Venise 2011 : jour 10

A supprimer | 9 septembre 2011
A supprimer | 9 septembre 2011

L’acolyte de Simon, l’homme de l’ombre Vénicienne, devient enfin calife à la place du calife. Après avoir mis en place un plan diabolique pour faire arrêter et renvoyer en France Simon par la brigade des mœurs italienne - à fleur de peau depuis que Roman Polanski n’a pas accroché à l’hameçon de la sélection de son Carnage - Geoffrey est ainsi maître du Festival. Pour 24 heures.

24 heures qui démarrent franchement mal avec la projection de Texas Killing Fields, dernier film de la sélection plus connu comme « le film réalisé par la fille de Michael Mann avec Jessica Chastain, la gamine de Kick-Ass le mec d’Avatar ». D'ailleurs, il y a même la Laura Palmer de Lynch. Tiré de faits réels qui prirent place pendant trois ans dans une zone isolée, Texas Killing Fields suit l’enquête de deux flics qui prennent l’affaire à cœur. Dans la réalité, il paraît que la dite zone est entourée de panneaux « Vous entrez dans un monde cruel ». A l’écran, c’est d’une fadeur dure à avaler. 

 

 


 

 

On est bien loin du Texas moisi et moite de Friedkin qui s’en donnait à cœur en exploitant l’énergie destructrice de la White Trash family dans Killer Joe. Ami Mann filme de loin la mère camée et sa pauvre gamine délaissée, et évite soigneusement d’explorer l’immensité des décors où se perdent les personnages. Une jolie déception, à nuancer par la très probable débâcle avec les studios. Lorsqu’il avait quitté le projet, Danny Boyle parlait d’un scénario si sombre qu’il ne serait jamais fait. Visiblement, cette noirceur a été édulcorée à outrance, puisque tout finit presque bien à l’écran. La réalisatrice répond : « Montrer et figurer l’horreur de ces évènements aurait simplement repoussé les gens. C’est vraiment une histoire dure. J’ai préféré suggérer ». Au demeurant fort sympathique, Ami Mann réussit presque à nous convaincre. Mais son film parle de lui-même.

 

 


 

 

Petite séance découverte du côté de l’Allemagne avec Totem, de Jessica Krummacher. L’histoire d’une famille dysfonctionnelle à la limite de l’implosion, vue par une jeune fille qui est obligée de travailler comme femme à tout faire – ménage, nourrice, manucure – pour subvenir à ses besoins. Cette nouvelle tendance allemande qui explore cliniquement l’être humain – dont le récent Everyone Else de Maren Ade – peine à convaincre. L’enchaînement plat des journées et le vide existentiel des personnages est franchement simplet. La mère est hystérique, le père s’échappe dès qu’il peut, la fille tire la tronche. La réalisatrice choisit une approche si mécanique qu’on repense avec plaisir à son penchant déglingué, Sitcom de François Ozon. 

La fin sonne déjà tandis que l’ambiance se fait plus détendue. La preuve avec la journaliste assise près de moi. En une heure, elle m'a demandé de l'aider avec son Wifi, a raconté qu'elle qu'elle connaissait bien Michael Mann, "Super sympa s'il t'aime bien", et vient de rembarrer une italienne un peu trop joyeuse qui bougeait trop. Plus loin, Marco Bellocchio vient récupérer sous les applaudissements un Prix pour l’ensemble de sa carrière, avant la diffusion d’Au nom du Père, sa critique virulente de l’Eglise catholique.

Darren Aronofsky et son jury remettront leur fauve doré demain soir, et dans l’idéal, Carnage, Killer Joe, Shame et le grandiose Himizu seront présents au palmarès - mais ni Un été brûlant, ni Faust. En attendant, la Mostra devrait se terminer avec le sourire grâce au film de clôture, Damsels in distress. Dix ans après Les derniers jours du disco, Whit Stillman n'est plus vraiment attendu, mais le kitsch est tendance, alors qui sait.

 

 


 

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