Festival Cinémascience 2010 : Jour 5

Louisa Amara | 5 décembre 2010
Louisa Amara | 5 décembre 2010

Après une courte nuit, j'ouvre une parenthèse pour vous confirmer que le festivalier dort peu durant la compétition, nul besoin pour ça d'enchaîner les soirées alcoolisées type Cannes. Il faut juste réussir à enchaîner les films, se nourrir, rentrer et accessoirement vous raconter sans trop vous barber nos fascinantes péripéties. Résultat des courses, lorsque le réveil a sonné, Laurent est parti prendre son train pour Paris, Julien a fait son devoir en allant à la projection du seul film russe en compétition, et moi j'ai dormi avec délice.  

Bien m'en a pris puisqu'aux dires de Julien, je n'aurais pas su apprécier toutes les qualités du film russe : How I ended this summer surnommé pendant tout le festival How I met your mother, oui les organisateurs ont beaucoup d'humour et de bonnes références !

Le pitch de ce siberian movie : sur une île déserte de l'océan Arctique, le météorologiste Sergei et un jeune diplômé Pavel, passent plusieurs mois dans une station polaire coupée du monde. Pavel reçoit un message radio important et essaie de trouver le bon moment pour en parler à Sergei, alors que la peur, le mensonge et le soupçon perturbent peu à peu leurs relations.

 

 

 

Julien me connaissant parfaitement, il sait que sauf si David Duchovny se retrouve à nouveau dans une station polaire, avec au moins une scène torse nu, il est peu probable qu'un film se déroulant dans ces conditions me fascine de bon matin.

Julien a pour sa part apprécié l'atmosphère contemplative du film. C'est la répétition des gestes qui fascine pendant la 1ere moitié du film avant que dans la 2ème on ne bascule dans un affrontement psychologique puis physique entre les 2 héros. Cette seconde partie développe le thème de la survie en milieu hostile. Là le vernis social vole en éclat et le réalisateur Alexei Popogrebsky nous montre que, sous la glace et derrière les balises radioactives, malgré la distance scientifique liée à leurs recherches météorologiques, quand il s'agit de survie, l'homme est un loup pour l'homme. Cette paranoïa liée aux conditions de vie en station polaire a souvent été exploitée au cinéma et dans les séries (finalement ma référence à X-Files était pertinente). Les intervenants lors de l'échange suite au film ont pu l'expliquer.

 

 

 

Après le déjeuner et une dernière balade sur la place des Quinconces et les quais de la Garonne, nous avons retrouvé nos chouchous du festival, Diane Bell réalisatrice d'Obselidia et son actrice Gaynor Howe au Femina pour une interview détendue avant la prochaine projection. Vous découvrirez bientôt les photos et vidéos de ce moment mémorable. Ayant oublié le câble de transfert et les documents étant lourds, il faudra patienter. Personne n'est parfait, certainement pas votre serviteur !

Retour à la compétition avec l'avant-dernier film : Stricken, film hollandais avec la délicieuse Carice van Houten, que vous avez découvert dans Black Book de Paul Verhoeven. Petit résumé : la vie est belle et facile pour Stijn et Carmen, créatifs dans une agence de pub, ils se marient, ont une petite fille, Stijn a même le droit de la tromper Carmen à condition de n'aimer qu'elle. Mais tout s'écroule lorsqu'on décèle une tumeur maligne au pourtant magnifique sein gauche de Carmen. Le couple va donc affronter l'épreuve de la chimio, la radiothérapie, et tous les effets secondaires qu'ils provoquent : nausée, vomissements à répétition, fatigue, chute des cheveux, perte d'appétit, d'énergie, dépression etc.

 

 

 

Programme alléchant donc et convenu, puisque le cancer est un ressort dramatique maintes fois utilisés au cinéma, dans les séries et surtout dans les téléfilms allemands à 13h30 sur M6 ou TMC. Ne mentez pas, vous en avez forcément vu un. Le réalisateur ayant une grande expérience dans la publicité et s'inspirant d'une autobiographie, il a cru bon de donner à son film une esthétique de pubards avec force filtre, effets graphiques tapageurs. Certains apprécieront la déco de nouveaux riches, autant agoniser dans du Roche Bobois tant qu'à faire. Il y a un malaise pourtant pendant tout le film : comme s'il était injuste que le cancer touche des beautiful people. En effet malgré tous ses efforts, le réalisateur ne parvient pas à rendre ses héros sympathiques, insistant pourtant lourdement sur les trémolos, il y a donc pire que Les Petits Mouchoirs dans le genre. Le milieu de la publicité + cancer coriace = 99 lymphomes ? Ce jeu de mots est de Julien, il l'assume.

 

 

 

 Après le film, on esquive le débat malheureusement car il faut bien manger rapidement avant de revenir au Femina pour le dernier film présenté en compétition, le belge Oxygène de Hans van Nuffel, sur des jeunes atteints par la mucoviscidose. Alors que Tom, 16 ans, veut profiter de chaque moment de sa vie, quitte à fréquenter des voyous, son voisin de chambre Xavier essaie de mener une vie saine et trouver l'énergie de se battre grâce au sport et à sa passion pour la plongée.

 

 

 

Nous avons été agréablement surpris par ce film qui s'annonçait pourtant difficile. C'est tout le talent du réalisateur et de ses interprètes. En évitant le pathos et en jouant même la carte de l'humour du désespoir, ils ont réussi à garder un ton léger tout en décrivant parfaitement les étapes douloureuses de cette maladie mortelle. La scène culte, présente dans la bande-annonce, montre le héros Tom, avec sa capuche noire, se moquer de son frère à la respiration difficile, en citant cette réplique culte « Rise, Lord Vader », la ressemblance avec Hayden Christensen étant presque troublante, ça fait son petit effet ! La majorité du film se déroule à l'hôpital et pourtant on ne s'ennuie pas, les scènes se suivent avec fluidité et on se prend même à espérer une fin heureuse pour ces héros imparfaits qui ne demandent qu'à vivre. Un film qui mériterait lui aussi d'être récompensé par l'un des 3 jurys, le héros étant jeune, on peut parier sur le prix du jury jeunes ? On aura la réponse demain en fin d'après-midi lors de la remise des prix. Suspense...

 

 

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