In the Mood for Cannes - Episode 2

Simon Riaux | 16 mai 2012
Simon Riaux | 16 mai 2012

Sunrise Kingdom. 

Après une édition 2011 gorgée de stars et d'œuvres essentielles, que même les friponneries d'un certain DSK ne surent éclipser, la 65ème édition du Festival s'ouvre d'une toute autre manière. Alors que l'effervescence politique consécutive à une élection plus serrée que prévu peine à retomber, il y a fort à parier que le personnel politique nouvellement en place tirera parti de son très relatif état de grâce pour multiplier les annonces et prises de décision. Dès lors, il ne fait aucun doute que la Croisette, malgré un soleil inaugural prometteur, se verra régulièrement éclipsée par les occupants des ors de la République, et leurs nouvelles techniques de lustrage des lambris.

Les stars seront évidemment au rendez-vous, et l'on nous promet déjà quelques exceptionnelles montées des marches, où l'on devrait crier les noms de Bérénice Béjo, Brad Pitt, Marion Cotillard, Kristen Stewart, Robert Pattinson, Zac Efron (pour ne citer qu'eux) à tue-tête. Toutefois, aucun ne sera là pour assurer la promotion d'un mastodonte impérieux, de quelque chef d'œuvre annoncé ou scandale à devenir. Rarement compétition aura été aussi ouverte, et propice à la surprise. On n'a pour ainsi dire encore rien vu des films en présence, et ce ne sont pas les rares bandes-annonces que nous avons mises en avant dans nos colonnes qui risquent de vendre la peau de quelque ours que ce soit.

Des Hommes sans loi portera-t-il haut les couleurs du film de gangsters ? Cronenberg reviendra-t-il à ses premiers amours ? Stéphane Argentin pourra-t-il supporter le Reygadas ? Que nous réservent Matthew McConaughey et John Cusack avec leur Paperboy ? Haneke sait-il vraiment parler d'Amour ? Il est aujourd'hui tout à fait impossible de trancher, et prendre la température de la Croisette à quelques heures de l'ouverture officielle du Festival a tout d'une gageure. Pour autant, l'édition qui s'annonce ne saurait être synonyme de tiédeur, et il ne fait nul doute que l'ampleur des thèmes abordés, la variété des styles, et l'ambition des auteurs nous réserveront quelques chocs inattendus.

Pour la première fois depuis quelques années, on serait bien en peine de désigner d'office un gagnant potentiel, ou de deviner ce qui se trame dans l'esprit des jurés, ou du public. L'an dernier, les enfances brisées ou malmenées avaient eu la part belle, mais tel un lumineux pied de nez, Moonrise Kingdom vient de trancher radicalement avec la sinistrose de 2011, et nous rappelle que l'innocence n'est pas seulement vouée à être piétinée par les adultes, mais peut parfois les sauver. Alors que Cannes 2012 s'ouvre sous un soleil tant attendu, il est clair à présent que critiques, communicants ou politiques ne pourront parler pour les films ; ce sera à ces derniers et à eux seuls de rencontrer le public, qui les détestera, chahutera, aimera, applaudira, ovationnera. Il se pourrait bien que pour une fois, nous ne parlions que de cinéma, et pas de la pertinence de l'humour danois.

Et si le changement, c'était maintenant ?

 

 

 

 

 

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