Gérardmer 2011, l'heure du bilan

Simon Riaux | 31 janvier 2011
Simon Riaux | 31 janvier 2011

Après 5 jours à se vautrer dans le stupre et la luxure entre deux projections auréolées de tripes et autres sécrétions corporelles, l'heure est aux bilans. Pour ceux qui auraient manqué les rendez-vous quotidiens de nos envoyés spéciaux, voici un récapitulatif de nos verdicts :

 

En compétition

 

Bedevilled, de Jang Cheolsoo

Hae-won est une belle trentenaire célbataire qui travaille dans une banque à Séoul. Elle mène une vie bien remplie jusqu’à ce qu’elle assiste à une tentative de meurtre. Au même moment, la situation se complique dans sa vie professionnelle et elle est forcée à prendre des vacances. Elle part à « Moodo », une petite île sous-développée, où, petite, elle était venue rendre visite à ses grands-parents et où elle s’était liée d’amitié avec une fille, Bok-nam.
En arrivant sur l’île, Hae-won est choquée de voir tout le monde traiter Bok-nam comme une esclave. Etant quasiment la seule jeune fille sur l’île, elle est l’objet sexuel des hommes et une main d’œuvre gratuite pour les femmes. Elle supplie Hae-won de l’aider à s’échapper, mais Hae-won reste indifférente, ne voulant s’impliquer dans une situation compliquée…
 

 

Simon Riaux :

Complaisance et bêtise sont les deux mamelles d’un film aussi soigné que son propos est douteux.

 

Devil, de John Dowdle

 Un groupe de personnes coincé dans un ascenseur réalise que le Diable se trouve juste en dessous d'eux...

Laurent Pécha

L’Ascenseur des années 2000 à la sauce Shyamalan : un vilain petit canard rigolo et tant pis si c’est involontaire.

 

Ilan Ferry :

Il parait que le pardon est divin… pas sur qu’on ait envie d’être aussi clément devant ce huis clos aussi réac que préchi précha.

 

Simon Riaux :

Monsieur Shyamalan prend l’ascenseur pour l’échafaud.

 

Sandy Gillet :

Si le Diable n’a que ça à foutre de ses journées, il doit bien se faire chier et nous avec pour le coup.

 

 

 

J'ai rencontré le Diable, Kim Jeewoon

Un agent secret recherche le serial killer qui a tué sa fiancée.

Laurent Pécha :

Un affrontement jubilatoire qui pêche toutefois par une durée excessive.

Simon Riaux :

Trop long, trop riche, trop dense, un film dont même les défauts sont des qualités.

 

 

 

Dream Home, de Pang Ho-Cheung

Enfant, Cheng Lai-sheung pouvait admirer le quartier Victoria de Hong Kong depuis les fenêtres de l’appartement familial. Elle s’est juré qu’un jour elle s’offrirait un appartement sublime avec la même vue. Les années ont passé, et Cheng n’a pas oublié son serment. Elle assume deux jobs en même temps et va même jusqu’à voler des données pour les revendre à la concurrence. Mais elle ne va pas en rester là ! 

 

Patrick Antona :

Une manière de régler la crise du logement cruellement drôle et gorissime à la fois : encore une réussite à mettre au crédit d’un des meilleurs réalisateurs HK du moment.

 

Laurent Pécha 

Un pitch totalement barré que le film s’évertue à magnifier grâce à des meurtres incroyablement graphiques et sadiques. Et une comédienne habitée par son rôle !

Simon Riaux :

Un film riche et multiple qui vous fera découvrir un usage inédit de l’aspirateur,   ainsi qu’une tripotée de méthodes expéditives pour traiter avec votre agent immobilier.

 

 

 

Mirages, de Talal Selhami

Cinq personnes aux profils très différents se retrouvent en compétition pour décrocher un emploi prestigieux à la Matsuika, une multinationale installer au Maroc. Après un entretien avec le PDG, les candidats se voient proposés une ultime épreuve pour déterminer le gagnant, dans un lieu tenu secret. Ils acceptent et embarquent à bord d'un minibus dépourvu de vitres. Après des heures de route, le véhicule a un accident et les candidats se retrouvent prisonniers de la carcasse de métal. Ils réussissent à en sortir en unissant leurs forces mais découvrent qu'ils sont en plein milieu du désert et que le chauffeur a disparu. Ne sachant pas si l'accident est réel ou si l'épreuve commence, les candidats vont errer dans le désert à la recherche d'indices et seront confrontés à des mirages les renvoyant à leurs peurs les plus profondes... 

