Car, bien plus qu'une introduction, cet événement est certainement le plus beau complément, quoiqu'un peu court par moment, qu'on pouvait offrir à ce chef-d'œuvre du cinéma français.

 

 

Truffaut, cité pendant le parcours, écrivait dans les années 1980 qu'il aurait donné chacun de ses films pour avoir réalisé Les Enfants du Paradis. Cette fresque impressionnante en deux époques autour du Paris du Boulevard du crime au 19ème siècle, inspirée d'éléments et personnages ayant existés avec Jean-Louis Barrault, Arletty ou Pierre Brasseur, a été écrite par Jacques Prévert et l'histoire de son tournage, qui a débuté pendant la guerre, fût rocambolesque. Il était important d'y revenir et la cinémathèque, après l'acquisition d'un fond d'archives consacré à Marcel Carné, était certainement la mieux placée pour y parvenir. Laurent Mannoni et Marianne de Fleury, les commissaires d'exposition, ont réalisé un joli travail.

 


 

C'est donc dans un "Boulevard du crime" (ancien boulevard du Temple) que démarre la séance avec la reconstitution d'un décor magnifique. Et, pendant deux heures environ, si on prend le temps de regarder entièrement les différents documentaires ou extraits du films présentés, on déambule dans une succession de croquis ou dessins du décorateur, de costumes de plusieurs personnages, ou à travers les différentes étapes du scénario avec des esquisses signées Prévert, un grand nombre de lettres de Carné, des acteurs, techniciens et producteurs racontant à chaque fois un petit bout de ce grand tournage. Une salle est aussi consacrée à la musique avec quelques partitions originales.

 


 

En somme, on a là un parcours complet dans la genèse du film mais aussi dans sa réception critique puisque la postérité des Enfants du Paradis est évoquée par des coupures de presses, affiches, prix et autres documents. Le plus intéressant, mais à peine abordé, repose sur ce qu'on ne savait pas comme le désir de poursuivre et conclure le film sur une troisième période qui n'a finalement jamais été tournée.

Mais l'exposition ne s'arrête pas là. La Cinémathèque Française a opéré quelques changements. On pourra donc continuer la visite avec le musée du cinéma et la galerie des donateurs mise en place cette année. Le fond Marcel Carné est bien évidemment valorisé avec un parcours chronologique autour de ses films, du premier au dernier avec quelques points d'orgue consacré aux classiques comme Le Quai des brumes, qui vient de ressortir en salles en version restaurée ainsi qu'en Blu-ray chez StudioCanal. Une forme de bio-filmographie commentée du cinéaste et un joli supplément à l'exposition principale.

 

 

Différents événements seront enfin organisés. Outre l'édition du film en DVD/Blu-ray et sa ressortie au cinéma, notre attention se portera encore davantage sur la publication du catalogue d'exposition et la journée d'étude consacrée au film lundi 5 novembre (ici et ). Des balades architecturales et visites guidées sont également prévues et la Cinémathèque, pour compléter ce cycle Carné, propose deux rétrospectives : la première consacrée au cinéaste et la seconde à Jacques et Pierre Prévert.

Pour plus d'informations, c'est ici.

 


 

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