Festival Cinémascience 2010 : Jour 4

Louisa Amara | 4 décembre 2010
Louisa Amara | 4 décembre 2010

Après être rentré à pieds hier soir, Julien et moi avons fait une petite grasse mat' alors que notre consciencieux rédac-chef se levait aux aurores pour admirer la bonne copie de Playtime, à la séance du matin. A notre décharge, nous avons revu ce film il y a peu lors du test Blu-ray que vous retrouverez en cliquant ici.

 

 


 

Au programme pour nous 3 : déjeuner copieux au Village Saint-Rémi, nous en profitons d'ailleurs pour féliciter les organisateurs du festival pour avoir si bien choisi leur traiteur, Humblot, dont les plats nous émerveillent chaque jour depuis le début du festival (merci à Stéphane). Puis direction Le Fémina pour y retrouver la présidente du Grand Jury, Isabelle Pasco, comédienne qui tourna sous la direction de Jean-Jacques Beineix, Brisseau ou Greenaway pour ne citer qu'eux. Après cette interview rapide mais enrichissante, nous nous sommes partagés les tâches. Laurent est allé revoir Le prix du danger, avec Gérard Lanvin, film d'actualité, puisqu'il est question des dérives de la télé-réalité, un Running man avant l'heure. Matière première parfaite, m'explique-t-il pour un remake avec Gilles Lellouche... Ok, j'attendrai donc la version avec le beau Gilles (Nde Julien : « Tu nous saoûles avec Gilles Lellouche »).

 

 

 

Je me rendrai donc à la projection du film hollandais en compétition, Hunting and Sons, sur une femme anorexique qui tombe enceinte et la réaction un poil psychopathe de son mari  pour protéger l'enfant à naître, et la forcer à se nourrir donc. Ce film assez lent à s'installer prend un tournant psychotique et violent sans pour autant fasciner. Le débat avec une clinicienne travaillant avec des adolescents anorexiques fut lui très instructif. Sachez que l'hospitalisation à la demande d'un tiers est préconisée dans ce cas, y compris pour les adultes, lorsque le pronostic vital est engagé . Mais n'en abusez pas, comme dans Rois et Reine, d'Arnaud Desplechin, où le héros (Mathieu Amalric) en faisait les frais à cause de sa sœur.

 

 


 

Julien, quant à lui, revoyait pendant ce temps un de ses films préférés quand il était ado (séquence émotion), Strange Days, de Kathryn Bigelow, avec le beau et jeune Ralph Fiennes avant qu'on lui rabote le nez pour Harry Potter. Cette copie juste correcte n'empêcha pas les spectateurs curieux de découvrir et redécouvrir ce film, suivi d'un débat sur la réalité virtuelle. On notera une participation importante au festival et notamment aux rétrospectives des jeunes, par le biais d'initiatives auprès du rectorat. Merci monsieur le Maire (non, on ne cherche pas du tout à être logé au Régent la prochaine fois) !

 

 


 

Entre temps, Laurent a passé plus de 30 minutes avec , la réalisatrice de Timer, comédie romantique qui l'avait emballé hier soir. Vous découvrirez vite l'humour de cette jeune réalisatrice, qui pourrait bien vite tapé dans l'œil des producteurs hollywoodiens. En tout cas, il a déjà séduit notre Laurent en lui avouant que son film préféré était Les dents de la mer et que le film qu'elle avait sans doute le plus vu dans sa vie s'appelait The Breakfast club

 

 

 

Nous nous sommes tous retrouvés à 21h pour la projection d'Obselidia, perturbée par des problèmes de son. Avec beaucoup d'honnêteté les organisateurs ont expliqué le problème : la copie 35mm VOST français n'avait pas de son, donc seule solution, utiliser le DVD non sous-titré. Les spectateurs n'étant pas tous anglophones, certains ont pris le large. Mais la grande majorité a tenu à rester, d'autant que la réalisatrice et l'actrice étaient présentes et pouvaient donner des explications à la fin du film. Evidemment, pour nous 3, sauf si le film avait été tourné dans un patelin d'Alabama, nous étions assez confiants sur nos capacités à comprendre le film. Les spectateurs courageux et nous-mêmes avons été charmés par ce film à la beauté solaire. La réalisatrice a su doser les plans contemplatifs et les scènes parlées avec une intelligence et une sensibilité rares. Le thème du film nous paraissait pourtant hermétique : George Samuels, un jeune bibliothécaire très nostalgique entreprend la réalisation d'une encyclopédie des objets obsolètes. Ne jurant lui -même que par une vieille machine à écrire, il pouvait apparaître comme un héros introverti, puceau évidemment, s'il ne rencontrait pas bien sûr la femme qui allait l'ouvrir au monde et au présent. L'actrice Gaynor Howe irradie littéralement l'écran de sa présence. Un je-ne-sais-quoi de Jennifer Connelly allié à un sourire et une vraie présence ne manqueront pas de vous séduire aussi. On espère l'interviewer demain.

 

 


 

Ce film est notre coup de cœur à tous les 3, alors que nous sommes rarement d'accord, et les spectateurs ont eu l'air ravis. Sauf bien sûr, ceux qui ne comprenaient pas la langue ou ceux qui s'attendaient à une rom com. On est à des années lumières d'Hollywood, il s'agit plutôt d'un road movie initiatique à tendance écolo, puisque les statistiques sur la survie de l'espèce humaine à moyen terme sont évoquées à plusieurs reprises. Un film qui interroge intelligemment sur le temps qui passe et les choses vouées à disparaître, nous inclus. De la profondeur de propos dans un écrin de légèreté, ce fut une excellente surprise, espérons que les 3 jurys sauront récompenser ce bijou comme il l'avait été à Sundance.

 

 


 

Demain, grosse journée, 3 films en compétition et des interviews à caler. A demain donc si vous le voulez bien.

 

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