 

Laurent Pécha

 

Une promesse de cinéma non tenue dans sa globalité mais l’ambiance et les acteurs assurent le spectacle.

Simon Riaux :

Un dernier tiers et une fin bâclée défigurent un premier film à la direction d’acteurs remarquable.

 

 

 

Ne nous jugez pas, de Jorge Michel Grau

Un homme d’âge mûr meurt dans la rue, laissant sa femme et ses trois enfants rongés par le mal cannibale. La famille éprouvée doit assurer sa survie. Jusqu’à présent, les victimes ont toujours été fournies par le père. Maintenant qu’il est mort, qui va prendre la relève ? 

Laurent Pécha

Une histoire singulière qui met du temps à trouver la bonne carburation. Dommage car le final, bien barré, laisse entrevoir ce que le film aurait pu être.

 

Patrick Antona

Les hispaniques ont plutôt du talent pour mêler le conte horrifique au drame social, mais ici on est plus proche du pensum auteurisant que du film coup de poing attendu.

Simon Riaux :

En refusant de trancher entre drame familial et horreur, le réalisateur perd le spectateur bien avant une conclusion jouissive en forme de précis d’équarrissage.

 

 

The Loved ones, de Sean Byrne

Quand Brent refuse d'accompagner Lola pour le bal de promo, il est loin d'imaginer que lui dire non n'est pas une option.

 

Simon Riaux :

Un film Australien, c’est l’assurance d’un trip immersif, bien craspec, et le soulagement de les savoir loin de chez nous.

 

Laurent Pécha

Une actrice exceptionnelle qui interprète la folie comme peu ont su le faire aussi bien avant elle pour une œuvre singulière qui assume totalement son côté barré.

 

 

 

The Silent house, de Gustavo Hernandez

Laura et son père s'installent dans une maison d'un petit village uruguayen. Le soir, ils entendent un bruit lourd et suspect. Le père va voir ce qu'il se passe. Il ne revient pas et laisse Laura seule. 

Simon Riaux :

Monsieur Hernandez ignore manifestement que se croire plus intelligent que le public est un symptôme de connerie abyssale.

 

Laurent Pécha

L’exemple parfait de l’exercice de style totalement vain. Et malhonnête de surcroît !

 

 

The Troll hunter, de Andre Ovredal

Parti enquêter sur un mystérieux chasseur d'ours, trois étudiants vont découvrir une toute autre vérité, dissimulée par le gouvernement.

 

Simon Riaux :

Malgré quelques longueurs, un film qui vous fait croire pendant une heure et demie à l’existence des trolls est forcément une réussite.

 

Laurent Pécha

Le cinéma de genre scandinave se porte à merveille : The Troll Hunter en apporte la preuve ou comment assimiler avec talent et humour l’héritage de Blair Witch et Jurassic Park.

Sandy Gillet :

Assez poilant dans sa première demi-heure pour se perdre ensuite dans des redites forcément moins emballantes, ce Blair Witch Project like a pour lui la présence massive de Trolls qui semblent tout droit sorti de la série Fraggle Rock…

 

Stéphane Argentin :

A contre-courant d’un Cloverfield, ce documenteur prend très vite des allures de bonne grosse poilade mais son concept tourne hélas rapidement à vide.

 

 

 Hors compétition :

 

Cold prey 3, de Mikkel Braenne Sandemose

Une préquelle expliquant les origines obscures du tueur qu'a affronté à deux reprises Jannicke.

Laurent Pécha

Jamais deux sans trois…Malheureusement, ce n’est pas un dicton norvégien. Cold Prey 3 fait office de bâtard dans la trilogie.

 

Simon Riaux :

Un patchwork sans âme de toutes les figures imposées du slasher. Dommage de voir une des meilleures surprises européennes de ces dernières années refroidie de la sorte.

 

 

 

En Quarantaine 2, de John Pogue

A l'aéroport de Los Angeles, des passagers embarquent pour un vol à destination de Nashville. Comme l'un des passagers tombe très malade suite à un mystérieux virus qui s'apparente aux syndromes de la rage, l'avion doit effectuer un atterrissage d'urgence. Jenny, une hôtesse de l'air inexpérimentée mais décidée, s'assure alors de la sécurité des autres passagers et se rend vite compte que l'appareil et ses occupants sont mis en quarantaine... 

