Tony Curtis, adieu à une légende

La Rédaction | 30 septembre 2010
La Rédaction | 30 septembre 2010

Tony Curtis, acteur mythique, gueule d'ange du cinéma américain des années 50 et 60, vient de nous quitter après une vie riche en rebondissements, professionnels et personnels.

Né Bernard Schwartz en 1925, il grandit dans le Bronx. Son père, d'origine juive, y exerce le métier de tailleur. C'est sûrement de lui qu'il a hérité son intérêt pour l'art, Emmanuel Schwartz étant comédien amateur et joueur de violon. Ses parents, immigrés hongrois, ne parlent pas anglais à la maison, et ce n'est qu'en entrant à l'école primaire que le jeune Bernard apprend les rudiments de la langue. C'est un gamin des rues et l'école ne l'intéresse pas. Il passe tout son temps dehors à vadrouiller, et parfois à se battre, surtout lorsqu'il est la cible de remarques antisémites. Alors qu'il est âgé de 13 ans, son jeune frère de 9 ans est tué par un chauffeur ivre. Après ce drame, sa mère, déjà atteinte de troubles psychologiques, se montre violente envers lui.

 

 

Rêvant d'une autre vie, il débute dans la comédie alors qu'il est adolescent et participe à une petite troupe de théâtre. Mais à 17 ans, il décide de s'engager dans la marine. Nous sommes alors en 1943. Deux ans plus tard, il se retrouve dans un sous-marin en plein Pacifique. Il assistera à la signature de l'armistice avec le Japon dans la baie de Tokyo. De retour aux Etats-Unis, il n'a pas oublié sa passion et suit des courts d'art dramatique grâce à un programme créé pour les anciens militaires.

Il débarque à Hollywood en 1948, surtout motivé - d'après ses propres aveux - par une possible gloire, l'argent et les filles.  C'est à cette époque que le petit Bernie, que ses parents ont rejoint en Californie, devient Anthony, puis Tony Curtis. Peu après son arrivée, il se lie d'une amitié durable avec Rock Hudson. Sous contrat avec Universal, il enchaîne les seconds rôles avant d'être la tête d'affiche en 1951 d'un petit film d'aventures, Le voleur de Tanger, un succès commercial. Cette même année, il rencontre lors d'un cocktail celle qui sera sa femme pendant 11 ans : Janet Leigh. Ils se marient quelques semaines seulement après leur rencontre, et auront deux filles, dont Jamie Lee Curtis. Toujours en 1951, le couple joue dans Houdini, où ils interprètent le célèbre magicien et sa femme.

 

 

Ne se limitant pas aux succès commerciaux, Curtis reçoit aussi de plus en plus d'attention de la part des critiques, notamment 1954 avec son rôle de soldat en pleine guerre du Pacifique dans La patrouille infernale. Très sportif, il insiste toujours pour effectuer le maximum de cascades. S'il a appris à manier le sabre pour son premier rôle principal, il apprend le combat à l'épée pour Le cavalier au masque (1955), la voltige équestre pour le western Les années sauvages (1956), ou encore les acrobaties pour Trapèze (1956). En 1958, il interprète le demi-frère rival de Kirk Douglas dans Les Vikings, et se blesse lors d'une scène de combat. Le tournage est éprouvant, mais le film est un très gros succès. La même année,  il coproduit La chaîne, où lui et Sidney Poitier jouent deux détenus en cavale, qui se détestent et sont enchaînés l'un à l'autre. Ce film contre le racisme vaudra à chaque acteur une nomination à l'Oscar de la meilleure interprétation. C'est une période faste pour l'acteur, qui enchaîne les tournages sans temps mort. Un an après La chaîne, il tourne dans un autre film culte : la comédie Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder, aux côtés de Jack Lemmon et Marilyn Monroe. L'année suivante, il obtient un nouveau grand succès avec la fresque Spartacus, de Stanley Kubrick. Son second rôle lui apporte de bonnes critiques mais aussi quelques protestations en raison de la scène du bain, jugée à connotation homosexuelle. Ce passage sera même censuré dans certains pays.

Amis de la famille Kennedy, Tony Curtis et Janet Leigh sont invités à la cérémonie d'intronisation de JFK, avant de divorcer l'année d'après. Il se remariera 5 fois, sa dernière femme, épousée en 1998 et plus jeune de 45 ans, ayant partagé sa vie jusqu'à ses derniers jours. Au cours des années 60, il connaît encore de jolis succès avec des films tels qu'Une vierge sur canapé (où il joue aux côtés de Natalie Wood, Lauren Bacall et Henry Fonda) ou La grande course autour du monde, de Blake Edwards. Mais c'est sa performance dans L'étrangleur de Boston  (1968) qui marque à l'époque, et encore aujourd'hui, les spectateurs et cinéphiles. Cependant, dès les années 70, il choisit de se concentrer sur des projets pour le petit écran. Sa carrière semble en déclin, mais sa participation à la série britannique Amicalement vôtre en 1972 deviendra l'un de ses rôles les plus mythiques. Roger Moore et lui y forment un duo de beaux parleurs menant des enquêtes pour le compte d'un juge. Bien que la série ne compte qu'une saison de 24 épisodes et n'ait pas vraiment réussi à conquérir le marché américain, elle est un succès en Europe.

 

 

Malheureusement, une période noire débute pour l'acteur. Il boit plus que de raison, et devient accro à la cocaïne après le décès de sa mère en 1974. Il sera amené à suivre un cure de désintoxication éprouvante en 1984, année de la mort de son père. Ses participations à des films ou téléfilms dans les années 80 sont uniquement à but lucratif (notamment pour payer ses pensions alimentaires), et on se passera de citer les titres ici, car ils pourraient effrayer plus d'un lecteur.

Depuis les années 90, il s'adonnait pleinement à sa passion pour la peinture et les arts plastiques en général, et exposait régulièrement ses œuvres. Souvent invité lors de festivals de cinéma ou de cérémonies même s'il ne tournait plus, Tony Curtis n'a cependant jamais reçu d'Oscar ou de Golden Globe, malgré plusieurs nominations à l'époque de ses plus grands succès. Il reste néanmoins un acteur mythique, chouchou du public, qui ne sera pas oublié de si tôt.

Tatiana Ducrocq

 

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