 

Simon Riaux :

Un film où un rat mutant croque un paralytique pendant qu’un obèse enragé vomit partout ne saurait être foncièrement mauvais.

 

Laurent Pécha

La suite du remake US de Rec…Complètement con mais totalement fun pour une unique vision.

 

 

Hybrid, d'Éric Valette

Tida, une mécanicienne automobile au passé torturé, va être confrontée à un défi inédit lorsqu'un soir, elle va travailler dans un garage de la police de Chicago. Face à une voiture revenant d'une scène de crime, elle va découvrir une réalité terrifiante. Tilda et ses collègues vont devoir se battre face à un véhicule hybride aux capacités inattendues. 

 

Laurent Pécha

De la pure série B horrifique comme on n’en fait jamais en France. Et pourtant, c’est un frenchy aux commandes de l’entreprise. Hybrid, c’est Enfer mécanique 2 !

 

Simon Riaux :

“Monsieur le garagiste, vous allez rire, mais je crois que ma voiture est une entité mutante qui veut me bouffer.” “Pas de problème dude, on va s’enfermer avec et lui foutre une raclée !”

 

 

Proie, de Antoine Blossier

Une nuit, plusieurs cerfs se jettent inexplicablement sur la clôture électrique d'une exploitation agricole. Apercevant de profondes traces de morsures sur les cadavres des bêtes, les propriétaires de l'exploitation comprennent qu'un prédateur sévit dans les bois alentours. Décidée à le chasser, la famille d'agriculteurs s'enfonce au coeur de la forêt voisine. Stupéfaits, ils constatent que la nature environnante se meurt, ravagée par un mal inconnu. Alors que le soleil décline, des hurlements retentissent autour d'eux. Les chasseurs sont devenus les proies... 

 

Simon Riaux :

Des frenchies bien vénères affrontent des sangliers mutants. La France accouche d’un Dents de la Mer avec des poils, chez nous pas besoin de crocos ou de squales pour démastiquer sévère !

 

Laurent Pécha

Les partisans du cinéma de genre en France ont trouvé leur film de référence !

 

Patrick Antona :

Quand le monde provincial de Chabrol rencontre celui du “Prophecy” de Frankenheimer… il aurait fallu avoir le mordant du premier et le sens du spectaculaire du second pour transformer l’essai.

 

 

Prowl, de Patrick Syversen

Amber convainc un groupe d’amis de s’échapper de leur ville natale pour trouver un appartement en ville. Après être tombés en panne, ils acceptent l’aide d’un routier qui les installent dans son semi-remorque. Mais, lorsque le conducteur refuse de s’arrêter et qu’ils découvrent que sa cargaison est entachée de sang, la panique s’empare d’eux.

 

Simon Riaux :

Le jour où secouer sa caméra comme un épileptique en oubliant de raconter une histoire sera considéré comme du cinéma, Prowl devendra un accomplissement majeur de l’espèce humaine.

 

 

 

Rare exports, un conte de Noël, de Jalmari Helander

 Une semaine avant Noël, dans un petit village du nord de la Finlande, le jeune et téméraire Pietari découvre la vérité sur le Père Noël. En effet, la légende veut que le joyeux vieillard soit plus proche de l'adversaire que de l'ami. Au même moment, une équipe de scientifiques américains cherche à éclaircir certains événements ayant eu lieu dans la ville de Pietari; il s'avère que le secret de Noël le mieux gardé gît, depuis la nuit des temps, 500 mètres sous terre. Ils vont déclencher une succession d'événements imprévus au terme desquels Noël ne sera vraiment jamais plus pareil.

 

Simon Riaux :

Retrouver la beauté de Noël grâce à un Santa Claus bouilleur d’enfant, ça s’appelle un tour de force.

 

Laurent Pécha

Un film que Joe Dante aurait pu réaliser. Un vrai plaisir de cinéma de genre qui démontre encore une fois la grande forme du cinéma horrifique scandinave

 

The Hunters, de Chris Briant

Noël. C'est leur dernière semaine. En ville, six personnes courent vers un destin tragique. Le dernier jour les réunit par hasard dans un lieu isolé : le Fort... La réalité s'écroule et tourne au cauchemar...

Laurent Pécha

Les détracteurs du cinéma de genre en France ont trouvé leur film de référence !

 

Simon Riaux :

Certains films n’appellent pas la critique, mais la prescription d’un traitement lourd, genre camisole chimique.

 

 

 

 

 

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